Archives par mot-clé : Printemps africain

Le Havre-Dakar (Un été au Havre suite)

A l’occasion de la célébration des 500 ans de la Ville du Havre, le Museum propose l’exposition laboratoire « Partager la mémoire »fruit d’un partenariat inédit avec deux grands musées sénégalais, le Musée Théodore Monod et le nouveau Musée des Civilisations noires, qui ouvrira ses portes à Dakar en 2018.

L’occasion de nouer un dialogue entre œuvres patrimoniales et muséales et créations contemporaines. Créé par François 1er le port du Havre, devenu aujourd’hui 2ème port de France pour le trafic maritime et 1er pour les conteneurs a toujours entretenu des liens à travers l’histoire (commerce, traite esclavagiste) avec l’Afrique de l’Ouest et le Sénégal notamment. Une importante communauté sénégalaise à laquelle l’exposition est dédiée vit dans la capitale maritime et ses environs.

Pour le public c’est l’occasion de redécouvrir les espaces du musée rénové jouant sur la lumière naturelle et les ouvertures vers les ferries et l’architecture de Perret.

Organisée en 4 parcours thématiques : « patrimonial », « contemporain », « animal et contes », « jeunesse », l’exposition s’adresse à un large public, autour de la question de la symbolique d’un objet d’art africain (masques, statuaire, instruments de musique mais aussi objets du quotidien), pour tenter de comprendre sa possible signification. Il est bien de rappeler que les collections ethnographiques du Museum ont été constituées principalement par le général Louis Archinard, conquérant de l’ex Soudan français et autres découvreurs havrais.

Tout au long du parcours et dans une approche transversale, les œuvres de 14 artistes contemporains ponctuent la réflexion autour du Sénégal et sa diaspora.Parmi eux l’on retrouve avec plaisir Omar Victor DIOP qui se met en scène pour revisiter les grandes figures de l’époque coloniale oubliées de son pays, comme Jean-Baptiste Belley né esclave à Gorée et devenu le 1er parlementaire français noir. Son projet est de réécrire l’histoire du monde à travers le regard de l’homme noir. Il nous avait séduit lors du dernier Paris Photo avec la carte blanche de Pernod Ricard et chez sa galerie, Magnin-A.Pour les retardataires il est visible à la fondation Louis Vuitton ou à la Gacilly, son actualité est impressionnante !
A noter l’engagement développé par le Museum en faveur du jeune public, la place des outils numériques et la programmation culturelle associée transdisciplinaire, témoin de l’effervescence de la scène africaine contemporaine.

INFOS PRATIQUES :
Le Havre-Dakar Partager la mémoire
Créations contemporaines venues d’Afrique
Museum
Place du Vieux Marché, le Havre
http://www.museum-lehavre.fr/

Organiser votre Week-end :
Le Pass 3 jours Un Été au Havre 2017 donne accès à l’exposition.
http://www.uneteauhavre2017.fr/fr

Exposition personnelle de Farah Khelil à Appartement

Dernière séquence du cycle d’expositions Constellations éphémères conçu par la commissaire Sonia Recasens pour Nathalie Miltat à Appartement avec la « Solitude peuplée » de l’artiste tunisienne Farah Khelil. Diplômée de l’Institut des Beaux Arts de Tunis et Titulaire d’un doctorat en Art et Sciences de l’art (Panthéon Sorbonne) Farah Khelil vit et travaille à Paris.

Ses recherches et expérimentations autour des données de l’archive, des mots, du langage s’inscrivent dans la démarche de l’artiste archéologue. Ses œuvres protéiformes sont partie prenante de dispositifs d’interprétation du réel et du savoir. Les livres sont pour elle une source d’inspiration essentielle et l’emprunt à Camus du titre de l’exposition « la solitude peuplée » qui renvoie aussi chez certains philosophes à l’isolement du penseur peuplé de créatures, de souvenirs, d’obsessions, est révélateur, un peu comme la fameuse « tempête sous un crâne » de Victor Hugo. L’élégant et mystérieux carton d’invitation repris et agrandit sur l’un des murs du loft nous plonge d’entrée de jeu dans cette problématique liée à la synthèse des champs de la connaissance. Dans son récent travail « Point d’étape »elle créé des rapprochements formels à partir de marques pages de matériaux divers ou elle prélève des données pour les réinterpréter comme avec « Point de vue, point d’écoute »où les citations sont retranscrites en partitions musicales réalisées en braille puis jouées par un componium (orgue à cyclindre) que le public peut activer. Dans une sorte de nature morte centrale l’on remarque parmi les fragments de verres, jeux, objets du quotidien détournés, les couvertures des ouvrages de l’historien de l’art Ernst Gombrich, éminent professeur au Warburg Institute de Londres et dont les pages ont été arrachées.

L’œuvre réalisée spécialement pour l’exposition « Game » inspirée de sa lecture du roman de Herman Hesse « Le Jeu des perles de verre » se veut une transcription musicale de ce jeu asiatique millénaire, à partir du somptueux piano à queue et avec l’aide d’un mathématicien et pianiste. Selon Herman Hesse le jeu de go est la somme véritable de tous les champs de la connaissance.

Dans cet écrin à la fois espace de vie et espace d’exposition qu’est Appartement qui ne cesse de se métamorphoser, une fois avoir franchi cette fascinante cartographie, l’on se retrouve pris dans un jeu de piste avec un certain nombre d’énigmes à résoudre. Une démarche certes conceptuelle mais très séduisante.

INFOS PRATIQUES :
« Solitude peuplée »
Une exposition personnelle de Farah Khelil
 /!\ Derniers jours : Jusqu’au 24 juin 2017
Appartement
27 bis rue Jacques-Louvel Teissier
75010 Paris
http://appartement-27bis.com/saison-3/

Un Train des Arts et des Civilisations

Le Musée du Quai Branly, la Sncf Transilien et Le Stif lancent aujourd’hui un Train des Arts et des Civilisations sur la Ligne E du RER. Ce Train propose un voyage inédit à la découverte des cinq continents dans le cœur de Paris jusque dans l’Est de l’Ile-de-France.

De voiture en voiture, de continent en continent, ce sont près de 400 œuvres d’art, photographies, peintures et objets des collections historiques du musée du quai Branly – Jacques Chirac qui sont ainsi exposés et recouvrent l’intérieur du train du sol au plafond.

 

Carte blanche à Sandra Hegedüs : Gareth Nyandoro

Sandra Hegedus est notre invitée de la semaine (lire son portrait publié lundi 12 juin), à l’occasion de sa carte blanche, la mécène et  collectionneuse nous présente l’exposition de Gareth Nyandoro qui s’ouvre aujourd’hui. Ce dernier est en résidence avec SAM Art Projects, fondé par notre invitée.

Gareth Nyandoro artiste du Zimbabwe est en résidence avec SAM Art Projects en ce moment. Son vernissage au Palais de Tokyo est le 12 Juin mais l’exposition dure tout l’été. C’est un coup de coeur absolu pour son travail hybride entre dessin, collages, superpositions. Les oeuvres sont de toute beauté.
Il représente des scènes de vie prélevées dans son environnement sur de grands formats de papier travaillés avec une technique personnelle prodigieuse. Graphiques et sculpturales, ses oeuvres sur papier se déploient jusqu’au sol. Le volume des feuilles incisées et suspendues, ainsi que les objets qui les jouxtent, « permettent de connecter la représentation au monde et aux visiteurs ».
A Paris peu de monde connaît Gareth, mais il a représenté le Zimbabwe à la 56ème Biennale de Venise en 2015 et l’année dernière il a reçu le « Financial Times Emerging Artist Prize ». A découvrir d’urgence !

Fondée en 2009, SAM Art Projects est une organisation à but non lucratif qui favorise les échanges artistiques entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest. SAM Art Projects apporte un soutien financier et humain à des artistes contemporains basés en France ou dans des pays situés hors des grandes places du marché de l’art. Le soutien à la production et la visibilité des artistes sont au coeur de l’engagement de SAM Art Projects, dont l’action s’articule autour d’un prix décerné chaque année à un artiste français et de résidences d’artistes étrangers à Paris.

Les résidents SAM Art Projects 2018 seront seront l’artiste argentine Julieta Garcia Vazquez et l’artiste sud-africaine Bronwyn Katz, sur décision du Comité SAM Art Projects.

INFOS PRATIQUES :
Saison Histoires naturelles
Du 14 Juin au 10 septembre 2017
Stall(s) of Fame
Gareth Nyandoro
Palais de Tokyo
13 Avenue du Président Wilson
75116 Paris
http://www.palaisdetokyo.com

Suivre les actualités SAM Art Projects :
http://www.samartprojects.org/

La Gacilly au pas de course et pour autant….

La Gacilly, cap sur l’Afrique, les enjeux d’un continent face à son développement.

Le festival photographique de la Gacilly, Morbihan, Bretagne se révèle au pas du marcheur. 35 expositions, la plupart en extérieur, développent trois thèmes, la photographie africaine, homme – animal : le face-a-face, et enjeux environnementaux…

La Gacilly, plus grand festival photo d’Europe, connait un succès renouvelé depuis sa création il y a 14 ans, avec 400 000 visiteurs dont la moitié, public conquis, revient d’année en année. Une fidélité due à la qualité de la sélection des oeuvres et à la richesse établie des thèmes. Le festival est totalement gratuit et emporte l’adhésion de tous les publics. Il constitue une prise de positions sur l’enjeu du développement d’un continent marqué par différents fléaux dont le pillage de ses ressources, minerais, forêts, faunes et les conditions de vie et de survie, assez alarmantes de certaines de ses populations.

© Paras Chandaria

En témoignent Akintunde Akinleye dans « Nigeria, dans le ventre d’un géant »,  Brent Stirton dans « Extinctions » et  Paras Chandaria par ces grands tirages montrant le rétrécissement des frontières entre jungle et ville, dans la banlieue de Nairobi, sur fond de buildings, on aperçoit une girafe, un lion aux portes de la ville. La frontière entre le monde sauvage et la ville tend à se réduire…Cette proximité devient la métaphore d’un télescopage non maîtrisé, anarchique, une urbanisation sauvage menace les territoires des animaux et perturbe les frontières, nombre d’accidents tragiques dus à cette situation endeuille les zones citées.Une frontière s’efface. Un monde absorbe l’autre…

Auguste Coudray © Pascal Therme

Auguste Coudray, président de la GacillyCyril DrouhetCommissaire des expositions et Florence Drouhet, Directrice artistique, assument un engagement réel du festival, dans la dénonciation des prédations de toutes sortes menées contre le Vivant dans son ensemble et apportent un soutien indéniable à nombre de travaux exposés. Trois Des reportages, issus d’un appel à projet ont été financés par les collectivités locales et le festival, les photographes présents sont rétribués pour leur travail, toute la production, près de neuf cent tirages au final, sont pris en charge par la Gacilly. Avec un budget de fonctionnement de près de huit cent cinquante mille euros, la Gacilly honore ses engagements auprès de tous. Sous la responsabilité de Thierry Coroller, directeur de production du festival, la grande qualité des tirages, les scénographies en extérieurs, le parcours pédestre d’une exposition à l’autre, donnent d’excellentes conditions de réceptions des travaux exposés.

La photographie étant un médium puissant et universel pour témoigner à travers les reportages sans concession de grands reporters-photographes, des réalités négatives du monde, une place est faite à l’ histoire de la photographie africaine peu connue du grand public, la dénonciation des dommages causés par une économie de contrebande, pétrole, extractions de minerais, chasses en tout genre des grands fauves et mammifères africains, une photographie d’exception montre très concrètement les désastres préjudiciables à l’équilibre écologique de la planète.

Nicolas Hulot, en préfaçant le catalogue, cautionne le festival dans ses engagements et témoigne de son attachement à ce continent à la beauté royale et sombre.
« Explorer la photographie pour mieux la faire connaitre, mettre en lumière les grands enjeux environnementaux de notre époque pour mieux comprendre notre civilisation moderne et les dangers qui nous menacent: pour cette nouvelle édition, le Festival de La Gacilly reste, certes, fidèle à ses engagements artistiques et éditoriaux mais se donne pour ambition cette année de voir encore plus haut, encore plus grand, encore plus loin !…. L’Afrique noire est un eldorado photographique, le règne animal est intrinsèquement lié à celui des hommes : il est de notre devoir de les mettre en lumière ! » écrivent Cyril et Florence Drouhet.

Du côté de l’ ENGAGEMENT, un message incontournable est donné aux festivaliers : « Une photo éthique et humaniste croise les regards de photographes issus du monde de l’art et du photo-journalisme. Un festival engagé dans le développement durable. »
A suivre ce parcours on se dit que cet engagement est multi culturel et passe les frontières, un humanisme de combat rappelle à tous que, si nous sommes issus de cultures différentes, un même lien nous unit et que ce lien est la base même de notre identité conjointe, en préservant la bio diversité, la terre, le monde animal et en veillant à  sa préservation, en le disputant aux entreprises particulières et industrielles, sans foi ni loi, qui prolifèrent, qu’elles soient dues aux braconnages multiples et à une sous économie de subsistance et de rapines, ou à des logiques industrielles coupables, rendues possible grâce à certains intérêts particuliers et politiques, le Festival La Gacilly, dans une volonté d’Agit-Prop fait oeuvre.

Hasard du calendrier, La Gacilly s’est ouverte le jour ou un mauvais président américain tourne le dos aux accords de la Cop 21 et entend continuer à polluer au delà de toutes mesures. C’est dire que les propos de Nicolas Hulot sont ici les bienvenus et que ce festival de la Gacilly signe en force un retour de conscience, un devoir de porter la lumière sur ces « vérités » et « réalités », trop souvent éludées, masquées, niées. La participation attendue de plus de quatre cent mille visiteurs devrait faire de La Gacilly, une tribune pour défendre une écologie militante et mettre en exergue un ras le bol face aux « criminels » de tout bord, qui n’ont comme seule morale que de vouloir s’approprier le bien commun en le dégradant sans vergogne. C’est pourquoi, le regard s’élargit face aux multiples expositions, le coeur gronde parfois, mais une conscience se fait plus nette et plus précise, face aux enjeux du développement du continent africain. Un mot d’ordre s’en suit: STOP aux exactions, agressions, dépravations, viols de dame Nature. Nous n’avons qu’une planète, respectons là, prenons en soin, la folie des hommes, aiguisée par les sous économies, les cupidités, les marchandages et le crime organisé, ne sont que Chaos mortifère et morbide.

© Tim Flach

Nous pouvons refuser ce monde là, certains reportages font état d’engagements personnels, indéfectibles et de héros modernes. Certains travaux exposés changent totalement le regard et portent une conscience universaliste, dont celui de Tim Flach, en portant l’attention sur la façon dont nous considérons, dans la peur le plus souvent ou, du moins dans l’absence de liens, nos proches cousins de l’évolution, les singes. Les photographies de Tim Flash, rappelle que nos différences avec le monde animal relèvent d’une construction politique et psychologique, sommes nous si loin de ce grand singe, planté sur ses pieds, tendant la main, au regard si humain et persuasif? Qu’y a t il au fond du regard de celui-ci, comme des grands fauves, considérons nous le règne animal toujours dans cette supériorité du dominant sauvage que nous sommes, n’y a t il pas un lien plus profond, qui nous relie au Vivant dans le rôle supposé, qui devrait être le nôtre, unité, proximité, protection, respect…?

© Brent Stirton

Brent Stirton dans « Extinctions », neuf fois World Press dont celui de 2017, pour ses reportages, montre rhinocéros, gorilles, éléphants tués, mutilés, découpés, dont les cadavres abandonnés après extractions de l’ivoire pourrissent ensuite, abandonnés. Attaché à la lutte contre les braconniers, il suit les rangers dans leur traque et rend compte du tragique des situations. Photographies magnifiques et puissantes; un discours se joint à un regard, une parole, un cri nait, un roman se construit, l’exposition comporte quelques soixante images et, toutes sont importantes, témoignent, parlent. C’est un choc indispensable.

© David Chancellor

David Chancelor dans  « Chasseurs » ,après avoir suivi ces chasseurs sur trois ans,  dénonce et s’interroge sur leurs motivations, sans trouver aucune réponse autre que le plaisir de tuer et de s’enorgueillir des trophées rapportés, dans un processus social assez banalisé, ou tuer devient un sport couteux réservés aux riches, dignes descendants des colons. Le cri devient en un mot POURQUOI?

© Akintunde Akinleye

Dans la veine des grands photographes qui prennent au rais de l’image l’absolu engagement de la dénonciation, affilé a Reuters, Akintunde Akinleye expose « Nigeria, dans le ventre d’un géant ». Le photographe ne cesse de documenter l’enfer vécu par ses compatriotes nigérians quand ils « travaillent » , enfants enfouis dans la boue, tentant d’en extraire la poussière d’or, raffineries illégales, défigurant le delta du Niger,  silhouette à demi nue aux prises avec un feu, bidons remplis de pétrole dangereux, déforestations,  incendies, pipelines, cabanes de bois dans un paysage dévasté, homme s’essuyant le front sur fond d’incendie après explosion, 269 personnes tuées dans la banlieue de Lagos, cette image lui vaudra une renommée internationale. Oeuvre majeure puisqu’elle donne à voir la triste réalité de ces enfers qui semblent pourtant être monnaie courante… ouverte sur le drame des existences livrées à la survie, en pleine apocalypse, en pleine horreur. Au delà des mots, réside ce pouvoir de la photographie de témoigner sans qu’il soit possible de nier. Nous ne pouvons que saluer le Festival et sa formidable capacité de dénonciation, ce qui fait apparaître la polémique sur l’affiche de la manifestation bien ridicule, aux regards de ce qui est pleinement exposé.

Il est impossible d’évoquer les nombreux coups de coeur qui émaillent ce grand festival où se croisent, au travers des thématiques mentionnées, des conceptions et des travaux, dont certains pourraient paraître en marge des grandes dénonciations, mais qui participent aussi de ces liens forts que chaque artiste a le courage de tisser, sur un plan plus artistique avec l’imaginaire, sorte de recréation, re-lectures permanentes du monde dans ses réalités. Je veux citer ici  Ed Alcock, Baudoin Mouanda, Omar Victor Diop, Phil Moore, Daniel Naudé, Eric Pillot….

Portrait d’Emanuele Scorcelletti © Pascal Therme

Je pense tout particulièrement à  Emanuele Scorcelletti, qui dans « Equus« , un travail autour du cheval produit de très poétiques visuels liés à une vision fellinienne, « La Strada », l’univers du cirque, un rappel de Bunuel, d’excellentes photographies de chevaux, en noir et blanc, ou, dans un autre registre, plus historique du merveilleux travail de James Barnor, dans les Sixties, « Ever Young ».

© Aida Muluneh

Il est impossible également de ne pas parler du superbe travail « Le monde a neuf ans » d’Aida Muluneh, éthiopienne, sur d’immenses tirages sur bâches,  qui donne à la couleur et aux thèmes du double, de la femme africaine, de l’identité, du franchissement du miroir, tout l’a-propos de ce que les grands mythes portent de conscient et d’inconscient, de représentations du Soi. Extrêmement stylisé, aux couleurs franches et symboliques, ces compositions mettent en scène une jeune femme noire en relation avec son image, qu’elle soit de dos brandissant un miroir, ou de côté, costume rouge, cravate rouge, mains bleues, coiffure afro, sur un mur au ciel bleu à la Magritte, de profil, corps alanguis…Un travail assez formellement défini par la couleur et les fonds, lignes, empruntant à la mode les poses de ses modèles pour mieux les détourner vers une forme de sur – réalité ou apparaissent les thèmes structurant déjà cités. Le passage du miroir et l’interrogation des peintures corporelles aux motifs répétitifs des masques et vêtements rituels africains vient porter l’interrogation sur l’identité du monde et de soi au plus haut point…Rouge, bleu, blanc, vert, jaune et noir, couleurs franches font apparaître un monde qui aurait glisser vers plus de pertinence, de séduction et d’ intériorité. Un autre monde est il en soi possible? Réponse apportée au festival par le secret engagement de ce côté ci du miroir. Y a t il une autre face possible au Monde tel qu’il est fait, qu’il se donne, tel qu’il apparait, peut-on le transformer, doit on y jouer la part majeure de l’Autre. Réponse par l’artiste, de l’autre côté du miroir.

• LA PHOTOGRAPHIE AFRICAINE
 Akintunde Akinleye, Sammy Baloji, James Barnor, Girma Berta, Mama Casset, Jean Depara, Fatoumata Diabaté, Omar Victor Diop, François-Xavier Gbré, Hélène Jayet, Seydou Keïta, Oumar Ly, Baudoin Mouanda, Aïda Muluneh, Nyani Quarmyne, Malick Sidibé

• HOMME – ANIMAL : LE FACE-A-FACE
Ed Alcock, David Chancellor, Paras Chandaria, Michel Vanden Eeckhoudt, Elliott Erwitt, Tim Flach, Rob MacInnis, Daniel Naudé, Eric Pillot, Brent Stirton, Joel Sartore, Emanuele Scorcelletti

•ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX
Emmanuel Berthier, Phil Moore

•Sur l’Afrique : Arthur Rimbaud

INFORMATIONS PRATIQUES
Festival Photo La Gacilly
Du 3 juin au 30 septembre 2017
La Gacilly / Morbihan
http://www.festivalphoto-lagacilly.com

Gilles Coulon expose Transhumance à l’Espace Central Dupon

Lauréat World Press 1997 pour son travail sur les peuples transhumant entre le Mali et la Mauritanie, Gilles Coulon réitère l’expérience 20 ans plus tard, en partenariat avec l’ONG Acting For Life*, en suivant plusieurs groupes d’éleveurs dans leur transhumance entre Fada N’Gourma, à l’est du Burkina Faso, et Kara au Togo. Marchant avec les éleveurs, partageant leur quotidien pendant plusieurs semaines, il a été le témoin d’une mobilité à risques sur des chemins où se côtoient pasteurs, agropasteurs et populations locales. Réalisée grâce au soutien de Central Dupon Images, cette exposition est accompagnée d’un catalogue.

*L’ONG Acting for Life a développé depuis une dizaine d’années plusieurs programmes d’appui à l’agropastoralisme qui ont bénéficié à plus d’un million de personnes dans différents pays d’Afrique de l’Ouest. source Tendance Floue. http://tendancefloue.net/actualite/transhumance-mobilite-a-risques/

Si l’on en revient au titre original de l’exposition il faut y ajouter mobilité à risques, car cette transhumance n’est visiblement pas de tout repos, certaines images, lors du passage de cours d’eau, de fleuve, province de Koulpelogo au Burkina Faso en sont un exemple. Du côté du photographe Gilles Coulon, une forme d’épopée réaliste porte témoignage de ce long périple entre les frontières du Sud du Burkina Faso et du Togo, du Ghana, du Bénin, long ruban formé des animaux qui rejoignent des pâturages plus nourriciers et qui, guidés par les gardiens de troupeau, bergers et éleveurs , parcourent les zones semi arides pour retrouver les pâturages plus verts du Togo.

Deux voyages.

Travail réalisé sur deux voyages, l’un dédié à la saison sèche, l’autre à la saison humide, et conséquemment sur cet aller-retour entre les zones de pâturages, Gilles Coulon décrit avec sincérité, vérité, ces transhumances et la fierté de ces hommes qui ne semblent jamais se plaindre ni du soleil, ni de la pluie et qui avancent, inexorablement…. Il y a là comme une métaphore de la vie, les obstacles ne manquent pas, le photographe enregistre l’énergie, la tension, la volonté constante des éléveurs qui sont toujours contraints, vigilants, prudents, mais surtout très attentifs. Le passage d’une rivière en donne une belle mesure. On risque sa vie… et ceci est inscrit sans dramatisation, sans les effets qu’une narration se voulant plus démonstrative aurait sans doute appliqué. Une distanciation s’éprend du récit imagé comme pour en souligner les enjeux et les encours, une discrétion d’énonciation respecte les acteurs du direct de la vie, avec délicatesse et sensibilité. Gilles Coulon se coule dans l’image, trouve sa distance, construit son récit, pas à pas, temps à temps, par immersion, épris de la tension physique des corps, des regards…

Photographie la part du risque partagé

Ces tensions, attentions font spectacle, en plan large, la photographie les inscrit toujours dans ces cadrages ouverts, propices à donner à l’action son aire naturelle, son déploiement, montrant son ampleur, les gestes quotidiens et les regards. On sent l honnêteté absolue du photographe et son émerveillement, sa talentueuse adresse au courage et au partage de cette part de vie commune, de difficultés et de repos, voulue nécessaire.

Les acteurs de cette transhumance recueillent la part prioritaire de l’affection méritée et de la dignité devant les difficultés de la route. Fondamentalement partagé, ce regard circule entre tous, sans complaisance, en toute humanité. Les cadres de Gilles sont comme les illustrations des romans d’aventure de Jules Verne, il s’y passe quelque chose d’important et de secret, à peine visible, la vie des troupeaux et les actions des hommes.

Saison sèche, saison humide.

…et c’est sans doute pourquoi certaines photographies touchent, émeuvent, éveillent la curiosité, forcent l’admiration, une opération d’ordre poétique a pris le relais de la proposition documentaire et descriptive, une chimie opère une forme de fusion distanciée entre le photographe et son sujet, un instant décisif se crée autour de la bonne distance, et du raccourci enchanté que prend son regard, pinceaux sensibles et physiques des présences, transparence des lumières, tons parfois presque pastels…

La légende de la photographie dit un lieu pour situer. « Campement de Ganaga au Togo », saison sèche, est un petit matin de lumière blanche pris dans la poussière du chemin, pastel brun clair, paysage transparent, énergie du regard du personnage avançant vers la gauche, qui traverse le plan, accompagné du retour du bâton sur l’épaule, l’énergie du regard qui interpelle… Se crée donc ce lien où est donné tout le contexte dans la jouissance de sa lumière et l’action du corps du personnage qui dans ce regard établit tout le lien entre le photographe et cette communauté d’hommes et d’animaux…

Il y’ a aussi « A proximité du village de Tindawombo au Togo,les éleveurs poursuivent leur remontée vers le Burkina Faso » saison humide, trois visages, sous une bâche plastique protégeant de la pluie serrée, de grosses gouttes s’impriment sur la noirceur des visages, l’âme est photographiée en retour, témoignent du pur moment saisi par le photographe, les sourires ne sont pas feints, le temps est partagé et vogue, linéaire et poreux; la présence est établie, renouveau du sentiment d’un pur moment. Je crois qu’au delà de la commande et du reportage, Gilles Coulon a partagé ces voyages, se faisant le chroniqueur, le confident, l’ami des instants de vérités essentielles où la joie illumine le temps photographique, jamais, peut être plus qu’ici, Gilles Coulon ne semble avoir été plus juste dans sa photographie et plus heureux dans ces partages. Une paix irradie ces photographies. et c’est bien cette paix, droiture du dispositif photographique et définition du projet, qui s’échange sur les murs de la galerie, par l’accrochage parfaitement équilibré et la présence limpide et aguerrie de ces « cow boys » africains, indéfectibles dans leur présence.

Ici point d’Ouest américain, juste le long cours d’une transhumance Mobilité à risques dans une Afrique de l’Ouest, où Acting for life développe un programme en soutien de l ‘agropastorialisme. La mobilité du bétail constitue pour les populations pastorales et agropastorales une « stratégie de base pour gérer les déséquilibres saisonniers. » C’est pourquoi Gilles Coulon dit : « C’est sur la notion de mobilité, que j’ai axé mon travail, j’ai partagé durant des semaines la vie des éleveurs, leur marche, leurs difficultés à se déplacer dans un environnement de plus en plus hostile, de plus en plus dangereux. »

Rappels

Gilles Coulon. Né en 1966, Gilles Coulon est membre du collectif Tendance Floue.
Entre 1990 et 2002, en parallèle d’une collaboration régulière avec la presse (Libération, le Monde, Géo ou Télérama), il puise en Afrique les sujets de plusieurs années de reportage. La rencontre avec le Mali donne naissance à plusieurs histoires photographiques. Avoir 20 ans à Bamako embrasse l’énergie de la jeunesse malienne, un livre est publié aux Éditions Alternatives. Delta plonge dans les méandres des habitants des rives du fleuve Niger, et en 1997 Un président en campagne suit la tournée électorale d’Alpha Oumar Konaré. La même année il obtient un World Press Photo pour son travail sur les peuls transhumant entre le Mali et la Mauritanie. voir suite sur…http://tendancefloue.net/gillescoulon/bio/

INFORMATIONS PRATIQUES
Transhumance
Gilles Coulon
Du 12 mai au 16 juin 2017
Espace Central Dupon Images
Vernissage le 11 mai, 18h30
74 rue Joseph de Maistre
75018 Paris

L’art contemporain africain, le nouvel atelier à la Fondation Louis Vuitton

Le titre est important soulignant à l’aune de la mondialisation la dimension à la fois locale et globale de l’art de ce continent qui regroupe pas moins de 53 pays comme nous le rappelle l’un des artistes de la collection Pigozzi, Pascale Marthine Tayou qui habille les parois des escalators et le sol d’une carte de l’Union africaine.

Une mosaïque esthétique et culturelle d’un intense dynamisme où l’histoire intime et universelle se confondent et essaime tout le bâtiment de Frank Ghery, selon la volonté de Suzanne Pagé, directrice artistique au sommet de son art. Trois volets découpent les contours de ce panorama quasi muséal dans sa présentation : les Initiés, un choix d’œuvres dans le collection de Jean Pigozzi(1989-2009), Etre là, l’Afrique du sud une scène contemporaine et enfin, une sélection d’œuvres africaines de la collection de la Fondation Vuitton, le tout complété par une programmation événementielle en résonnance (littérature, musique, cinéma..).

C’est pointu et ambitieux à l’image de ce à quoi nous a habitué l’ancienne directrice du musée d’art moderne de la Ville de Paris qui défend la pluridisciplinarité dès son arrivée dans le vaisseau amiral de Gehry. Son sens aiguisé de l’accrochage et son perfectionnisme ressortent dès le début du parcours avec l’œuvre commandée spécialement à Pascale Marthine Tayou comme un seuil à franchir pour faire partie des « Initiés ».

La collection Jean Pigozzi (12 000 œuvres environ) c’est d’abord l’histoire d’une rencontre entre 2 hommes passionnés, l’héritier Simca qui souhaite se concentrer sur l’Afrique noire et non la diaspora et son conseiller Alain Magnin, découvreur inlassable et marchand (il se lance en co-commissionnant les Magiciens de la Terre puis ouvre sa galerie Magnin-A en 2009) le grand ordonnateur de ce vernissage. Dans ces salles aux immenses volumes les œuvres gagnent en majesté avec des cartels d’une vraie concision qui s’effacent devant l’émotion du spectateur. Romuald Hazoumé (qui avait fait sensation sur le stand de la galerie à Art Paris avec ses masques et ses bidons à qui il redonne vie), ouvre le bal, rejoint par de nombreux sculpteurs tel Seni Awa Camara (tradition de la poterie en Casamance), John Goba (petits personnages en bois issus de contes et croyances), Calixte Dakpogan et les ravages du Made in China en Afrique, Bodys Isek Kingelez et Rigobert Nimi adeptes du néo futurisme. Le dessin n’est pas en reste avec Frédéric Bruly Bouabré (Musée du visage africain), Abu Bakarr Mansaray (machineries imaginaires) ou Barthélémy Toguo (aquarelles hallucinatoires). Des ténors de la photographie se retrouvent : Seydou Keïta exposé au Grand Palais, J.D.Okhai Ojeikere (et sa série emblématique « Hairstyles ») et Malick Sidibé (jeunesse de l’après Indépendance à Bamako). Enfin Chéri Samba faussement candide et Moke observateur de la vie kinoise survoltée à travers leurs peintures complètent favorablement cet horizon multiforme d’une réelle cohérence et c’est là l’une des forces de Suzanne Pagé.

Ce préambule posé, le regard aigu nous pouvons découvrir le focus dédié à l’Afrique du Sud berceau d’un grand nombre d’artistes et d’initiatives relayées par les institutions et les galeries sur fond de luttes identitaires post-coloniales et apartheid. Le ton est donné dès le départ avec l’installation glaçante de Jane Alexander « Infantry with Beast »,littéralement, une armée de bêtes.Transposition de Big Brother is watching You à la sauce sud africaine avec des êtres mi-humains mi chiens sauvages. Autres chiens errants très présents dans la vie des townships et véritable fléau, avec David Koloane et le trait nerveux de son dessin. Des chiens en faïence chez Kemang Wa Lehulere « Reddening of the greens or dog sleep manifesto » qui renvoient aux expropriations abusives du régime de l’apartheid face à un large tableau noir recouvert d’un monumental graffiti réalisé spécialement pour l’exposition. Kentridge le grand nous livre à travers l’installation vidéo immersive « Notes Towards a Model Opera » sa vision de la danse comme outil de propagande pendant la Révolution culturelle chinoise. Ses grands dessins à l’entrée du parcours de processions de migrants nous rappellent aussi une réalité universelle tragique.
Les textiles sont explorés par Nicholas Hlobo qui avec « Ndize : Tail »(cache-cache) joue des ambiguïtés du genre mêlant formes organiques et préciosité des matières (satin, rubans, soie..), Lawrence Lemaoana et ses slogans sur du kanga très populaire en Afrique du sud ou Athi-Patra Ruga et ses tapisseries relatant la saga fantaisiste de différents avatars. Les technologies numériques sont saisies par Bogosi Sekhukhuni qui se met en scène dans des scenarii futuristes new age ou Sue Williamson auteur de nombreux essais fondateurs qui dans une double projection soulève deux visions contradictoires de jeunes sud africains face au drame de l’apartheid.
C’est cette génération des born free, plurielle et affranchie que scrute trois jeunes photographes : Musa Nxumalo (jeunesse noire et urbaine des townships), Graeme Williams (aspirations de ces jeunes adultes en butte à une ségrégation toujours présente) et Kristin-Lee Moolman (androgynie des jeunes branchés de Johannesburg). Jody Brand, la benjamine de l’exposition se saisit aussi de la photographie pour interroger les stéréotypes liés aux minorités avec la série « Say her name » qui reprend le hashtag créé autour des agressions subies par les femmes, en sublimant le corps des femmes noires et des queer. Kudzanai Chiurai avec sa série phare « Révélations » parodie les références à l’histoire de l’art occidental ramenées à la transition vers la démocratie d’un état imaginaire africain. Une fable virtuose et engagée pour dénoncer la corruption au Zimbabwe, son pays d’origine. Last but not least, Zanele Muholi remarquée aux dernières Rencontres d’Arles pour ses autoportraits du cycle « Salut à toi Lionne noire »aborde sans concession les questions de genre et d’identité. Nombre de ses œuvres appartiennent à des collections prestigieuses, comme c’est le cas pour nombre de ses compagnons. La photographie est également très présente dans la sélection d’œuvres de la fondation Vuitton à les étages supérieurs du bâtiment.

Dès lors à l’instar des artistes d’autres continents et comme n’a eu de cesse de le marteler Simon Njami, commissaire de Afriques Capitales à la Villette ou Marie Ann Yemsi la commissaire d’Art Paris et des Galeries Lafayette, les artistes africains sont porteurs d’une réalité multiple qui ne se réduit pas à un certain regard projeté par l’Occident.

Le nouvel atelier de la fondation Louis Vuitton entend bien aller au delà des poncifs et clichés habituels et cet événement est assurément le point d’orgue du printemps culturel africain à Paris.

INFOS PRATIQUES :
Art/Afrique, le nouvel atelier
– Les initiés, un choix d’oeuvres de la collection d’art africain de Jean Pigozzi (1989-2009)
– Etre là, Afrique du Sud, une scène contemporaine
– L’Afrique dans la Collection de la Fondation Louis Vuitton
Jusqu’au 28 août 2017
Fondation Louis Vuitton
8 Avenue du Mahatma Gandhi
75116 Paris
Réserver votre billet : Billetterie en ligne
http://www.fondationlouisvuitton.fr

Fethi Sahraoui, lauréat du Prix pour la création contemporaine arabe des Amis de l’IMA

Pour cette seconde édition du Prix pour la création contemporaine arabe des Amis de l’IMA, ce sont les photographies de Fethi Sahraoui, jeune artiste de 23 ans, qui ont convaincu le Jury. Ce Prix permet de soutenir et faire découvrir les jeunes artistes issus du monde arabe.

Chaque année, les Amis de l’Institut du Monde Arabe mettent en lumière une figure de la jeune création arabe. Un engagement qui s’inscrit sur le long terme, puisque l’oeuvre des artistes lauréats intègre de manière pérenne les collections du musée. En 2017, la série photographique Mercy Island est primée et sera exposée à l’IMA dans le cadre de l’exposition collective Trésors de l’islam en Afrique. De Tombouctou à Zanzibar et à la gare Montparnasse avec des tirages grands formats.

Mercy Island par Fethi Sahraoui

En octobre 2016, je me suis rendu sur les camps situés à la frontière sud-ouest de l’Algérie. L’une des premières choses qui a accroché mon regard a été le nombre impressionnant de voitures Mercedes. S’il n’y a pas de chiffre officiel, les habitants s’accordent à dire que ces voitures représentent environ 80% des véhicules en circulation dans ces camps.
Pendant mon court séjour, j’ai donc commencé à documenter certains aspects du quotidien des habitants en me déplaçant parmi les différents quartiers et lotissements de maisons, en observant et en engageant la conversation avec eux.
L’utilisation d’un Smartphone m’a non seulement permis d’être plus à l’aise vis-à-vis des personnes que je photographiais, mais a également mis ces dernières en confiance. Le rapport aux personnes et aux choses était plus simple, plus naturel.
De ce premier travail photographique est née une série autour du quotidien des enfants, de leurs jeux, mais aussi autour de la présence des Mercedes dans l’espace, parmi les constructions et les habitants. C’est ce dernier travail que j’ai souhaité poursuivre et approfondir au cours de mon nouveau séjour en février-mars 2017 sur les lieux.

Fethi Sahraoui, artiste algérien né en 1993, est membre du collectif de photographes 220. Il a exposé en 2016 à l’espace Sylabs (Alger), à l’espace La Baignoire (Alger) en 2015. Il est également lauréat Premier “Jeune talent” de La Quatrième Image (Paris, 2015). 

EXPOSITIONS
Mercy Island
Fethi Sahraoui, lauréat du Prix pour la création contemporaine arabe des Amis de l’IMA
• Du 14 avril au 30 juillet 2017
Trésors de l’islam en Afrique. De Tombouctou à Zanzibar
L’Institut du Monde Arabe
1 Rue des Fossés Saint-Bernard
75005 Paris
https://www.imarabe.org
• Du 10 avril au 31 mai 2017
Gare Montparnasse
75014 Paris

Ephéméride (2016) : Décès de Malick Sidibé

Le photographe malien Malick Sidibé nous quittait il y a un an jour pour jour. Il avait 81 ans.
Ses photographies sont actuellement exposées dans plusieurs expositions du Printemps Africains : Art/Afrique de la fondation Louis Vuitton, L’Afrique en Capitale à Rabat ou encore dans le cadre du festival Photo La Gacilly qui ouvrira ses portes en juin prochain…

Pour en savoir plus :
http://www.magnin-a.com/fr/artistes/presentation/1029/malick-sidibe

L’art contemporain d’Afrique et ses diasporas

Depuis le 1er avril et jusqu’à vendredi, Sotheby’s Paris accueille pour la première fois une sélection d’oeuvres d’art contemporain d’Afrique et de ses diasporas. Une quinzaine d’oeuvres dsont exposées à la galerie Charpentier, de Chéri Samba à Willem Boschoff, en passant par Meschac Gaba, Dominique Zinkpè ou encore Nicholas Hlobo.

Ces oeuvres seront ensuite mises aux enchères le 16 mai, à Londres, au cours d’une vente inédite. Sotheby’s organise en effet sa première vente intitulée « Modern & Contemporary African Art ».

Les Arts d’Afrique et d’Océanie feront écho à cette exposition. Quelques lots phares de la vente du 21 juin à Paris seront ainsi dévoilés. Des pièces contemporaines issues de la vente parisienne des 6 et 7 juin, accompagneront également cette sélection. Citons, entre autres, des oeuvres de Takashi Murakami, Franz West, Martin Barré et Simon HantaÏ.

INFORMATIONS PRATIQUES
Exposition L’art contemporain d’Afrique et ses diasporas
Du 1er au 7 avril 2017
De 10h à 18h
Galerie Charpentier – Sotheby’s
76, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
http://www.sothebys.com
Entrée libre

VENTES A VENIR
• Modern and Contemporary African Art :
Sotheby’s Londres : 16 mai  2017
• Vente d’Arts d’Afrique et d’Océanie :
Sotheby’s Paris : 21 juin 2017