Archives par mot-clé : Portrait chinois

Nos invités de la semaine sont Philippe et Marion Jacquier

Cette semaine nous avons le plaisir d’accueillir en invité Philippe et Marion Jacquier, de la galerie Lumière des Roses basée à Montreuil et spécialisée dans la photographie anonyme. La galerie organise, dans le cadres des Rencontres d’Arles, le 6 juillet, une vente aux enchères de photographies !

Après avoir été producteurs de cinéma pendant 15 ans (Christophe Honoré, Kiju Yoshida, Anne Fontaine – Trois sélections officielles au Festival de Cannes), Philippe et Marion Jacquier ouvrent une galerie à Montreuil en 2005. Spécialisée dans la photographie anonyme et amateur des 19e et 20e siècles, la galerie propose régulièrement des expositions et participe à des salons, notamment Paris Photo qui les accueille chaque année depuis leurs débuts. Depuis peu, ils ouvrent leur galerie au travail de photographes contemporains. Par ailleurs, chaque année, la galerie organise avec l’étude Le Mouël, une vente aux enchères dans le cadre des rencontres photographiques d’Arles. Ils gèrent également le patrimoine photographique de l’arrière grand-père de Philippe Jacquier, Gabriel Veyre, qui fut l’un des grands opérateurs des Frères Lumière.

Depuis 2005, nous exerçons le métier de « chercheurs d’images ». A la question récurrente : « que cherchez-vous ? », nous répondons sans malice que nous ne le savons pas. Nous ne courrons pas après un sujet, une technique, une époque ou une signature. Nous cherchons des photographies qui n’ont pas encore été vues, ou du moins pas comme nous les voyons. Dans le flot incessant de la production photographique, il faut avoir vu des centaines d’images pour espérer découvrir celle qui aimantera notre regard. Lorsque nous la croisons, nous la reconnaissons immédiatement. Elle brille d’un éclat singulier, elle a quelque chose qui nous échappe, elle semble dire autre chose que ce qu’elle montre, elle donne à voir, mais aussi à penser ou à rêver. Elle fait partie des énigmes, de ces photographies dont on ne fait jamais le tour. – Marion et Philippe Jacquier

Le portrait chinois de Philippe et Marion Jacquier

Si nous étions une œuvre d’art : une photographie anonyme
Si nous étions un musée ou une galerie : un musée avec des œuvres exposées sans cartels
Si nous étions un(e) artiste (tous domaines confondus): un amateur
Si nous étions un livre : La transparence de l’œil, du professeur Yves Pouliquen, 1992
Si nous étions un film : « Le village de Namo : panorama pris d’une chaise à porteurs » – vue n° 1296. Film de 45 secondes réalisé au Vietnam par Gabriel Veyre, opérateur des frères Lumière,1899.

Si nous étions un morceau de musique : La bande-son du festival de Cannes qui emplit la salle de projection quand la lumière s’éteint et que le film va commencer : « Ladies and gentlemen, the screening is about to begin… »   extrait du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns
Si nous étions un photo accrochée sur un mur : un daguerréotype dont l’image s’est effacée
Si nous étions une citation : Les frères Lumière, inventant le cinéma en 1895 et mettant en garde les opérateurs qu’ils envoyaient autour du monde : « c’est plutôt un métier de forain, cela peut durer six mois, une année, peut-être plus, peut-être moins… »
Si nous étions un sentiment : notre inquiétude après chaque salon Paris-Photo : où et comment retrouver des photos qui nous émerveillent suffisamment pour les présenter à la prochaine édition ?
Si nous étions un objet : une pellicule non développée trouvée dans un appareil photo au marché aux puces
Si nous étions une expo : « Toute image fait énigme », collection de Michel Frizot exposée à la MEP en 2014
Si nous étions un lieu d’inspiration : une chambre (noire)
Si nous étions un breuvage : l’eau pure et glacée d’un loch des highlands en Ecosse
Si nous étions un héros/héroïne : « Zorro, l’homme au fouet », un photographe anonyme visible actuellement à la Maison Rouge dans l’exposition L’envol.
Si nous étions un vêtement : forcément une paire (de manches, de bas, de chaussettes, etc)

Suivez les Cartes blanches de nos invités de la semaine

> Carte blanche photographique de Philippe et Marion Jacquier : The Rose Elephant (mardi 03 juillet 2018)
> Carte blanche de Philippe et Marion Jacquier : « l’Envol » à la Maison Rouge (mercredi 04 juillet 2018)
> Carte blanche musicale de Philippe et Marion Jacquier (jeudi 05 juillet 2018)
> Les Bon plans à Montreuil de Philippe et Marion Jacquier & La Playlist de Philippe et Marion Jacquier (vendredi 06 juillet 2018)

Notre invité de la semaine est Daniel Templon

Daniel Templon, autodidacte alors âgé de 21 ans, fonde sa galerie en 1966, rue Bonaparte dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. D’abord ouverte sous le nom de Cimaise-Bonaparte dans la cave d’un antiquaire, la galerie déménage rapidement à l’étage, avant de déménager en 1972 dans le Marais, rue Beaubourg, à quelques mètres du futur Centre Pompidou. La galerie est ainsi la première à s’installer dans le quartier Marais-Beaubourg, devenu depuis le quartier de prédilection de l’art contemporain à Paris.

La galerie se fait d’abord fait connaître par son programme autour de l’art conceptuel et minimal : Martin Barré, Christian Boltanski, Donald Judd, Joseph Kosuth, Richard Serra. Dès les années 70, la galerie fait découvrir au public français les grands noms de l’art américain : Dan Flavin, Ellsworth Kelly, Willem de Kooning, Frank Stella, Andy Warhol. Elle s’impose rapidement comme une des galeries de référence dans la promotion de l’art contemporain en France.

En 1972, Daniel Templon lance avec Catherine Millet le magazine Art Press.

Nombreux sont les artistes, entrés aujourd’hui dans l’histoire, qui ont exposé sur les cimaises de la galerie. Dans l’ ordre chronologique : Martin Barré, Arman, César, Christian Boltanski, Ben, Joseph Kosuth, Art & Language, Carl Andre, Dan Flavin, Sol LeWitt, Donal Judd, Ellsworth Kelly, Kenneth Noland, Robert Morris, Jules Olitski, Frank Stella, Olivier Mosset, Richard Serra, Andy Warhol, Willem de Kooning, Roy Lichtenstein, Claes Oldenburg, Robert Rauschenberg, James Rosenquist, Tom Wesselmann, Julian Schnabel, Karel Appel, Sandro Chia, Francesco Clemente, Helmut Newton, Jean-Michel Alberola, Jörg Immendorff, Lawrence Weiner, Daniel Buren, Robert Mapplethorpe, Jean-Michel Basquiat, David Salle, Joel Shapiro, Keith Haring, Peter Halley, Robert Longo, Jasper Johns, Paul Rebeyrolle, George Condo, Georg Baselitz, Eric Fischl, Raymond Hains, Alain Jacquet, Guillermo Kuitca, Vik Muniz, Malcolm Morley, Jaume Plensa, Jake and Dinos Chapman, Claude Viallat, Daniel Dezeuze, Jim Dine, Jan Fabre, Richard Long, Tunga, Jean-Marc Bustamante, Gérard Garouste, Mike Kelley, Gregory Crewdson, William Eggleston, Ed Ruscha, Hiroshi Sugimoto, Yayoi Kusama, Anthony Caro, Richard Deacon, Larry Bell, James Casebere, Juliao Sarmento, Chiharu Shiota, Kehinde Wiley, Yue Minjun, David LaChapelle, Pierre et Gilles, George Segal.

Le parcours de Daniel Templon a fait l’objet d’un ouvrage de l’historienne Julie Verlaine « Daniel Templon : une histoire d’art contemporain » paru chez Flammarion en 2016, l’année des 50 ans de la galerie. Depuis son ouverture, la galerie a conservé une identité unique caractérisée par l’indépendance et l’ouverture d’esprit de son fondateur. Daniel Templon, fait aujourd’hui figure de référence, tout en poursuivant inlassablement de nouvelles aventures. Fidèle à son engagement auprès des artistes et à sa curiosité, la Galerie Templon est heureuse de s’appuyer sur une histoire remarquable pour développer des ambitions toujours renouvelées.

Aujourd’hui la galerie représente une trentaine d’artistes internationaux. Son programme cherche à promouvoir un dialogue entre différentes générations : artistes établis de l’art contemporain « classique », artistes internationaux de milieu de carrière, et expériences de jeunes artistes.

Elle développe son programme sur trois espaces d’exposition : deux à Paris (30 rue Beaubourg et le récemment inauguré 28 rue du Grenier Saint Lazare) et une galerie à Bruxelles ouverte en 2013. Elle participe aux plus grandes foires internationales, dont la FIAC depuis 1974 et ART BASEL depuis 1978.

Le portrait chinois de Daniel Templon

Si j’étais une œuvre d’art : Des Capétiens partout de Georges Mathieu, première œuvre que j’ai vue au musée
Si j’étais un musée ou une galerie : Scuola Grande de San Rocco à Venise
Si j’étais un artiste: Francis Bacon
Si j’étais un livre : Un amour de Swann, Marcel Proust
Si j’étais un film : Les enfants du Paradis, Marcel Carné
Si j’étais un morceau de musique : La Symphonie des Alpes, Richard Strauss
Si j’étais une photo accrochée sur un mur : un Grand Nu de Helmut Newton
Si j’étais une citation : « Le style c’est l’homme même », citation de Buffon en exergue des Écrits (1966) de Jacques Lacan
Si j’étais un sentiment : la fidélité
Si j’étais un objet : un vase Ming
Si j’étais une expo : La rétrospective Balthus
Si j’étais un lieu d’inspiration : le Festspielhaus de Bayreuth
Si j’étais un breuvage : un vin rouge, le Château Haut-Brion
Si j’étais un héros : Jean-Sébastien Bach
Si j’étais un vêtement : une chemise d’Issey Miyake

Carte blanche de notre invité :

> Carte blanche photographique à Daniel Templon (mardi 26 juin 2018)
> Carte blanche à Daniel Templon : Jan Fabre (mercredi 27 juin 2018)
> Carte blanche musicale à Daniel Templon (jeudi 28 juin 2018)
> La Playlist de Daniel Templon (vendredi 29 juin 2018)

Notre invitée de la semaine est Selma Bella Zarhloul

Cette semaine, nous recevons Selma Bella Zarhloul, curatrice indépendante. En attendant l’exposition photographique « Tous à la plage » qu’elle nous proposera à Marseille à la fin du mois, elle partagera avec nous ses coups de cœur tout au long de la semaine.

En guise de biographie classique, je vous propose une liste surtout non exhaustive de ce que j’aime et sans hiérarchie :
Chardin, les tableaux de chasse, les natures mortes, les vanités, les objets religieux, entrer dans les églises, la mer, Delacroix, tous les départements antiquités et objets d’art au Louvre, la peinture flamande
la pizza, le tagine de ma mère, les frites et le vin rouge,
le cinéma américain des années 40-50 et 70, la nouvelle vague, Audiard : les Michel et Jacques, Adam Sandler, Benicio del Toro, Braaaad Pitt, les Cohen, la série Kaamelott (vue X fois…) comme les Deschiens, Christopher Nolan, Wes Anderson, Pierre Desproges, Tintin, Bowie, Depeche Mode, U2, Arctic Monkeys, Chet Baker, Bill Evans, Iggy Pop…
Je ne peux pas choisir les photographes que j’aime, y’en a trop, c’est comme les peintres.
Jan Fabre, Peeping Tom, Joël Pommerat, Pina Bausch, Thomas Ostermeier, Dumb Type…
Reï Kawakubo, Martin Margiela, Nicolas Ghesquière, Haider Ackerman, Rick Owens…
J.D. Salinger, Fitzgerald, Stendhal, James Salter, Foucault…
Paris…
monter sur les planches, danser jusqu’au bout de la nuit
ne rien faire, réfléchir, écrire, aller à la rencontre de, créer, chercher…

En résumé :
Mon passé : 20 ans au service de la photographie
13 ans à gérer la merveille des merveilles, la collection Jacques Henri Lartigue, et X… années à se délecter de belles photographies et à vouloir les montrer
Mon actu : En tant que commissaire : exposition Tous à la plage à la galerie 1Cube au Studio Aza à Marseille, en tant qu’administratrice : Voies Off à Arles
Mon futur : To be continued…

Le Portrait Chinois de Selma Bella Zarhloul

Si j’étais une œuvre d’art : l’hermaphrodite
Si j’étais un musée ou une galerie : Le Louvre
Si j’étais un(e) artiste : aujourd’hui Jack White, hier David Bowie, hier hier Georges Sand
Si j’étais un livre : Sur la route / Histoire d’O / The Great Gatsby
Si j’étais un film : The Misfits de John Huston, Les damnés de Visconti
Si j’étais un morceau de musique : Billie Holiday
Si j’étais un photo accrochée sur un mur : arghh… impossible de choisir, donc un cadre vide pour pouvoir imaginer la photo qu’on veut ou projeter toutes celles que j’aime
Si j’étais une citation : d’habitude, je les oublie toutes, donc je les écris partout (cahier, post-it, ordinateur, téléphone…) mais dernièrement je suis tombée sur celle-ci : “Je fais reculer la mort à force de vivre, de souffrir, de me tromper, de risquer, de donner et de perdre ». Anaïs Nin
Si j’étais un sentiment : oui, c’est attendu mais y’a que ça à vivre sur terre, l’amour
Si j’étais un objet : un miroir pour que je puisse voir tout le monde de près
Si j’étais une expo : celle encore à inventer
Si j’étais un lieu d’inspiration : la forêt près de la mer
Si j’étais un breuvage : un thé vert japonais
Si j’étais un héros/héroïne : la marquise de Casati ou Sherlock Holmes, Batman
Si j’étais un vêtement : un smoking Saint Laurent, une robe Alaïa

Retrouvez les cartes blanche de notre invitée :

> Carte blanche photographique à Selma Bella Zarhloul, la Gallery FIFTY ONE (mardi 19 juin 2018)
> Carte blanche de Selma Bella Zarhloul : Jack White (mercredi 20 juin 2018)
> Carte blanche photographique de Selma Bella Zarhoul : Harald Szeemann (jeudi 21 juin 2018)
> Les bons Plans marseillais / La Playlist de Selma Bella Zarhloul (vendredi 22 juin 2018)

Notre invité de la semaine est Erick Gudimard

Erick Gudimard est depuis 2001 le directeur des Ateliers de l’Image à Marseille, qui ouvrent en novembre 2018 le nouveau Centre Photographique Marseille.

Il a notamment réalisé la programmation une trentaine d’expositions à Galerie La Traverse, créé La Nuit de l’Instant, et assuré le commissariat d’une dizaine d’expositions en France et à l’étranger. Fin août 2018, il organise à Marseille Polytyque, salon (art fair) de photographie contemporaine. Il est également Président du réseau Diagonal (crée à son initiative en 2009), qui regroupe 18 structures de photographies en France.

Le Portrait chinois d’Erick Gudimard

Si j’étais une œuvre d’art : Une petite sculpture de Camille Claudel, un tableau de Soulages, une phrase de Jenny Holzer qui défile dans la nuit.
Si j’étais un musée ou une galerie : Le musée Henri Matisse au Cateau-Cambrésis.
Si j’étais un(e) artiste (tous domaines confondus): Une poétesse inconnue…
Si j’étais un livre : « Quelqu’un » de Robert Pinget
Si j’étais un film : Palme d’or à « Van Gogh » de Maurice Pialat ex aequo avec « Interstellar » de Christopher Nolan.
Si j’étais un morceau de musique :
Bah faut attendre la playlist de vendredi !
Mais s’il ne fallait en garder qu’un : le Stabat Mater de Pergolese
Si j’étais un photo accrochée sur un mur : Une image achetée à Prague, Elle est en couleur, dans un cadre noir et sous une petite Marie-Louise on voit Josef Sudek en train de travailler, quasi accoudé à sa chambre photographique.
Si j’étais une citation : Au choix :  » On est plusieurs à soi tout seul  » de Fernando Pessoa ou bien  » La sagesse c’est d’avoir des rêves suffisamment grands, pour ne pas les perdre de vue pendant qu’on les poursuit. » Je crois avoir lu ça chez Faulkner
Si j’étais un sentiment : Difficile de répondre il y en a tellement…
Si j’étais un objet : Une lampe
Si j’étais une expo : Celle à venir
Si j’étais un lieu d’inspiration : La baie des singes, en fin de journée. C’est à Marseille après les Goudes.
Si j’étais un breuvage : C’est un peu comme les sentiments… Un café noir (arabica d’Amérique du Sud), un viel armagnac (bas-armagnac), un verre d’eau (fraîche mais pas trop),
Si j’étais un héro/héroïne : Johan Cruyff
Si j’étais un vêtement : Un couvre-chef.

Suivez la carte blanche de notre invité tout au long de la semaine

> Carte blanche photographique (mardi 12 juin 2018)
> Carte blanche (mercredi 13 juin 2018)
> Carte blanche (jeudi 14 juin 2018)
> Playlist et Bons Plans (vendredi 15 juin 2018)

INFORMATIONS PRATIQUES
Centre Photographique Marseille
2 rue Vincent Leblanc
13002 Marseille
http://centrephotomarseille.fr

Notre invité de la semaine est Eric Dereumaux

Eric Dereumaux fondateur et directeur de la galerie RX située en plein coeur du Marais à Paris est notre invité de la semaine.
Après un MBA Marché de l’Art International à l’ICART, Eric Dereumaux fonde d’abord le site Art.com dans les premières années internet puis produit un cd-rom dédié à l’art contemporain français.  En 2002, il rencontre  Eric Rodrigue qui deviendra son associé dans l’aventure de la galerie. Un premier espace rue Delcassé où l’on découvrira les pièces d’une Françoise Petrovitch encore peu connue puis le départ vers Ivry début 2010 et la fondation de Générateur RX dans l’ancien laboratoire des Joliot-Curie. Générateur RX devient une annexe de la galerie avec une résidence d’artistes pour soutenir la création et la production d’oeuvres. 20 artistes y seront accueillis en 6 ans. Puis c’est le retour dans Paris intra-muros, cette fois dans un espace magnifique et lumineux de 600m2 rue des quatre-fils, derrière le musée Picasso.

Eric Dereumaux fait partie de ces galeristes passionnés, engagé envers ses artistes, parfois malmené et désorienté lorsqu’ils partent mais toujours récompensé par cette conviction chevillée au corps de montrer et promouvoir la création émergente venue de tous les horizons, de Madagascar dont il est l’un des ardents promoteurs, à la Corée en passant par le soutien à la création française.

Le Portrait chinois d’Eric Dereumaux

Si j’étais une œuvre d’art : Les Nymphéas de Monet
Si j’étais un musée ou une galerie : l’île de Naoshima
Si j’étais un(e) artiste :James Turrell
Si j’étais un livre : Le Portrait de Dorian Grey d’Oscar Wilde
Si j’étais un film : « L’homme du Niger » de Jacques de Baroncelli
Si j’étais un morceau de musique : « L’amour et la violence » de Sébastien Tellier
Si j’étais une photo accrochée sur un mur : La prière, 1930 de Man Ray
Si j’étais une citation : « Les nuages sont comme les pensées, les rêveries, les cauchemars du ciel » (Jules Renard)
Si j’étais un sentiment : L’idéalisme
Si j’étais un objet : un ballon baudruche
Si j’étais une expo : Marx Ernst Centre Pompidou 1998
Si j’étais un lieu d’inspiration : Dans les airs en montgolfière
Si j’étais un breuvage : Le Gigondas
Si j’étais un héros/héroïne : Albator
Si j’étais un vêtement : une veste

Retrouvez les Cartes blanches de notre invité

• Carte blanche photographique d’Eric Dereumaux (mardi 29 mai 2018)
Carte blanche d’Eric Deremaux : LA CORÉE l L’art contemporain est aussi une longue aventure humaine (mercredi 30 mai 2018)
Carte blanche d’Eric Dereumaux : L’art contemporain coréen face à la nature ! (jeudi 31 mai 2018)
Bons Plans d’Eric Dereumaux : Restaurants asiatiques en bonne compagnie (vendredi 1er juin 2018)

http://www.galerierx.com/fr

Notre invitée de la semaine est Héloïse Conesa

Cette semaine nous accueillons Héloïse Conesa comme invitée de la semaine. Née en 1983 à Lyon, Héloïse est Docteure en histoire de l’art (sa thèse portait sur la photographie espagnole après le franquisme), Héloïse Conésa est conservatrice du patrimoine en charge de la collection de photographie contemporaine au département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France. Commissaire des expositions « Robert Cahen » puis « Patrick Bailly Maître Grand » au MAMCS de Strasbourg en 2014, elle a également été co-commissaire des expositions « Dans l’Atelier de la Mission photographique de la DATAR » (Arles, 2017) et « Paysages français : une aventure photographique (1984-2017) » ( BnF, 2017). Elle est également chargée de cours à l’École nationale supérieure Louis Lumière et publie régulièrement des essais et articles critiques sur la photographie actuelle.

Le Portrait chinois d’Héloïse Conesa

Si j’étais une œuvre d’art : La jeune fille au Leica d’Alexandre Rodtchenko 1934 à cause de l’émotion qui point derrière son exceptionnelle perfection formelle
Si j’étais un musée ou une galerie : L’IVAM de Valence en Espagne pour la richesse et la qualité de sa collection notamment photographique
Si j’étais un(e) artiste : Le peintre danois, Vilhelm Hammershøi, pour son œuvre intimiste et ses figures féminines de dos, mystérieuses, lovées dans le silence d’une toile à la composition éminemment photographique.
Si j’étais un livre : Hors champs de Sylvie Germain, ce récit d’effacement aux accents kafkaïens est aussi celui d’une conversion du regard
Si j’étais un film : The Tree of Life de Terrence Malick pour la beauté fulgurante de ses plans
Si j’étais un morceau de musique : Mad Rush de Philip Glass
Si j’étais une photographie accrochée sur un mur : une photographie d’Edouard Levé issue de sa série « Fictions ».
Si j’étais une citation : Une phrase de Bachelard dans L’Intuition de l’instant : « le possible est une tentation que le réel finit toujours par accepter. »
Si j’étais un sentiment : l’enthousiasme
Si j’étais un objet : un compte-fil
Si j’étais une expo : Chris Marker à la Cinémathèque
Si j’étais un lieu d’inspiration : La Casa Milà de Gaudi à Barcelone
Si j’étais un breuvage : le Pisco Sour, un cocktail péruvien
Si j’étais un héros/héroïne : Flora Tristan, la grand-mère de Gauguin, dont j’ai découvert le parcours remarquable de féministe et de militante socialiste dans le merveilleux livre de Mario Vargas Llosa : Le Paradis, un peu plus loin
Si j’étais un vêtement : une petite robe noire, classique mais élégante en toute occasion

Retrouvez la carte blanche de notre invitée

> Carte blanche d’Héloïse Conesa : Focus sur la collection de photographie contemporaine au département des estampes et de la photographie de la BnF (mardi 22 mai 2018)
> Carte blanche d’Héloïse Conesa : La peintre Florence Reymond (mercredi 23 mai 2018)
> Carte blanche d’Héloïse Conesa : L’effervescence des jeunes maisons d’éditions de livres de photographie (jeudi 24 mai 2018)
La Playlist et les Bons Plans lyonnais d’Héloïse Conesa (vendredi 25 mai 2018)

Notre invité de la semaine est Jean-Pierre Blanc

Cette semaine, nous accueillons Jean-Pierre Blanc, fondateur et directeur du festival de mode, de photographie et d’accessoires de mode à Hyères qui s’est inauguré jeudi dernier. Chaque jour, il partagera avec nous ses coups de cœur, et on commence aujourd’hui avec son portrait chinois.

Né à Hyères en 1964, autodidacte, père de deux enfants, Jean-Pierre Blanc crée en 1986 le Festival International des Arts de la Mode destiné à soutenir les jeunes créateurs. Directeur de l’Office d’Action Culturelle et de l’Animation de la ville d’Hyères de 1990 à 1995, il développe en parallèle le festival qui accroît son offre et s’ouvre à la photographie en 1997. Cette même année, il devient directeur de l’association villa Noailles – Festival des Arts de la Mode à Hyères.
En 1999, il co-fonde le Festival de musiques électroniques Aquaplaning avec Armand Tomassian qui aura lieu jusqu’en 2002.
De 1995 à 2002, il est responsable de la programmation des expositions, animations et de l’action jeune public de la ville d’Hyères. Il initie alors expositions et résidences à la villa Noailles qui est encore, à l’époque, en restauration.
Il crée notamment, en 1995, le Festival des enfants, dédiant la ville et ses structures culturelles aux enfants la semaine précédant Noël (expositions, ateliers, cinéma…).
Depuis 2003, Jean-Pierre Blanc est directeur de la villa Noailles, désormais centre d’art, où il programme des expositions contemporaines de mode, de photographie, de design et d’architecture. Il initie dès lors des projets ambitieux tournés vers l’accès à la culture, la re-découverte du lieu et la mise en avant de jeunes créateurs.
Il fonde en 2006, le festival Design Parade qui a lieu chaque année au mois de juillet, sur le même principe que le Festival International de Mode et de Photographie. Un nouveau volet s’y ajoute en 2016 consacré à l’architecture intérieur et qui prend place à Toulon.
Afin de compléter l’offre faite aux créateurs, quatre chambres aménagées par quatre designers contemporains (François Azambourg, BLESS, Florence Doléac, David Dubois), répondant à la commande publique, sont inaugurées le 27 octobre 2007 dans la Petite villa. Elles permettent le séjour des artistes en résidence.
En juillet 2010 est inaugurée l’exposition permanente consacrée à l’histoire de la villa Noailles et à l’extraordinaire mécénat que ses commanditaires ont mené de 1920 à 1970. Réunissant deux jeunes chercheurs, l’exposition est le seul éclairage scientifique à ce jour sur le couple. Les recherches ont permis de découvrir l’étendue des commandes et aides que Charles et Marie-Laure de Noailles ont apportées, avec fidélité, aux avant-gardes du XXe siècle et de comprendre la place de la villa hyéroise dans ce contexte. Documents et œuvres – art, architecture, aménagements, cinéma, musique, danse – sont mis en lumière par une scénographie (David Dubois puis David des Moutis) et un graphisme (Frédéric Teschner) contemporains.
Un atelier de prototypage a ouvert en 2015. Le Château Saint Pierre, proche de la villa Noailles, est un support technique pour les jeunes créateurs. Lieu de longue résidence et atelier, la nouvelle villa est pensée comme une aide directe à la création contemporaine.
La villa Noailles est aujourd’hui ouverte toute l’année, accueillant un public toujours plus nombreux et éclectique (public local, national et international), proposant une programmation axée sur quatre thèmes : la mode, la photographie, le design et l’architecture. Expositions, festivals, concours, résidences, commandes, visites scolaires et de groupe, ateliers pour les enfants, les adolescents et les familles, conférences ont lieu toute l’année, gratuitement.
De la « petite maison intéressante à habiter », commandée par le couple Noailles et fréquentée par les avant-gardes du XXe siècle, puis vendue à la ville d’Hyères en 1970, restée plusieurs années inoccupée, Jean-Pierre Blanc a fait un centre d’art reconnu sur la scène internationale. En constante évolution, la villa Noailles perpétue l’action de mécénat et d’ouverture voulue par ses commanditaires dès les années 1920.

Le Portrait chinois de Jean-Pierre Blanc

Si j’étais une œuvre d’art : Le portrait de Marie-Laure de Noailles par Christian Bérard, deux immenses artistes que j’admire beaucoup.
Si j’étais un musée ou une galerie : la villa Carmignac à Porquerolles qui ouvre le 2 juin, la nouveauté, la nouvelle aventure, l’énergie du début, le lieu magnifique !
Si j’étais un artiste : Karl Lagerfeld pour son esthétisme, sa carrière, son immense culture, sa générosité, son sens du partage, son travail extraordinaire chez Fendi comme chez Chanel.
Si j’étais un livre : Marcel Pagnol, Le Château de ma mère,
Si j’étais un film : Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard, Porquerolles, Hyères, Toulon magnifiés en 1965, la révolte de 1968.
Si j’étais un morceau de musique : Juliette Armanet, à la folie & Eartha Kitt, All by myself
Si j’étais une photo accrochée sur un mur : The Ballad of Sexual Dependency par Nan Goldin
Si j’étais une citation : Arthur Rimbaud :  » l’éternité, la mer mêlée avec le soleil !  »
Si j’étais un sentiment : L’amour, la vie ( l’amour ne disparaît jamais )
Si j’étais un objet : la montre double bracelet de Martin Margiela chez HERMES
Si j’étais une expo : Philippe Parreno au Palais de Tokyo, Pierre HUYGHE au Centre Pompidou, l’extase
Si j’étais un lieu d’inspiration : l’ile du Levant, le paradis
Si j’étais un breuvage : l’eau minérale naturelle, la vie
Si j’étais un héros/héroïne : Charles et Marie Laure de Noailles
Si j’étais un vêtement : le tee shirt officiel du 33ème festival d’Hyères par Marcius (Marc Turlan et Marius Bouleteix)

Retrouvez la carte blanche de notre invité

> Carte blanche photographique de Jean-Pierre Blanc : François Halard (mardi 1er mai 2018)
> Carte blanche à Jean-Pierre Blanc : Marc Turlan (mercredi 2 mai 2018)
Carte blanche à Jean-Pierre Blanc : L’île du Levant (jeudi 3 mai 2018)
La Playlist et les Bons Plans (vendredi 4 mai 2018)

INFORMATIONS PRATIQUES
33ème festival de mode, de photographie et d’accessoires de mode à Hyères
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
http://villanoailles-hyeres.com/festival-2018/pw/

Notre invité de la semaine est Christian Caujolle

Cette semaine, notre invité est Christian Caujolle. Chaque jour, l’incontournable directeur artistique du monde de la photographie, partagera avec nous, ses coups de cœur. Jeudi prochain s’ouvre à Paris, à la galerie Lee, l’exposition In The City By Night du phtographe cambodgien Sovan Philong sur une proposition de Christian Caujolle.

Christian Caujolle est né le 26 février 1953. Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de Saint Cloud. Elève et collaborateur de Michel Foucault, Roland Barthes, Pierre Bourdieu.
Après avoir été critique et rédacteur en chef chargé de la photographie au quotidien Libération, il crée en 1986 l’ Agence VU, agence de photographes, puis en 1998, la galerie du même nom.
Directeur artistique des Rencontres d’Arles en 1997, membre de nombreux jurys internationaux, il a publié, entre autres, des ouvrages sur Bernard Faucon, William Klein, Anders Petersen, Isabel Muñoz, Christer Strömholm, Peter Beard, le collectif Tendance Floue, Juan Manuel Castro Prieto, la collection photographique de Marin Kartmitz. Il a publié aux éditions Actes Sud deux ouvrages de textes « Circonstances Particulières ».
Il enseigne aujourd’hui à l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière, écrit, est commissaire indépendant pour de nombreuses expositions et dirige le festival Photo Phnom Penh qu’il  a créé en 2008 au Cambodge. Il collabore régulièrement, depuis sa création à la programmation, à la carte blanche et à l’animation du festival Images Singulières à Sète. Il a assuré de 2013 à 2015 la direction artistique du festival Getxophoto, qui se caractérise par des présentations dans l’espace public, près de Bilbao, au pays basque espagnol.
Depuis 2016, directeur artistique de Landskrona Photo Festival en Suède.
En 2012, Directeur artistique de la saison Monuments et Imaginaires pour le Centre des Monuments Nationaux il organise une vingtaine d’expositions d’artistes reconnus ou jeunes contemporains dans des bâtiments divers dans toute la France.
Collaborateur régulier de l’hebdomadaire italien Internazionale – chronique et portfolios –ainsi que de diverses publications internationales, il enseigne régulièrement dans des workshops et, depuis 2013, a commencé une collection d’entretiens avec des photographes « Juste entre nous » aux Editions André Frère.

Le Portrait chinois de Christian Caujolle

Si j’étais une œuvre d’art : Perro hundido, le petit chien extrait de la série des peintures noires de Francisco de Goya que je vais toujours saluer au Prado lorsque je passe par Madrid.
Si j’étais un musée ou une galerie : Le Louisiana au Danemark. Ou La Maison Rouge, qui va tant nous manquer.
Si j’étais un(e) artiste (tous domaines confondus): Alberto Giacometti.
Si j’étais un livre :  Le « Journal » de Franz Kafka.
Si j’étais un film : Accattone de Pier Paolo Pasolini.
Si j’étais un morceau de musique : La petite renarde rusée de Leoš Janáček.
Si j’étais un photo accrochée sur un mur : Le tirage original du portrait de Rimbaud par Carjat. Ou «  Le petit Bouddha » de Bernard Faucon.
Si j’étais une citation : On doit échapper à l’alternative du dehors et du dedans : il faut être aux frontières. La critique, c’est l’analyse des limites et la réflexion sur elles.
Michel Foucault – Dits et Ecrits (2001)
Si j’étais un sentiment : La mélancolie.
Si j’étais un objet : Un bouddha khmer primitif, préangkorien, de préférence du VIIème siècle.
Si j’étais une expo : “Ambienti/Environments”  de Lucio Fontana au Pirelli HangarBicocca  de Milan en 2018.
Si j’étais un lieu d’inspiration : Bokor, au Cambodge, en regardant le golfe de Siam.
Si j’étais un breuvage : Une infusion de tilleul.
Si j’étais un héros/héroïne : Pepe Carvalho, le détective inventé par Manuel Vasquez Montalban.
Si j’étais un vêtement : Un tee-shirt blanc, sans aucune indication de marque.

Suivez la Carte Blanche de notre invité de la semaine

> La Carte blanche photographique de Christian Caujolle : Daniel Boudinet (mardi 24 avril 2018)
La Carte blanche de Christian Caujolle : L’exposition Picasso Guernica (mercredi 25 avril 2018)
La Carte blanche de Christian Caujolle : Bangsokol à la Philarmonie (jeudi 26 avril 2018)
La Playlist Christian Caujolle & Les Bons plans de Phnom Penh (vendredi 27 avril 2018)

INFORMATIONS PRATIQUES
In The City By Night
Sovan Philong
une proposition de Christian Caujolle
​Du 26 avril au 19 mai 2018​
Galerie Lee
9, rue Visconti
75006 Paris
Exposition partenaire du festival Cambodge, d’hier à aujourd’hui.
Pour découvrir l’ensemble de la programmation :
http://www.seasonofcambodia.org/paris

Notre invitée de la semaine est Agnès Guillaume

Agnès guillaume est une artiste plasticienne et vidéaste belge. Elle vit entre Paris et Bruxelles. Ses vidéos semblent au premier abord figuratives et réalistes mais peu à peu on réalise que les personnes et les lieux, dont elle conçoit précisément les interactions, nous plongent dans un monde intérieur fait d’émotions, de sensations et de questions. Souvent composées pour plusieurs écrans, elle allie la précision du cadrage au rythme du montage et à l’usage pictural de la couleur. Et les bandes-son, qu’elle conçoit et supervise elle-même, renforcent l’expérience intérieure.

Le portrait chinois d’Agnès Guillaume

Si j’étais une oeuvre d’artle retable d’Issenheim, c’est un monde où voyager

Si j’étais un musée ou une galerie: le Louvre, le jour, la nuit, en film…

Si j’étais un(e) artiste : j’en suis une

Si j’étais un livre : le dernier que j’ai lu : Vie et Destin de Vassili Grossman

Si j’étais un film : la danse serpentine de Loïe Fuller, j’adore la confrontation entre sa silhouette solide et volontaire et le mouvement des voiles.

Si j’étais un morceau de musique: Lass mich Schlummern,  une petite mélodie de Weber que je chantais à ma fille aînée lorsque j’étais enceinte d’elle.

Si j’étais un photo accrochée sur un mur: des photos de quelques personnes de ma famille aujourd’hui mortes et dont j’aime régulièrement regarder le visage

Si j’étais une citation :« Quand on a quelque chose dans le ventre, on ne meurt pas avant d’avoir accouché. » Flaubert

Si j’étais un sentiment : la colère, pour l’énergie qu’elle donne

Si j’étais un objet :  un objet ? euh… un décapsuleur.

Si j’étais une expo: « As sweet as it gets », expo de Michael Borremans à Bozar en 2015 : love his work

Si j’étais un lieu d’inspiration : n’importe où, c’est souvent surprenant

Si j’étais un breuvage : le sang d’un dragon, épais et chaud

Si j’étais une héroïne : ah non, surtout pas, ça empêche de vivre!

Si j’étais un vêtement : une salopette

Retrouvez les Cartes blanches de notre invitée tout au long de la semaine

 

Notre invitée de la semaine est Carine Dolek

Le festival de la jeune photographie européenne Circulation(s) s’est inauguré le mois dernier au CENTQUATRE à Paris, les expositions restent visibles jusqu’au 6 mai prochain. Pour l’occasion, cette semaine, nous recevons Carine Dolek, la co-fondatrice de l’événement et membre du comité artistique. Tout au long de la semaine, elle partagera avec nous ses coups de coeur.

Carine Dolek est journaliste, critique et commissaire indépendante. Directrice artistique de la galerie Le petit espace, Co-fondatrice du festival Circulation(s) et membre de l’association Fetart, elle préfère les questions aux réponses, et a exposé, entre autres, the Dwarf Empire, de Sanne de Wilde, The Curse – La malédiction, de Marianne Rosenstiehl, The Poems, de Boris Eldagsen. Elle est également lauréate du Young Curator Award de la Biennale de Photographie Photolux (Italie).

Le Portrait Chinois de Carine Dolek

Si j’étais une œuvre d’art : La dame de Brassempouy. Une extrait de beauté arraché au temps, chargé de symbolique et de pouvoir, qui agit encore aujourd’hui, comme une dynamo. Il y a une oeuvre de marbre, une sorte de tête suspendue avec des tentacules de seiche, extrêmement lourde et donnant l’illusion de la légèreté, qui me donne des frissons et dont je ne me souviens jamais de l’auteur, exposée à la fondation Maramotti de Reggio Emilia. J’aime ne pas me souvenir de l’auteur, qu’elle en soit détachée, autonome, et branchée sur une partie de mon esprit sans étiquette, en quelque sorte dédocumentée. Ces objets-là sont le mystère et le vertige.

Si j’étais un musée ou une galerie : Le MACBA de Barcelone. C’est accueillant, toujours éclectique, toujours pertinent, peu importe le sujet je sais que ce sera dense et nourrissant.

Si j’étais un(e) artiste : Je n’ai rien d’une groupie. Les artistes sont des personnes et réagissent aux contingences. J’aime les parcours à la Louise Bourgeois, qui a commencé à créer sur le tard, comme si elle avait passé sa vie à décanter, ou la « longue marche vers soi, vers la connaissance » de Pessoa, ou John Kennedy Toole, auteur de la Conjuration des imbéciles, qui s’est suicidé, épuisé par les refus des éditeurs, et dont le livre commence par la citation de Swift « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. »

Si j’étais un livre : Un mélange de La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil, de Japrisot, de l’Etranger, de Camus, Out de Natsuo Kirino, et de l’Evangile du bourreau, d’Arkadi et Gueorgui Vaïner, Je relis régulièrement mes livres, ce sont des amis proches qui m’accompagnent, leur interprétation évolue avec moi.

Si j’étais un film : Très dur de faire un choix. Quatre me viennent, mais j’en ai bien 50 dans mon premier cercle: Biutiful, de Innaritu, où un homme se débat pour faire le bien et être juste quand tout est contre lui, ce film est tellement puissant qu’il me dévaste, l’Empire des sens, où comment aller jusqu’au bout du désir et du don total de soi, finalement, Le décalogue et Out of Africa. J’étais adolescente à la grande époque de Kieslowski, et j’ai plongé dans cet univers où il aborde avec justesse et intimité des questions morales difficiles, loin de tout manichéisme. Kieslowski, et son scénariste Krzysztof Piesiewicz ont littéralement cartographié mon âme . Out of Africa, que j’ai vu gamine et vu et revu depuis, est une formidable histoire de courage avant d’être une histoire d’amour. Il me faisait pleurer, déjà toute petite, mais je ne me rendais pas compte que c’était triste, c’était surtout beau.

Si j’étais un morceau de musique : J’en serai une bonne centaine que j’écoute en boucle. Extraits de mon cloud: Ain’t no mountain high enough, la version Marvin Gaye et Tammi Terrell, et Let go of letting go ou It’s invisible de Social Skills

Si j’étais un photo accrochée sur un mur : Deux choses sont punaisées au dessus de mon bureau: un dessin qu’une petite fille avait fait de mon ex ami et moi à un arrêt de bus, il y a dix ans, au gros crayon bleu. Créoles, sac à main, short et sandales à talons pour moi, barbe de trois jours et tongs pour lui, tout y est. Avant qu’elle parte je lui ai demandé si elle voulait bien me le donner, elle l’a signé et me l’a tendu. Il n’est pas encadré, juste glissé dans une pochette. C’est trop précieux pour être écrasé derrière du verre. L’autre, c’est une image de la série Fiat Lux de Spela Volcic, une artiste rencontrée en lecture de portfolio au festival de Savignano l’année dernière, elle fait se rencontrer des fleurs et de la lumière, j’aime son idée.

Si j’étais une citation : Je n’ai rien, dit le disciple à son maître. Alors débarrasse t’en, lui répond-il. Je ne sais plus d’où ça vient, mais j’aime ronger cette idée.

Si j’étais un sentiment : Le sentiment d’immensité

Si j’étais un objet : Ma planche à découper de cuisine en marbre. Elle sert pour la cuisine et pour mettre sous l’ordi quand il fait trop chaud à Marseille. J’adore les objets en marbre, j’avais une caisse de brisures sous mon lit quand j’étais petite.

Si j’étais une expo : Fields, l’exposition de la vidéaste et photographe israélienne Michal Rovner au Jeu de Paume en 2005.
Une révélation. J’y pense encore régulièrement. Son travail montre des situations de conflit: tensions, fractures, vulnérabilité, mais surtout perméabilité, contagion, hybridation. Elle part « toujours de la réalité. (Elle) l’enregistre, et ensuite, petit à petit, soutire l’image à la réalité. L’image devient plus floue, elle perd de sa définition, elle se rapporte dès lors à autre chose. » (Michal Rovner)

Si j’étais un lieu d’inspiration : N’importe où d’où on voit le ciel étoilé la nuit.

Si j’étais un breuvage : du kompot. C’est une soupe de fruits froide maison qu’on boit à la campagne en Pologne. Chez moi c’étaient des pommes, de la rhubarbe et des baies, fraises et groseilles à maquereaux.

Si j’étais un héros/héroïne : Dany de la Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil, Karen de Out of Africa, Yayoi de Out

Si j’étais un vêtement : Ma parka kaki. Je l’ai portée tous les jours depuis son achat, ça a été le coup de foudre. Les beaux jours arrivent, elle devient trop chaude, il va falloir muer et la mettre au placard jusqu’à l’automne

Retrouvez les Cartes blanches de notre invitée tout au long de la semaine :

Carte blanche photographique à Carine Dolek : Tim Hetherington (mardi 3 avril 2018)
> Carte blanche à Carine Dolek : Le Maître de Feng Shui (mercredi 4 avril 2018)
> Carte Blanche : La Vidéothèque de Carine Dolek (jeudi 5 avril 2018)
> La Playlist de Carine Dolek & Les Bons Plans de Carine Dolek : De Cracovie à Marseille… (vendredi 6 avril 2018)

INFORMATIONS PRATIQUES
Circulation(s), Festival de la Jeune Photographie européenne
Du 17 mars au 6 mai 2018
CENTQUATRE-PARIS
5, rue Curial
75019 Paris
http://www.festival-circulations.com
http://www.fetart.org
http://www.104.fr
A LIRE : Ouverture de la 8ème édition du Festival Circulation(s) au CENTQUATRE, un regard à l’Est !