Archives par mot-clé : Provence-Alpes-Côte d’Azur

Cecile Menendez, Premonition : La sorcellerie du quotidien

Derniers jours : l’exposition Prémonition, de Cécile Menendez, à la Friche de la Belle de Mai à Marseille se termine le 29 octobre!

Cécile Menendez égrène doucement les pages d’un roman familial composé d’images réalisées au 24×36 et à l’iphone, entre 2009 et 2016, en différents formats, du très imposant au très intime, et contraste ainsi avec le petit livre qui enchâssait parfaitement son travail comme une boite de reliques précieuses. La vie de famille est montrée composite et magique, un peu sombre, un peu lumineuse, un peu mystérieuse mais aussi un peu douce et un peu triste, conforme à la sincérité de l’intimité de chacun et bien différente des histoires qu’on se raconte. Différents éclairages et différents appareils, différents supports, différents formats, mettent en avant un voyage du quotidien d’adultes et d’enfants entre absence et présence. Un portrait en creux et pleins, avec, comme de nombreuses familles françaises, le drame silencieux d’un bébé mort in utero. Il y a 10 à 15% de fausses couches en France, et les morts in utero en fin de grossesse représentent bien 0,3 à 0,4% des grossesses. Comme une anti annonce faite à Marie, Prémonition fait planer le rêve comme le doute, la lumière comme l’obscurité, les cris comme les chuchotements, le rire comme les larmes.

Exposition coproduite par Le Garage Photographie

INFORMATIONS PRATIQUES
Prémonition
Cécile Menendez
Commissariat : Laura Serani et William Guidarini
/!\ Dernier jours : jusqu’au 29 octobre 2017
La Friche la Belle de Mai
La Salle des Machines, galerie
41 rue Jobin
13000 Marseille
http://www.lafriche.org

Sarah Cardona interroge les Ghostwriter

Les artistes ont cette faculté de nous ouvrir les yeux sur des choses insoupçonnées, imperceptibles. D’interroger la réalité. Ils ont quelque chose de surprenant, de neuf, une démarche créative qui invite à la réflexion et à l’ouverture d’esprit. Celle de Sarah Cardona, jeune artiste de 25 ans, diplômé de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design Toulon Provence Méditerranée (ESADTPM) débouche à une véritable interrogation identitaire. Le travail de Sarah a déjà été exposé l’an dernier à l’Hôtel des Arts de Toulon dans l’exposition « Variables Aléatoires » et en février 2017 à La Garde lors de Thém’Art #5.

Aujourd’hui, elle nous livre une proposition différente liée à une réflexion atemporelle. Derrière le titre de son exposition, Ghostwriter, se cache tout un discours autour de la question du droit d’auteur et de l’identité. L’artiste a accepté de nous parler de cette installation. Visite guidée.

sarah cardona

Affiche de l’exposition « Ghostwriter »

Ghostwriter. Ecrivain fantôme. « Nègre littéraire ». Deuxième plume. Autant de noms pour qualifier les écrivains anonymes, ceux qui écrivent dans l’ombre des autres. Que ce soit des biographies, des articles de blog, de journaux, pour des boutiques, des prospectus…Nous lisons tous les jours des mots et des phrases écrits par des anonymes mais signés par d’autres. Cette notion est au centre de l’installation de Sarah Cardona et se concentre sur l’écrivain JR16-7752, écrivain anonyme (mais amie de l’artiste)  qui travaille à la commande pour des sites ou des particuliers qui ont besoin de textes et inscrite sur le site www.redacteur.com . L’installation prend la forme d’un documentaire sur sa pratique de l’écriture ainsi que sa vision de la création. Ces deux éléments sont aussi importants l’un que l’autre dans sa façon de travailler. Sarah nous explique en quoi consiste le travail d’un écrivain fantôme: « Les écrivains fantômes peuvent écrire sur n’importe quel sujet: magazines en ligne, articles de blog, agence de web, petites annonces…Des textes généralistes à des paragraphes très précis et de sujets futiles à des domaines plus sérieux. Sur le site internet, les clients vont laisser leurs commandes avec leurs consignes (domaine, sujet, nombre de mots et ceux imposés..) et les gens vont candidater. Au final, une personne est choisie. Celle-ci réalise la commande en s’engageant à ne jamais révéler son identité. Ils sont payés pour leur anonymat. Une fois le travail terminé, l’écrivain disparaît et regagne l’obscurité. »

Sarah Cardona

Sarah Cardona au milieu de son installation

Sarah Cardona a commencé l’élaboration de ce nouveau projet en mai à partir de ces réflexions: « Je me suis demandée ce que cela repésentait pour mon amie d’être un auteur, comment elle vivait cette activité-là sachant qu’à côté, elle est journaliste et écrit des histoires. Quel était le côté créatif de ce job? Que signifie être un auteur à ses yeux? » La salle d’exposition ne comporte que quelques éléments évocateurs: une vidéo, un texte et deux livres. « Dans cette vidéo, j’ai posé plein de questions à JR16-7752 (nous ne connaîtrons jamais son véritable nom) et elle me parle de son processus, de ce qu’elle fait, comment elle en est arrivée à faire cela… Puis cet été, je lui ai demandé de me donner des textes qu’elle écrivait pour le site, c’est l’objet du livre blanc. Pendant ce même- temps, j’ai collecté sur ce site des commandes, objet du livre noir. Ce ne sont pas forcément les textes  associés aux articles mais j’ai compilé cela comme une collection. Enfin, je lui ai commandé un texte qui parle de l’exposition, à la manière des commandes auxquelles elle répond. »L’anonymat de JR16-7752– anonymat continue puisque nous verrons son visage mais nous ne connaîtrons jamais son nom-n’est pourtant pas complet. « Son style est reconnaissable et ses choix de commandes en disent longs sur son caractère. JR16-7752 pense qu’ils sont anodins pourtant, ils sont conduits par un hasard et sa « facture » littéraire est décelable dans son écriture ». Cette analyse graphologique est la seule « signature » de l’écrivain fantôme. Dans la vidéo, nous ne voyons que JR16-7752 répondre à des questions, Sarah n’apparaît pas et aucune information précise qui est la réalisatrice. Finalement, l’artiste rend hommage à l’écrivain fantôme puisque elle s’efface devant JR16-7752 qui devient le centre créatif de la vidéo, tout comme elle ne signe pas le texte écrit pour Sarah. L’artiste ne fait qu’agencer les faits de JR16-7752. Elle disparaît pour lui laisser la place. Se pose alors la question de l’identité, du droit d’auteur: qui est l’écrivain? Qui est le créateur? Qui usurpe qui?

sarah cardona

Le livre blanc, compilation des écrits de JR16-7752

 

Sarah cardona

Le livre noir, compilation d’annonces 

Ecrire sous couvert d’anonymat pourrait nous permettre de jeter des mots sur n’importe quel sujet, du plus intellectuel au plus transgressif. Travail à temps plein ou partiel, ces écrivains de l’ombre demeurent une profession mal connue. Quand Sarah Cardona a parlé de son projet à son amie, elle lui a répondu: « C’est bien que tu fasses quelque chose pour parler des gens comme moi ». Effectivement, nous nous rendons compte que nous ne sommes pas forcément au courant de leur existence et Sarah apporte une visibilité à un travail qui ne l’est qu’à demi-mesure. Elle interroge l’identité dans un face à face improbable, la ressemblance physique entre Sarah et JR16-7752 y contribuant:  qui est l’artiste? Qui est l’écrivain? Qui est qui dans cette exposition et qui a réalisé quoi? « Qui est l’auteur? est la question que je pose à travers cette exposition.  Ai-je eu une action ou n’ai-je fait que prendre des choses et les assembler? A partir de quel moment devient-on propriétaire de ce qu’on a fait? » Car  les  petites actions discrètes ne sont pas les plus insignifiantes. En Histoire de l’Art, les petites mains artistiques ont contribué à la réalisation de chefs d’oeuvre. Cette question de l’anonymat dans l’art revient souvent. L’artiste est-il celui qui conçoit ou celui qui fabrique? Cette question presque séculaire revient à la position de l’artiste à la Renaissance et détermine le moment à partir duquel le talent est reconnu. Mais qui doit l’être? Celui qui a l’idée ou le réalisateur de l’idée? Ainsi, l’exposition « Ghostwriter »pose une question universelle de manière ouverte . Quels sont ses enjeux ? Quelle est la place du spectateur face à une telle restitution ? Doit-il croire un artiste sur parole ou rentrer dans la peau d’un enquêteur et débusquer la fiction qui se cache dans la réalité ? Anonymes volontaires ou non, Sarah Cardona nous donne la possibilité d’explorer quelque chose qui nous semble invisible dans notre vie de tous les jours alors remercions-là de nous interroger, de nous éclairer, d’apporter son regard sur ce fait sociétal et de donner de la visibilité et de mettre en lumière ces gens de l’ombre

sarah cardona

INFORMATIONS PRATIQUES
Ghostwriter
Sarah Cardona
Galerie de l’école
Jusqu’au 27 novembre 2017
42 rue Nicolas Laugier
83000 Toulon
Ouvert du mardi au dimanche de 14h à 18h30
Site internet de Sarah Cardona ici

Sandra Hegedüs, marraine de CAMERA CAMERA
1ère édition du salon vidéo à l’hôtel Windsor de Nice

Organisée par l’association OVNi fondée par Odile Redolfi et dans le cadre du la 1ère édition du festival biennal MOVIMENTA, CAMERA CAMERA est un projet totalement inédit en France, associant la vidéo aux espaces de l’hôtel Windsor connu pour son inclinaison vers l’art contemporain à travers sa collection de 31 chambres d’artistes prestigieux. Nouveau volet de cette aventure avec un parcours immersif imaginé d’une chambre à l’autre, en passant par le lobby, le jardin et le spa, l’image en mouvement répondant parfois aux œuvres pérennes déjà présentes.

« En Novembre, les rencontres se feront à Nice, dans les chambres d’hôtels » Sandra Hegedüs, fondatrice de SAM Art Projects

Galerie à l’honneur : Air de Paris
Fondée en 1993 et dirigée par Florence Bonnefous et Edouard Merino la galerie parisienne à travers des choix pointus et exigeants valorise la pluridisciplinarité des mediums et des démarches artistiques. Pour CAMERA CAMERA Air de Paris proposera une installation des artistes Brice Dellsperger et Shimabuku (hall et jardin de l’hôtel).

Projet spécial : SAM Art Project Paris et l’installation vidéo de Assaf Shoshan

Sandra Hegedüs fonde SAM Art Projects en 2009, un projet philanthropique privé de valorisation et soutien d’artistes contemporains à travers un prix récompensant chaque année un artiste français et de résidences d’artistes étrangers à Paris. Marraine de CAMERA CAMERA et présidente du Jury, Sandra Hegedüs a choisit de présenter dans la chambre SAM Art Projects l’installation du photographe et vidéaste Assaf Shoshan « Peines Partagées ».
D’une grande émotion et poésie à partir de ses rencontres avec des compagnes de détenus de la prison de Rebibbia (Rome) l’artiste imagine un dispositif de message filmé qui permet de communiquer au delà des mots par le visage. Bouleversant !

Exposition Pierrick Sorin : les théâtres optiques du 27 octobre au 26 novembre

« Mini-Sorins à l’Hôtel »rassemble le meilleur de l’esprit déjanté et burlesque de l’artiste qui est le personnage principal de ces mises en scène cocasses. Comme dans un hologramme échelle 1 ou diorama d’antan, entre Méliès et Buster Keaton nous assistons à des auto-fictions grinçantes où tout y passe ! Une tendresse surgit au delà de l’humour et l’on se prend vite au jeu.

Tous les ingrédients sont donc réunis dans cette ville de Nice, berceau de la création et des images mouvement, pour faire de ce premier salon en ces chambres d’hôtes fictionnelles, un écrin d’évasion et de voyage intérieur.

Galeries participantes :

Air de Paris (Paris), Analix Forever (Genève), Ceysson & Benetière (Paris), Choi & Lager (Séoul), Double V (Marseille), Dix9 (Paris),Espace à Vendre (Nice),Escougnou-Cetraro (Paris), Les Filles du Calvaire (Paris) Porte Avion (Marseille), Claire Gastaud (Clermont-Ferrand), Eva Hober (Paris), Catherine Isset (Saint-Paul de Vence), La Mauvaise Réputation (Bordeaux), Moving Art (Nice), Michael Petronko (New York), Vincent Sator (Paris), Sintitulo (Mougins), Véronique Smagghe (Paris), Snap project (Lyon), Un-spaced (Paris), Eva Vautier (Nice).

Les Prix du Jury :

Le jury présidé par Sandra Hegedüs (Fondatrice SAM Art Projects), et composé de Ben (artiste), Bernard Chenebault (Président des Amis du Palais de Tokyo), Jean Max Colard (Directeur programmation culturelle Centre Pompidou), Josée et Marc Gensollen (Collectionneurs), Safia El Malqui (Collectionneuse), Olivier Varenne (Co-Directeur des expositions du MONA Tasmanie) et de Françoise et Jean-Claude Quemin (Collectionneurs) remettra les prix du jury de la meilleure chambre éphémère et le prix Ben de la meilleure vidéo.

INFOS PRATIQUES :
CAMERA CAMERA, 1ère édition
salon d’art video et d’art contemporain
Les 25 et 26 novembre 2017
(de 14 à 20h)
Le 24, Journée professionnelle
Hôtel Windsor,
11 rue Dalpozzo
06000 Nice
camera-camera.fr/
http://movimenta-camera.ovni.space/

Association OVNI :
http://ovni.space/

Festival MOVIMENTA 1ère édition dédiée à l’image en mouvement
du 27 octobre au 26 novembre 2017
http://www.movimenta.fr/

Vente aux enchères à Toulon: Focus Arty 3/3

Ce vendredi 13 octobre à 19h aura lieu à Toulon, une vente aux enchères décalée et originale. Rendez-vous Place de l’Equerre où vingt-quatre enseignes du Quartier des Arts proposent à la vente une centaine de lots en partenariat avec l’Hôtel des Ventes de la ville. Cette vente en plein air -mais qui se fait aussi par internet  via le site Interenchères pour celles et ceux qui ne peuvent se déplacer, est une initiative dynamique qui vous permettra de commencer ou de compléter votre collection, en satisfaisant tous les goûts devant l’éclectisme des lots. Nous avions déjà fait trois articles pour présenter l’évènement et ainsi que sur les galeries Aurélie MagnoniLes Frangines et VousCréations Tropicales, la Galerie 15 et les boutiques de créateurs DScréa.art et By LMS. Aujourd’hui, présentation des galeries Galerie Lisa et laGalerie du Canon, ainsi que de l’artiste Stéphanie Jouffret, gérante de la boutique-épicerie Xerri Chéri.

Galerie Lisa

« On ne peut pas se lasser de l’art » déclare Jean-François Ruiz. Passionné et déterminé sont deux adjectifs qui collent à la personnalité du gérant de la Galerie Lisa. Installée au 23 rue Pierre Sémard, cette galerie présente des oeuvres originales, en éditions uniques ou limitées, avec une prédilection pour le street art. Une multiplicité de techniques (acrylique, dessin, bombe aérosol, sculpture…) démontre l’ouverture d’esprit artistique que possède cet homme affable et sa compagne, Pascale Robert. Pour la vente aux enchères, Jean-François et Pascale ont proposé des artistes très appréciés du public. Tout d’abord, deux affiches de Monsieur Z, illustrateur connu et reconnu, (lots n°61 et 63), ainsi qu’une poupée de collection, produite par le designer Jason Wu (lot n°64),  une oeuvre de Franck Bac, un plasticien « touche-à-tout qui aime le détournement subversif visible et invisible » (lot n°62), une peinture de l’artiste seynois Renaud Buvry dit Reno B « dont la création nos entraîne dans un univers fantastique et fantasmagorique », une photographie de Gil Frechet, tirée en 1/10 et signée de l’artiste (lot n°67), et enfin, une toile colorée et voluptueuse du cuersois Franck Cascales, l’ami de toujours (lot n°66).

Jean-François Ruiz et Pascale Robert à l’intérieur de la Galerie Lisa ©Pascale Beroujon

Galerie du Canon

Les Varois connaissent très bien les deux protagonistes aux commandes de la Galerie du Canon, située à l’entrée de la rue Pierre Sémard. Jacques Mikaélian, urbaniste, architecte et collectionneur, est un des initiateurs de cette belle Rue des Arts. Quant à Gilles Altiéri, cet homme a créé et dirigé l’Hôtel des Artsdurant plusieurs années, en ayant réussi le pari d’en faire un des centres d’arts reconnus dans le milieu artistique en France.  De plus, il cumule les postes de commissaire d’exposition et d’artiste peintre -il est exposé à la galerie parisienne La Forest Divonne . Clin d’oeil à l’ancienne appellation de la rue, qui s’appelait autrefois la rue du Canon à cause du fût de canon planté à l’entrée en venant de la Place d’Armes, la Galerie du Canon est un vaste espace de 250 m2  accessible et ouvert à tous sur la création contemporaine. Les expositions temporaires, monographiques ou collectives,  montreront le travail de 14 artistes, reconnus sur le plan international : Arthur Aillaud, Gilles Altieri, Janos Ber, Eric Bourret, Marie-Claude Bugeaud, Margery Clay, Didier Demozay, Jérôme Dupin, Michel Duport, Jérémy Liron, Guy de Malherbe, Serge Plagnol, Klavdij Sluban et Marek Szczesny. Cependant, aucune des oeuvres sélectionnées pour la vente aux enchères n’appartiennent à ces artistes. Les 11 lots présentés (n°77 à 87) sont des photographies de Marikel Lahana, une photographe française basée à Paris. Une des particularités de la Rue des Arts est de proposer une exposition photographique sur ses murs, créant ainsi un espace artistique public à ciel ouvert. « Tous les trois mois, la Rue des Arts accueille une exposition photographique monographique ou thématique. Il s’agit d’un véritable parcours, organisé à l’instar d’un musée d’art contemporain, bénéficiant de multiples cadres installés de façon permanentes sur les façades pour l’accrochage des photographies » précise Jacques Mikaélian. L’exposition « Là où çà danse » a inauguré ce cycle, avec le travail de Lore Stessel et de Marikel Lahana. Ce sont donc  des instantanées de transe chorégraphique, de torsions corporelles, de gestes suspendus, des images devenues danse, saisies par Marikel Lahana que vous pourrez acquérir ce vendredi 13 octobre à la vente aux enchères de la Rue des Arts.

Marikel Lahana, Yutaka Nakata, Répétitions au CNN de Roubaix 2009

Stéphanie Jouffret

Gérante, avec Lorea Lasalde, du bar-épicerie basque Xerri Chéri situé au 17 rue de l’Equerre, Stéphanie Jouffret est une jeune femme souriante qui crée des tableaux composés de papiers froissés collés. Couches après couches, ses collages s’ajoutent, adhèrent, des lignes et des formes apparaissent, et les émotions naissent. Stéphanie saisit l’art d’orchestrer l’abstraction des formes. Pour la vente, elle propose un tableau en papiers collés (lot n°3). A cette occasion, elle a accepté de nous dévoiler un peu de son processus créatif: « La peinture non figurative est toujours, au-delà de la surface, l’entrée dans un ailleurs; et que soit la rigueur que s’impose l’artiste, elle ne nous empêche pas de dériver à l’infini, tantôt nous rapprochant à toucher la toile pour nous engloutir dans un détail, tantôt nous éloignant, pour errer dans un territoire auquel le peintre n’avait pas pensé. Pour ce tableau j’ai utilisé le papier de gravure et joue avec les variations de matière. Parfois au moins quatre actions superposées, couches à la fois se masquant et se révélant les unes les autres, quatre actes successivement occultés mais dont demeure suffisamment la trace pour qu’on puisse déchiffrer, à condition d’en prendre le temps, l’oeuvre de la profondeur à la surface. La superposition et les différentes textures créent de la profondeur, de la densité et donne un sentiment de relief. J’aime la manière aléatoire dont les choses arrivent. La lumière extérieure joue aussi son rôle dans la vision du tableau, puisque les différentes facettes de celui-ci, formées par le papier déchiré, prennent des intensités variables de brillance qui transforment la surface selon l’endroit où se trouve le spectateur. »

Stéphanie Jouffret, Sans Titre

INFORMATIONS PRATIQUES
« La Place de l’Equerre devient marteau »
• Vente aux enchères publiques le vendredi 13 octobre à 19h sur la Place de l’Equerre.
Entrée libre.
• Exposition des lots jusqu’au 13 octobre – 16h – dans les boutiques concernées.
En cas de mauvais temps, la vente aux enchères sera assurée au Port des Créateurs, Place Savonnières
Espèces acceptés jusqu’à 1000 €
CB acceptés sans minimum. Chèques refusés.
Se munir d’une pièce d’identité
Lien vers le site Interenchères ici
Lien vers l’événement ici
Lien vers la liste des lots ici

Retrouvez tout au long de la semaine notre focus sur les oeuvres des artistes et galeristes mises en vente.
Galerie Lisa ici
Galerie du Canon ici
Marikel Lahana ici
Stéphanie Jouffret ici

Toulon : Rémy Kerténian accueille les deux lauréates du Prix HSBC pour la Photographie 2017

Pour la 4ème fois, la Maison de la Photographie de Toulon accueille l’exposition itinérante du Prix HSBC pour la Photographie. Créé en 1995 sous l’égide de la Fondation de France , le Prix HSBC pour la Photographie accompagne tous les ans deux photographes professionnels de talent encore peu connus en les aidant à promouvoir et à valoriser leurs œuvres. Les lauréats 2017 de la 22e édition sont Laura Pannack et Mélanie Wenger. Elles ont été choisies parmi 10 photographes proposés par Maria Garcia Yelo, conseillère artistique et directrice du Festival PHotoEspaña.

Rémy Kerténian, Directeur des Affaires Culturelles de la Ville de Toulon et commissaire des expositions de la Maison de la Photographie, nous parle de cet évènement.

Depuis combien de temps la Maison de la Photographie collabore avec le Prix HSBC?

C’est la 4e fois que nous accueillons le prix à Toulon. Notre première collaboration remonte à 2006 et la dernière en 2013… Cette année-là, l’une des lauréates, Cerise Doucède, était Toulonnaise. Recevoir ses travaux à la Maison de la Photographie était donc incontournable.

Quel regard portez-vous sur le Prix en général et sur les lauréats de cette année?

Le cru est sans cesse intéressant. Le talent et l’univers des photographes retenus sont aussi le reflet des aspiration du jury et de son/sa conseillère artistique. En l’occurrence pour le Prix 2017, Maria Garcia Yelo a œuvré au Musée d’Art Contemporain de Vicente, puis au Centre d’art Reina Sofia, et elle a dirigé PHotoEspaña, très important festival international de photographie qui se tient tous les ans à Madrid de 2015 à 2017. Elle vient d’être nommée directrice du département d’art contemporain pour Christie’s Espagne. Et, depuis 2015, elle dirige PHotoEspaña, très important festival international de photographie qui se tient tous les ans à Madrid. En ce qui concerne les lauréats de cette année, pardon les lauréates, elles sont toutes deux attachées à la photographie documentaire. Une particularité qui permet de croiser les univers sans disperser et déstabiliser le public. Outre un regard sociétal très aiguisé, nos deux photographes ont en commun la tendresse portée sur l’humanité, mais aussi un certain humour le tout avec un talent d’auteur, de conteur.

Pouvez-vous estimer un impact sur la communication et la fréquentation de la Maison de la Photographie au moment de l’exposition des lauréats du Prix HSBC?

L’impact est forcément important. Le Prix HSBC accompagne les photographes mais aussi les structures accueillant leurs expositions à travers leur communication. Celle-ci est donc double et renforce celle déjà mise en place par la Ville de Toulon. Sans présager des fréquentations de l’exposition qui a ouvert vendredi dernier, je suis persuadé que ce sera, comme d’habitude, un des moments privilégiés dans la programmation de la Maison de Photographie cette année.

Les lauréates

Née en 1985, la photographe anglaise Laura Pannack cherche à analyser la relation complexe entre sujet et photographe. Le projet qu’elle présente, Youth Without Age, Life Without Death est « une réponse à un sentiment que j’avais que le temps nous échappe. Dans cette frustration, j’ai décidé de partir en Roumanie où j’ai trouvé par hasard, un conte qui répercute ce concept. Ce conte m’a inspiré pour créer les images qui transmettent un sentiment de la fuite du temps et de la vie. Ce travail est une exploration photographique de personnes, de lieux et de paysages que j’ai rencontrés dans ce pays » . Ce conte est celui de Petre Ispirescu (1830-1887) qui porte le nom de sa série. Le travail de Laura Pannack alterne entre « réalité et fantasme », en montrant que la vie quotidienne est marquée par des rituels issus de ces traditions , »avec la sensation que rien ni personne ne peut y échapper« . Les photographies reflètent de la mélancolie, une certaine empathie envers ces modèles qui signent une certaine fragilité de la vie. Une composition délicate, épurée, irréelle mais saisissante qui pose la question de l’existance fugage de la vie et que , comme le souligne la jeune photographe, « le temps n’est pas notre ennemi, et que ce qui compte, c’est le chemin parcouru et non pas sa durée ». Le second travail présenté est une exposition d’images postées sur chaque semaine sur un blog durant huit ans. « Le concept est simple » précise Laura, « une image et une histoire chaque jeudi. »

Mélanie Wenger est une photographe française de 30 ans qui vit actuellement à Bruxelles.  Son travail est de style documentaire et l’amène à explorer les solitudes humaines.  Elle a choisi de raconter des histoires « d’Hommes, de héros de l’ordinaire, de révéler leur profondeur au travers de l’immédiateté permanente de la photographie ».  Débutée en 2014, sa série  » Marie-Claude, la dame aux poupées »nous plonge dans l’intimité d’une dame isolée en Bretagne. Mélanie raconte: « Je tombe sur Marie-Claude, au bout d’un chemin sans issue dans un lieu-dit perdu des Monts d’Arrée bretons en avril 2014. « Tu viens voir mes poupées ?  » me lance-t-elle, en m’indiquant mon chemin. Dans sa maison de bric et de brocs je découvre un monde que je ne quitterai plus. Qui me hante et m’emplit de joie à la fois. »  Des photographies simples et sensibles, d’une profondeur très sincère, dénuée de tout jugement envers cette femme particulière, à la fois marginale, originale, émouvante et attachante. La photographe s’enchante de cete reconnaissance car « grâce au Prix HSBC, Marie-Claude deviendra une monographie et une exposition, et je pourrai donner à ce travail la « vie «  que je lui souhaitais. »

Le concours annuel pour participer au Prix HSBC pour la Photographie est ouvert de septembre à novembre à tout photographe n’ayant jamais édité de monographie, sans critère d’âge ni de nationalité. Chaque année, un nouveau conseiller artistique présélectionne une dizaine de candidats. Il présente alors ses choix au Comité exécutif qui choisit les deux lauréats. C’est Raphaëlle Stopin, coordinatrice des photographes et commissaire des expositions du Festival Interntional de Mode et de Photographie de Hyères qui a été nommée pour désigner les 10 nominés de la 23ème édition, dont les deux lauréats seront connus en janvier 2018. Les lauréats se verront récompenser d’une exposition itinérante de leurs travaux, d’une monographie de leurs oeuvres, d’une production de nouvelles oeuvres et enfin, six photographies intègreront le fonds HSBC France. Les monographies de Laura Pannack et de Mélanie Wenger ont été publiées cet été aux éditions Actes Sud.

INFORMATIONS PRATIQUES
Prix HSBC pour la Photographie 2017
Laura Pannack et Mélanie Wenger
Du 6 octobre au 04 novembre 2017
Maison de la Photographie
Place du Globe
83000 Toulon
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h

A VENIR (Exposition Itinérante)
Laura Pannack & Mélanie Wenger
Lauréates 2017 du Prix HSBC pour la Photographie
> Du 10 novembre au 9 décembre 2017
Arrêt sur l’Image Galerie
Cours du Médoc
33000 Bordeaux

En savoir plus :
http://prixhsbc.evenium.com
http://laurapannack.com
http://www.melaniewenger.be

A Lire :
Interview avec Mélanie Wenger
Interview avec Laura Pannack

Vente aux enchères à Toulon: Focus Arty 2/3

Ce vendredi 13 octobre à 19h aura lieu à Toulon, une vente aux enchères décalée et originale. Rendez-vous Place de l’Equerre où vingt-quatre enseignes du Quartier des Arts proposent à la vente une centaine de lots en partenariat avec l’Hôtel des Ventes de la ville. Cette vente en plein air -mais qui se fait aussi par internet  via le site Interenchères pour celles et ceux qui ne peuvent se déplacer, est une initiative dynamique qui vous permettra de commencer ou de compléter votre collection, en satisfaisant tous les goûts devant l’éclectisme des lots. Nous avions déjà fait deux articles pour présenter l’évènement et les galeries Aurélie MagnoniLes Frangines et Vous et Créations Tropicales. Aujourd’hui, présentation des boutiques de créateurs DScréa.art et By LMS, ainsi que de la Galerie 15.

DScréa.art

C’est une boutique de créateurs aux multiples facettes que nous découvrons au 15 rue Pierre Sémard. Nous avions parlé de ce grand espace lors de son ouverture en avril 2017 sur le blog Art In Var. Cette galerie a pour but de promouvoir et de vendre le travail d’une vingtaine de créateurs, dont celui de Sonia, la gérante, qui fabrique des bijoux. Elle nous parle des objets qu’elle a sélectionnés pour la vente aux enchères: « Nous avons souhaité proposer un éventail d’objets reflétant ce que nous proposons en boutique. Le sac XXL est un modèle unique de chez Mise à sac (lot n°39). Sa créatrice Cathy possède son atelier à l’arrière de la boutique. J’ai choisi aussi  une lampe industrielle de chez Ambiance d’Antan (lot n°42) , la toile d’un jeune artiste, Sandrot, issu du street painting et qui s’est spécialisé dans les animaux (lot n°43). Geckoo est un jeune illustrateur qui détourne les super héros. Il proposera à la vente une wonderwoman, le premier de sa série (lot n°40). Puis, nous avons sélectionné un superbe sautoir en galuchat (lot n°41) de Dahoe Création. Céline est l’une des rares créatrices en France à utiliser le galuchat en bijoux. Enfin, Camille, créatrice de la marque Aeternel, réalisera en live une robe en crochet au moment de la vente (lot n°44) et l’artiste Tomax  peindra une toile dès 13h pour ête proposée, encore fraîche, à la vente (lot n°45) ». Rappelons que DScréa.artne sélectionne que des artistes du sud de la France afin de faire valoir l’impulsion créative de cette région.

Dscreaart

Sonia dans sa boutique où il est difficile de résister à la tentation.

By LMS

Installé au n°18 rue Pierre Sémard, le Pop Up Store…By LMS est à la fois une boutique pour la collection textile de la marque By LMS, une marque 100% bio , made in Toulon et qui encourage une mode bienveillante et éco-responsable, un lieu de diffusion de petit mobilier design en bois éco comme la marque Happy Souls Garden ainsi qu’une galerie d’exposition. Depuis son ouverture, il expose le photographe toulonnais André Féraud, un artiste autodictate aux multiples facettes. Géraldine la gérante nous explique: « Nous adorons son univers . Il est très novateur sur sa vision et donne juste un indice qui est le titre de son oeuvre afin de nous  libre à nous ensuite de laisser notre imaginaire prendre le pas. Nous sommes maîtres de ce que nous voyons et interprétons. Ses photos sont de l’instantané et André n’a nullement recours à des logiciels. Nous avons sélectionné un échantillon le plus représentatif de ce qu’il est, de son univers et ce qu’il propose. » Ses photographies composent les lots n°52 à 55.

Galerie 15

La Galerie 15 est une galerie associative consacrée à la photographie contemporaine. Fondé par Pierre-Jean Rey, photographe toulonnais, et installée au 10 rue Pierre Sémard, la galerie présente chaque année les œuvres de quatre jeunes photographes, sélectionnés à l’international, notamment de pays défavorisés. Chacun d’eux sera invité en résidence d’artiste dans la cité du Levant durant trois mois et travaillera à créer une série photographique exposée ensuite dans la galerie. Actuellement, vous pouvez découvrir le résultat de la résidence de la jeune cambodgienne Rotha Suong, « Moments » , qui montre des « tranches de vie », des scènes sincères et heureuses. Pour la vente aux enchères, la sélection a porté sur des photographies représentatives du travail de la galerie comme une photographie de Pierre-Jean Rey (lot n°7) et de la photographe Sophie Protat, membre de l’association (lot n°6) mais aussi un clin d’oeil à  la ville de Toulon à travers des oeuvres des photographes toulonnais Marius Bar (1862-1930) (lot n°5) et  Georges Portal (lot n°8 à 10).

Georges Portal, Le Port de Toulon en 1930

INFORMATIONS PRATIQUES
« La Place de l’Equerre devient marteau »
• Vente aux enchères publiques le vendredi 13 octobre à 19h sur la Place de l’Equerre.
Entrée libre.
• Exposition des lots jusqu’au 13 octobre – 16h – dans les boutiques concernées.
En cas de mauvais temps, la vente aux enchères sera assurée au Port des Créateurs, Place Savonnières
Espèces acceptés jusqu’à 1000 €
CB acceptés sans minimum. Chèques refusés.
Se munir d’une pièce d’identité
Lien vers le site Interenchères ici
Lien vers l’événement ici
Lien vers la liste des lots ici

Retrouvez tout au long de la semaine notre focus sur les oeuvres des artistes et galeristes mises en vente.

Dscréa.art ici
By LMS ici
Galerie 15 ici

Signatures fête ses 10 ans avec deux expositions
Rencontre avec les deux fondatrices

Frédérique Founès et Marie Karsenty ont créé Signatures, maison de photographes il y a dix ans. Cette agence, elles l’ont pensée différemment dès sa création, en développant un modèle s’adaptant aux nouvelles pratiques de la photographie et à ses marchés. Une décennie est passée, et aujourd’hui l’agence représentent 50 photographes auteurs. Un anniversaire qui se célèbre au travers de deux expositions : la première s’est ouverte le 30 septembre dernier à l’Oeil en Seyne et la seconde s’inaugure à Paris ce soir même à Paris, dans les nouveaux locaux de l’agence.
Rencontre avec deux femmes courageuses.

Mowwgli : En 2007, vous décidez d’ouvrir Signatures, maison de photographes. Pouvez-vous nous raconter la genèse du projet ? 

Signatures, maison de photographes a été fondée il y a 10 ans au regard de nos expériences professionnelles et de l’évolution du marché de la photographie, entourées de 40 photographes majoritairement documentaires.

Nous avons choisi de créer une structure autour d’écritures affirmées, du photojournalisme à la photographie plasticienne, gardant une pluralité d’approches centrées sur la volonté de documenter la société contemporaine.

Nous avons pris pour bannière le nom de Signatures, pour affirmer le parti-pris des auteurs.

Frédérique a occupé le poste de responsable des relations presse des Galeries photo de la Fnac puis celui de responsable marketing de l’association des petits frères des Pauvres. Elle a travaillé conjointement pour l’association « Pour Que l’Esprit Vive » au sein de laquelle elle était en charge des relations presse et de la production des expositions de la galerie « Fait & Cause ». Elle a rejoint l’agence Editing en tant que directrice des projets culturels.

Marie a travaillé au service photo de l’édition lyonnaise de Libération tout d’abord comme archiviste et tireur puis éditeur photo. En 1988, elle a participé à la création de l’agence Editing. Pendant 18 ans, elle a été iconographe, responsable du fonds d’archives, puis de la création du serveur d’images

Mowwgli : Vous préférez nommer Signatures comme une « maison de photographes » et non comme « agence », une raison à cela ?

A la création de Signatures, nous avons repensé le modèle de l’agence pour l’adapter aux nouvelles pratiques de la photographie et de ses marchés, en gardant en ligne de mire les regards des photographes que nous représentons.

Nous utilisons le terme de maison de photographes car Signatures est un diffuseur d’images, mais aussi un lieu d’échanges où les auteurs sont accompagnés pour monter leurs projets.

Signatures est une entreprise légère, loin des modèles attendus dans notre profession.

Nous sommes cependant présents sur de nombreux terrains grâce à notre savoir-faire et des collaborations régulières avec des prestataires, documentalistes, scénographes, graphistes, réalisateurs etc. qui nous permettent de porter des projets ponctuels dont nous restons cependant toujours maîtres.

Mowwgli : En 10 ans, comment a évolué votre métier ? 

Il y a dix ans, nous pensions que l’avenir de la presse se trouvait en partie en ligne. sur les sites des journaux et magazines.

Ce glissement du papier au numérique ne s’est pas monétisé. Si la presse reste l’une de nos préoccupations, car elle permet de diffuser largement le regard de nos photographes et participe à l’histoire qui se construit en partie avec leurs images, nous sommes obligées de nous tourner vers d’autres marchés : institutions, entreprises, collectivités et même le grand public.

Nos photographes ont développé des travaux sur le long terme que nous exploitons ailleurs que dans la presse.

Mowwgli : En décembre dernier vous et d’autres agences photo avez rédigé une lettre ouverte à destination des groupes de presse pour dénoncer les nombreux impayés et les longs délais de rémunération, est-ce que cette action a rapporté ses fruits ? Qu’en est-il aujourd’hui ? 

Grâce à cette action collective, inédite, nous avons pu obtenir un rendez-vous avec les représentants du Ministère de la Culture et les groupes de presse qui tardaient à payer ont réglé une partie de leurs arriérés. Le Ministère de la Culture s’est engagé à effectuer un suivi, avec des rendez-vous réguliers. Mais nous restons tous très vigilants car rien n’est jamais acquis en la matière.

Mowwgli : Une décennie après la création de Signatures, vous avez emménagé dans le 11ème arrondissement de Paris avec un espace d’exposition qui accueille votre exposition « Dix sur Dix, choral ». Quel rôle jouera cet « espace des Fabriques » ? 

L’Espace des fabriques est une entreprise indépendante destinée à la création d’évènements qui accueille Signatures en résidence permanente. Cet espace nous donne l’occasion de proposer de nouveaux services aux photographes, au public et de créer des évènements autour de la photographie.

Pour l’exposition « Dix sur Dix, choral », les photographes de Signatures ont réagi à un texte de Marie Desplechin écrit pour le 10e anniversaire de notre maison. Ils ont travaillé cet été pour une restitution du 11 octobre au 12 novembre sur les murs de l’Espace des fabriques.

Nouvellement créé dans le 11e arrondissement, ce lieu peut être par ailleurs loué pour différentes manifestations temporaires.

Mowwgli : Vous représentez et diffusez 50 photographes, comment avez-vous opéré cette sélection ? Quels sont leurs profils? Êtes-vous ouvertes aux nouvelles candidatures ?

Nous représentons des auteurs choisis pour leur écriture photographique et leur talent. Notre spectre est large, composé de personnalités aussi différentes que celles de Patrick Bard, Raphaël Helle, Florence Levillain, Johann Rousselot,  photographes documentaires, Renaud Bouchez, Luc Choquer, Xavier Lambours, portraitistes, des photographes émergents comme Nadège Abadie, Jérémie Jung et Mathieu Farcy ou Bernard Plossu que l’on ne présente plus. Cette liste n’étant bien entendu pas exhaustive.

Tous nous aident à penser autrement le monde qui nous entoure.

Nous souhaitons rester une entreprise à taille humaine, mais nous ne sommes pas fermées à de nouvelles rencontres.

INFORMATIONS PRATIQUES
• Dix sur Dix, choral
44 photographes autour d’un texte de Marie Desplechin
Du 11 octobre au 12 novembre 2017
L’Espace des Fabriques
70, rue Jean-Pierre Timbaud
75011 Paris
• Dix sur Dix, 10 regards pour 10 ans de photographie
Du 30 septembre au 12 novembre
Dans le cadre du festival l’Oeil en Seyne
Villa Tamaris
La Seyne-sur-Mer
http://signatures-photographies.com

Vente aux enchères à Toulon: Focus Arty 1/3

Ce vendredi 13 octobre à 19h aura lieu à Toulon, une vente aux enchères décalée et originale. Rendez-vous Place de l’Equerre où vingt-quatre enseignes du Quartier des Arts proposent à la vente une centaine de lots en partenariat avec l’Hôtel des Ventes de la ville. Cette vente en plein air -mais qui se fait aussi par internet  via le site Interenchères pour celles et ceux qui ne peuvent se déplacer, est une initiative dynamique qui vous permettra de commencer ou de compléter votre collection, en satisfaisant tous les goûts devant l’éclectisme des lots. Nous avions déjà fait un article pour présenter l’évènement. Nous allons maintenant vous présenter quelques artistes et galeristes qui composent ce Quartier des Arts et qui vous proposent des lots remarquables. Aujourd’hui, focus sur trois galeries: Aurélie MagnoniLes Frangines et Vous et Créations Tropicales.

Galerie Aurélie Magnoni

Je l’avoue, je suis incapable de parler de l’oeuvre d’Aurélie Magnoni en tout objectivité car c’est une artiste que j’aime particulièrement, à la fois pour sa sensibilité, son humanité, son travail minutieux et les émotions qu’on ressent en regardant ses toiles. L’an passé, elle avait donné une interview pour Art In Var dont le titre était « Aurélie Magnoni: la peinture humaine »: « Sa peinture à fleur de peau vibre à la même fréquence que l’être humain. On se sent happé, on fait corps avec ses toiles. Ses oeuvres énergétiques nous émeuvent et nous transportent dans un monde sensible, lumineux et vibrant. »  C’est ce qu’évoque les toiles Sombra, De Lumière, Ouverture et L’attente, qui composent les lots n°57 à 60 de la vente. La toile L’âme d’une foule (lot n°56) a été réalisée lors d’un live painting durant le week-end d’inauguration de la Rue des Arts en mai dernier et les mots écrits dessus sont ceux donnés par les passants. Une toile participative où nous retrouvons toujours la technique picturale d’Aurélie: plusieurs couches de peinture, des coulures et un bleu lumineux, « le bleu Aurélie »!

Aurelie Magnoni

L’artiste Aurélie Magnoni dans sa galerie-atelier du 21 rue Pierre Sémard.

Les Frangines et Vous

Cet hybride space, situé au 20 bis rue Pierre Sémard, est un lieu à la fois d’exposition et de création. Les Frangines, ce sont deux soeurs Lisa la plasticienne et Davia Fardelli la styliste et modèliste et toute la passion et l’énergie qu’elles mettent dans ce lieu est communicatrice. Chaque mois, elles nous proposent de nouveaux artistes qui expérimentent toutes les techniques: peinture, céramique, bois, dessin, terre cuite…Cette pluralité et cette ouverture confèrent à cette galerie un esprit unique dédié à la création. Lisa a signé l’affiche de la vente aux enchères et nous parle des lots mis en vente: « De ma production, j’ai mis aux enchères la recherche graphique de l’affiche ainsi qu’une dizaine de cartes originales et uniques à l’encre et à l’aquarelle (lot n°22), une sculpture céramique en terre cuite de 60 centimètre de diamètre, Terre (lot n°23), un grand format de ma dernière série de peinture Incendie 2017, réalisé pendant les incendies de cet été (lot n°25) et enfin une aquarelle intitulée Lever de soleil (lot n°24) ». Ses oeuvres livrent ainsi une interprétation personnelle, poétique de notre condition humaine. Les autres lots concernent des artistes qui ont exposés cette année chez Les Frangines: une toile d’Olivier Gianotti dit Pozde (lot n°27) ainsi qu’un dessin d’Emmanuel Baudoux dit DeezOne (lot n°26). L’ensemble des oeuvres proposées montre la pluralité des médiums choisis comme autant de possibilités créatives existantes.

Charnier_intestinal_2008-2009

Lisa Fardelli, Terre, 2009, ensemble de sculptures sphériques

Galeries Créations Tropicales

Située en face de la galerie Les Frangines et Vous, la galerie Créations Tropicales est un espace plaisant et métissé qui vibre au rythme des coups de coeur de son gérant Nicolas Smalcerz. Passionné par les artistes îliens, Nicolas expose des peintres guadeloupéens, martiniquais, cubains, haîtiens…Ce lieu est une invitation au voyage tout en découvrant une peinture très figurative, minutieuse, naîve et délicate, comme le montrent les toiles des deux artistes qu’il a choisis pour cette vente aux enchères. Les lots n°46 à 50 sont des oeuvres de Sylvie Marcel. Vivant actuellement dans le sud de la France, Sylvie Marcel est une artiste reconnue qui a obtenu de nombreux prix et médailles. « Chaque tableau comporte des détails minutieux, des scènes peuplés de personnages qui se croisent et d’enfants qui jouent. Tout cela raconte une histoire, dans une ambiance poétique et sereine et débordant de joie de vivre » nous explique Nicolas Smalcerz.

sylvie marcel 27 x 35 cm

Sylvie Marcel, Montgolfière au gré des vents

L’autre artiste est Marius Amorin Ferreira de Moraes, un peintre brésilien « un naîf moderne » comme le décrit Nicolas. Ses oeuvres se traduisent par des images du paradis que représente la forêt de l’ Atlantique, la Mata Atlântica au Brésil. Oiseaux, indigènes, il donne à voir la réserve naturelle de la Jureia dans toute sa beauté. Des tableaux composés à partir de son vécu auprès des pêcheurs ou dans la forêt. L’artiste séduit les connaisseurs du monde entier (américains, français, israëliens, japonais…) sûrement grâce à un style qui « interprète la réalité avec une sincérite visuelle extrême. Son style est marqué par des couleurs brillantes, vives,une forte imagination et un art de la synthèse ».

louis marius amorin ferreira de moraes

Marius Amorin Ferreira de Moraes, Gargas Blancas

INFORMATIONS PRATIQUES
« La Place de l’Equerre devient marteau »
• Vente aux enchères publiques le vendredi 13 octobre à 19h sur la Place de l’Equerre.
Entrée libre.
• Exposition des lots jusqu’au 13 octobre – 16h – dans les boutiques concernées.
En cas de mauvais temps, la vente aux enchères sera assurée au Port des Créateurs, Place Savonnières
Espèces acceptés jusqu’à 1000 €
CB acceptés sans minimum. Chèques refusés.
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Aurélie Magnoni ici
Lisa Fardelli ici et Les Frangines ici
Pozde ici
Deezone ici
Les artistes de la galerie Créations Tropicales ici

Toulon : Vente aux enchères de la Rue des Arts

Inaugurée le 12 mai 2017, la Rue des Arts est une artère dédiée à l’art et l’art de vivre au coeur du centre historique de Toulon. Transformée en un parcours de découverte, la rue Pierre Sémard est devenue un lieu dynamique où le visiteur pourra satisfaire  toutes ses envies: des boutique artisanales, des galeries, des lieux d’expositions, des boutiques de déco, de créateurs…Plus généalement, le Quartier des Arts, qui regroupe la Rue des Arts, la « petite » et la « grande » Place de l’Equerre, compte une offre commerciale ingénieuse et originale, créative et unique. Un quartier festif et ouvert où les commerçants rivalisent d’ingéniosité pour fidéliser ses visiteurs : performance, Jeudi Be Arty, vernissages…et prochainement, une vente au enchères à ciel ouvert, à l’heure de l’apéro!

Karine Bizien, une femme authentique et dynamique, propose les lots n°32 à 36: un coffret Louis Vuitton, un sac Cherry Blossom Louis Vuitton, des chaussures Gucci et Chanel ainsi qu’un sac Hermès.

L’idée de cette vente est venue de Karine Bizien, gérante du magasin Seconde Chance –« un dépôt-vente pour rencontrer l’autre » et a été coordonnée par Julien Mermillon, qui dirige avec sa compagne Hélène Bernardeau la boutique Chic Planète, un café-brocante vintage qui propose des cours de couture. Mais loin d’être une manifestation décalée, cette vente aux enchères répond aux critères imposées dans chaque salle des ventes. Réalisée sous l’égide de l’Hôtel des Ventes de Toulon, la vente sera encadrée par deux commissaires priseurs, Maître Trévoux et Maître Maunier. Le catalogue de 100 lots, réalisé par Maître Trévoux., comporte « des lots très éclectiques » commente Maître Maunier,  » des tableaux, des objets vintage, des bouteilles, de la déco…Des lots très représentatifs des boutiques installées dans ce Quartier des Arts. » De plus, Maître Maunier se félicite de « participer à la valorisation de ce Quartier en soutenant l’ambition d’une alternative si intéressante. En effet, nous créons l’évènement car il n’existe aucun précédent de ce genre. Cela permet de proposer une vente différente à notre clientèle habituelle, tout en attirant une autre clientèle, peu habituée à de l’Hôtel des Ventes, par le choix du lieu en extérieur et des lots modernes et contemporains. Enfin, nous soutenons aussi cette initiative en ayant consenti à réduire nos frais, qui seront exceptionnellement de 5% au lieu de 24% pratiqués dans une salle des ventes. »

La chance sera au rendez-vous ce vendredi 13 octobre à 19h sur la Place de l’Equerre, pour repartir avec un ou plusieurs des 100 lots qui composent le catalogue. Et pour ceux qui ne pourraient pas se placer, vous aurez la possibilité de surenchérir via internet et le site Interenchères, un site référent et compétent en la matière. Parmi les nombreux lots à acquérir, notons du mobilier vintage (Le Petit Chicago, le Street Bar, Twiggy Café ) et moderne (Initio, Le Carré du Globe )des oeuvres d’art (Terre d’Arum, Les Frangines et Vous, DSCréa.Art, Galerie Lisa) , des tableaux (Galerie Créations Tropicales, Galerie Aurélie Magnoni), des photographies (Galerie 15, By LMS, Galerie du Canon) , des bouteilles de crus classés (Etc…), des paniers garnis (Xerri Cheri), des bijoux, des produits de beauté (Je Me Chouchoute), des casques audio (Son et Technique), des vêtements (Seagale, Seconde Chance) , des livres anciens (Le Brun-Noir), du chocolat (Ma Petite Chocolaterie), des affiches (Chic Planète) et même des cours de pâtisserie! Pour tous les goûts, tous les budgets et tous les plaisirs: soyez curieux et osez la vente aux enchères de la Rue des Arts!

Retrouvez tout au long de la semaine notre focus sur les oeuvres des artistes et galeristes mises en vente.

INFORMATIONS PRATIQUES
« La Place de l’Equerre devient marteau »
• Vente aux enchères publiques le vendredi 13 octobre à 19h sur la Place de l’Equerre.
Entrée libre.
• Exposition des lots jusqu’au 13 octobre – 16h – dans les boutiques concernées.
En cas de mauvais temps, la vente aux enchères sera assurée au Port des Créateurs, Place Savonnières
Espèces acceptés jusqu’à 1000 €
CB acceptés sans minimum. Chèques refusés.
Se munir d’une pièce d’identité
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2èmes Rencontres d’Art Contemporain à Saint-Maximin

C’est dans le prestigieux cloître de la basilique Sainte-Marie-Madeleine à Saint-Maximin-La Sainte-Baume, chef-d’oeuvre gothique du XIIIe sècle, que se tiendra, les 07 et 08 octobre 2017, les 2e Rencontres d’Art Contemporain. Dédiées à  la peinture et à la sculpture, ce rendez-vous artistique se veut être un moment d’échanges et d’ouverture de l’art contemporain vers le public. Présentation de ce qui vous attend ce week-end.

Né d’une volonté de partage et de curiosité tout en développant un territoire riche, ces Rencontres sont un moment convivial où le public pourra découvrir et discuter avec les artistes et les galeristes présents. En parallèle de cette manifestation se tiendront des projets de happening comprenant conférences, temps musicaux, théâtre et danse. De quoi partager un moment festif et artistique.

Cette seconde édition comptera 45 artistes et galeristes dont voici la liste: Bernard Autin, Galerie Patrick Bartoli, Frédéric Bonora, Mademoiselle Blue, Gérard Braguy, Tarita, Patrick Conzett, Camille Fons Czernik, Eric Di Fruscia, Eldekan, David Drioton, Josselin Dupuis, Gilles Duran, Daniel Fischbach, Laurence Gallard, Emile G, Bege, Christine Heimier, Evalhyn, Laurens Heurtebise, Marc Ingoglia, Audrey Le Moustarder, Lekann, Gérard Lecocq, Cris Levere, Philippe Lezer, Sandra Mauro, Hubert Millet, Sybille Narbutt, Isabelle Peirone, Sufyr, Cathy Posson, Michel Potier, Claude Printemps, Geist, Pierre Rolland, Cecile et Lufti Romhein, Galerie Serpentine, Galerie Stammegna, Catherine Villa, Dominique Villain, Yannick Vinet, Michèle Volsy, Adeline Weber-Guibal, Pierre Ziveri.

Marc Stammegna, galeriste et directeur de la Fondation Monticelli, est un grand spécialiste de l’oeuvre et de l’histoire du sculpteur marseillais César (1921-1998). Il a généreusement prêté 6 oeuvres de cet illustre artiste pour ces Rencontres, placées sous le signe d’un hommage à César. Aussi, la présence de la Galerie Patrick Bartoli est remarquée. Cette fameuse galerie marseillaise expose des artistes confirmés et jeunes, ainsi que des créateurs en devenir. En son nom et par son expertise, ce spécialiste de renom en art contemporain propose de présenter cinq de ces artistes : Guy Ferrer, Guillaume Couffignal, Stéphane Raynal, David Thelim et Giuseppe Zoppi.

Des associations artistiques, partenaires de l’évènement, seront réunies dans l’espace Éclats d’Art: Arc en ciel présente le sculpteur Raoul Riss, Archipel des arts présente l’artiste peintre Liliane Angelin, Artemporel présente l’artiste plasticienne Aurélie Bellon , Aurélia  présente la sculptrice Myriam Retif. Enfin, il faut noter la présidence d’honneur de Hubert Garnier, sculpteur de renommée internationale dont l’oeuvre est caractérisée par  un jaune typique appelé « jaune-garnier ». Cet esthète est le fondateur du Jardin de Sculptures de Châteauvert, qui a fêté ses 30 ans cette année et du Centre d’Art Contemporain qui le jouxte. Ce passionné ne cesse de dire que « beaucoup de gens n’ont pas compris que la seule chose qui reste : c’est l’art ».

Vous l’aurez compris: ces Rencontres sont un bel évènement où l’art vient chercher ses publics autre que dans les grandes métropoles et prouvent que chaque territoire possède un élan créatif. Que l’on soit amateur ou non, le visiteur ne manquera pas cette flânerie artistique dans le cloître et le réfectoire  de ce superbe monument classé. Des Rencontres qui amèneront le spectateur à découvrir, s’émerveiller, acheter ou amener à la réflexion, comme le conclue Hubert Garnier: « L’art actuel authentique doit déranger, inciter à la réflexion, dévoiler les retards, l’oeuvre doit nécessairement susciterun examen de conscience….L’art est nécessaire. »

INFORMATIONS PRATIQUES
Les 2e Rencontres d’Art Contemporain
Vernissage le 07 octobre à 11h30
Couvent Royal
83470 Saint-Maximin-La-Sainte-Baume
Ouvert du le samedi 7 octobre de 10h à 18h  et le dimanche de 10h à 19h
Entrée libre