Archives par mot-clé : Residence

Résultats de la Résidence des Rencontres de la jeune photographie internationale – Niort

Les jeunes photographes sélectionnés cette année sont entrés en résidence à la fin du mois de mars. Accompagnés par la conseillère artistique, Corinne Mercadier, les artistes ont travaillé sur un projet artistique personnel 15 jours durant… Depuis le 7 mars, les visiteurs ont pu découvrir les travaux qui avaient été présentés au jury et depuis le week-end dernier, ce sont les nouvelles images réalisées à Niort, lors de la résidence, qui sont visibles par le public.

Une vraie course contre la montre pour ces jeunes auteurs. Réaliser en 15 jours, une série, ou l’ébauche d’une série photographique, en faire un editing cohérent, réaliser les tirages avec l’équipe technique et mettre en place une scénographie pour l’exposition qui se tient à l’hôtel de ville de Niort relève presque de l’exploit !

Aujourd’hui, nous vous dévoilons deux images réalisées par les photographes résidants de cette édition 2018 et les vues des espaces d’exposition accompagnées de leur projet.

Manon Lanjouère – L’attrait de la lumière

Exposition In Situ de Manon Lanjouère, Niort 2018 © Didier Goudal

Aujourd’hui en résidence artistique à la Villa Pérochon, je décide lors de ces deux semaines de travailler sur la lumière, notion immatérielle, quasi impossible à représenter. Celle qui est à l’origine de notre pratique artistique, l’agent permettant la réalisation de photographies, sera alors le sujet même de mon projet.
Après plusieurs jours de recherches et conseillée par Jean-Luc, j’approfondis ma démarche en allant voir les objets scientifiques de la collection du musée d’Agesci. J’y découvre des microscopes composés, des prismes de Newton et autres objets hybrides. La suite de ma visite me conduit à la bibliothèque scientifique du musée. Après une prise de rendez-vous avec la conservatrice, j’ai pu accéder à la collection d’écrits et y découvre que cinquante années plus tôt, un jeune physicien s’installa à Niort pour étudier la lumière. Je mène l’enquête et pars à la recherche de ce savant dans l’espoir de pouvoir le rencontrer.
Déçue d’apprendre le décès du professeur Mesuras, je fus néanmoins capable de trouver son fils, toujours établi à Niort et qui accepta de me raconter l’histoire de son père.
Avec cette série appelée L’Attrait de la lumière, je vous invite à découvrir ce personnage inconnu à travers des documents que sa famille m’a autorisé à utiliser.
Mort prématurément, il n’a jamais pu terminer son ouvrage dont j’ai repris le titre ici, mais son laboratoire ne fut jamais détruit et peut toujours être visible à la périphérie de Niort.

Lisa Gervassi : Atopie

Exposition In Situ de Lisa Gervassi, Niort 2018 © Didier Goudal

Du grec, a- privatif (sans) et topos- (lieu) : sans lieu, ou déplacé, mal placé.
À la fois complice et traîtresse, la peau nous protège autant qu’elle nous révèle.
Surface de possibilités et de mémoire, elle est le système de protection de notre individualité et le principal lieu d’échange avec le monde extérieur.
Cet entre-deux, espace soumis aux influences de forces opposées, voire contradictoires, nous circonscrit et nous permet de répondre à une nécessité vitale : celle de la croyance en l’identité et en la continuité de soi.
Confrontés à la dualité de cette interface (vulnérabilité / protection, plénitude / vide, fusion / séparation, plaisir / souffrance, constance / changement…), nous vivons pourtant à la recherche d’un équilibre, d’un idéal, d’une place à soi.
En suivant la route de la peau à Niort, la rencontre avec une femme, qui a été mon modèle pour cette recherche photographique, et la découverte du vocabulaire propre à l’industrie gantière m’ont amenée à aborder les notions de limites dedans / dehors, mais aussi à explorer la peau comme matériau plastique, comme interface entre le monde intérieur et extérieur, et comme manifestation de leur confrontation.

Negar Yaghmaian : Home from elsewhere

Exposition In Situ de Negar Yaghmaian, Niort 2018 © Didier Goudal

Je suis là. Loin de chez moi. De mon pays. Un endroit partageant peu avec la ville dans laquelle je vis, ma ville natale, Téhéran.
Je commence ma journée en lisant des messages, de courtes conversations avec ma famille et amis, ce qui est toujours très encourageant pour ensuite lire les actualités et avoir une idée sur ce qu’il se passe dans mon pays. Très vite, je me trouve accablée par ce flot de nouvelles inquiétantes.
Déroutée et confuse par tous ces sentiments doux-amers, je vais dehors, explorer cette nouvelle ville, marchant dans les allées, traversant des ponts.
Mes sentiments et pensées se dirigent vers mon pays. Je ne peux pas me détacher entièrement d’où je viens, et de manière inattendue ce qui traverse mon esprit vient se présenter sous mes
yeux.
Maintenant, même de tous petits détails donnent naissance à de nouvelles significations.
L’odeur des morceaux de bois brûlés m’évoque les incendies qui se sont récemment produits dans la forêt au nord de l’Iran. Une miche de pain fait le lien avec une grève de la faim.
Et je pense à ma grand-mère lorsque je rencontre cette vieille femme lors de mes promenades nocturnes, qui me raconte les histoires de sa famille.
Comme si tout ce que j’ai pu voir durant ce séjour était une allusion à ce qui se passe dans mon pays.
Je suis là, regardant ce qui se passe ailleurs et j’alimente mon imagination de ce qui se passe là-bas.

Laura Bonnefous – Les choses

Exposition In Situ de Laura Bonnefous, Niort 2018 © Didier Goudal

Marcher sur la morale. Boire du thé noir enveloppé de rouge et d’or. Transformer son prince en grenouille. Lire Colette. Poursuivre son plan. Et respecter la vérité. Lacer le jaune. Mesurer les choses. Emmêler les pétales. Et enfiler le carreau. Sculpter les légumes. Lancer les souvenirs. Et dénicher à la recyclerie. Et puis lire Proust. Flâner en amoureux. Et s’embarquer. S’équilibrer d’une rose. Dans le sable. S’arrondir d’une confiture. Agrandir la boucle. Prendre un café Plein Sud. Enlacer sa peau. Déclarer sur le papier. D’une fille à sa mère. Et encore lire Perec. Sur les toits orangés. Aligner les livres rouges. Faire voler les violets. Et briller le cristal. Sous l’équilibre végétal. Et l’ombre du blanc. Puis trancher le motif. Et piquer l’iris. Faire scintiller l’anneau. D’un bleu maternel. Sur les genoux. Porté par le bleu. Et passer par la cheminée. En examinant la feuille. Et le jeu d’un enfant. Sans jamais oublier son péché. Des plus chocolatés. En suspens de dentelle. Un amour en cage envolé. D’un flacon échappé. Faire mouche. Et toujours déconstruire. Puis réécrire son histoire. A travers un regard.

Isabelle Ha-Eav : In Extremis

Exposition In Situ d’Isabelle Ha-Eav, Niort 2018 © Didier Goudal

In extremis, du latin : « à la toute fin, à la dernière extrémité ».
Ici In extremis est l’exploration d’un geste sans usages, surgissant, les contours possibles.
Des mains tentent de saisir. D’autres se dressent, s’élèvent,
retombent.
La végétation pousse sous la surface du marais.
Parfois, la glace se fige, à la recherche de l’intensité.

Nia Diedla : Párpados

Exposition In Situ de Nia Diedla, Niort 2018 © Didier Goudal

J’ai lu dans un ancien traité d’astronomie qu’il y a 50.000 ans, les sept étoiles de la Grande Ourse s’alignaient pour former une véritable croix, plus exacte et plus belle encore que la Croix du Sud. Le chapitre de La dislocation des cieux m’a fait penser à une image que j’avais dans mes archives : une image de cimetière, où une croix avait changé de place, mais elle avait laissé une empreinte blanche, un miroir qui n’était pas un miroir. La croix était toujours là et en même temps ce n’était qu’un souvenir.
Sous les paupières nous avons tous des cieux qui se disloquent, il y a en eux ce que nous étions et ce que nous sommes, le mouvement de nos propres astres dans un temps qui est intimement à nous.
J’ai voulu aller regarder sous les paupières des autres, voir ces images qui brillaient et s’éteignaient dans la constellation de nos chimères, cachées juste de l’autre côté de cette écorce faite de peau.
En me clignant de l’oeil depuis l’album photo, Léontine a été la première qui m’a offert ses paupières. J’ai dessiné sa constellation.

Dorian Teti : La Visite

Exposition In Situ de Dorian Teti, Niort 2018 © Didier Goudal

Si ma propre place me semble confuse, je me suis demandé si je pouvais la vivre ailleurs, la transposer : peut-être qu’en éprouvant la place d’un autre, en m’inscrivant dans une autre famille que la mienne, je pourrais mettre à distance certains liens, qui se dérobent à moi. Occuper la place d’un fils dans ma propre famille m’apparaît souvent compliqué. Comme si certains codes et attitudes m’échappaient, et me restaient inaccessibles.
J’ai profité du temps de la résidence pour mener une expérience : m’immerger quelques jours et quelques nuits dans une famille en m’adaptant à la quotidienneté de son rythme.
Anne et Olivier m’ont accueilli comme leur fils, et leurs trois enfants se sont prêtés au jeu que j’ai mis en place au fil des jours.
Pour expérimenter ce dispositif, j’ai commencé à me mettre en scène, en imaginant et en me confrontant à ce que j’avais en tête de ce qui fait famille : prendre un repas, partager un moment au jardin, faire des courses. Passer du temps, en somme.
Je pensais venir incarner une absence, pouvoir occuper une place qu’on m’accorderait, et m’accaparer un lien. En essayant de donner corps à cet attachement fabriqué, illusoire, c’est mon propre corps et ma propre place dans cette intimité étrangère que j’ai interrogé.

Dina Oganiva : Be Me

Exposition In Situ de Dina Oganova, Niort 2018 © Didier Goudal

When I was a little girl, I used to travel a lot.
In my dreams I was everywhere in the planet, but most of all I loved to be in my imaginary world, which was created by my mom.
It was war outside from our window, but inside our home, we were sitting in a big ship and traveling somewhere in the middle of the Pacific ocean.
It was magical.
When I grew up I stop to dream.
I start to travel in my reality, as everyone around, but I was always missing my past, my imaginary world and I was asking myself, where did I loose keys of my fairy tale?
When I came here in this beautiful and calm city, Niort, city with a lot of water around, magical trees with a lot of faces, fresh air, birds, bicycles with flowers and windows with hearts, smells of the Spring and sounds of Love, the answer immediately came to my mind and I found my keys of happiness, here.
It was real me, full of life, but suddenly I feel myself so lonely, so far away.I was missing something, something very important in my life and it was him, person who I met last year and who changed all my life, who could read my soul, who feel me real. We were living in a castle with all these beauties around but it was not him. Something was wrong with us, we were standing next to each other without words, without emotions, without dreams and without love.
We were in two different worlds, far away from each other and I was so scared to lost him for ever.
I wanted to stop the time, to came back when we created our own world, just for two of us and start to live there with morning sun and suddenly I found him again, in between all these trees and small roads, he was standing as a little boy in the river with flowers in his eyes and crying.
It was him living in me and we start to live in our new fairy tale with plus 26 minutes of his / my life.
U can’t find me in the photos, but Im living in his hands, in every his look, in every his breath, because he is me.

A LIRE :
> Rencontre avec Patrick Delat, Directeur artistique des Rencontres de la Jeune Photographie à Niort
> Rencontre avec Corinne Mercadier, Conseillère artistique de la Résidence des Rencontres de la Jeune Photographie à Niort
La Jeune Photographie Internationale s’expose à Niort

INFORMATIONS PRATIQUES
Les Rencontres de la jeune photographie internationale de Niort 2018
Exposition des oeuvres réalisées durant la résidence
Du 14 avril au 26 mai 2018
Hôtel de Ville de Niort
1 Place Martin Bastard
79000 Niort
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30 (Ouverture exceptionnelle les dimanches 1er et 15 avril)
Corinne Mercadier
Satellites
Du 7 mars au 26 mai 2018
Villa Pérochon-CACP
64 Rue Paul François Proust
79000 Niort
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30
http://www.cacp-villaperochon.com
http://www.corinnemercadier.com/

Autour de la Résidence

Sept expositions seront inaugurées tout au long du mois de mars dans divers lieux de Niort, dont voici le programme détaillé :
• Maitetxu Etcheverria / Voyages insulaires
Pavillon Stéphane Grappelli du 28 mars au 19 mai 2018
Du mercredi au samedi au samedi de 13h30 à 18h30
• Emmanuelle Brisson / Les profondeurs du coeur
Espace d’arts visuels Le Pilori Du 28 mars au 5 mai 2018
Du mercredi au vendredi 10h00 à 12h00 et 14h à 19h00 et le samedi de 14h00 à 19h00
• Françoise Beauguion / Exils
Belvédère du Moulin du Roc du 7 mars au 19 mai 2018
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30
• Filigranes Éditions / Les anciens résidents de Niort et leurs publications
Librairie des Halles du 28 mars au 28 avril 2018
• Margherita Muriti / God, how shall I pray
Atelier du cadre du 28 mars au 28 avril 2018
Du mercredi au samedi de 14h00 à 18h30
• Paul Muse / Walking the Dog
Galerie nomade du 6 mars au 26 mai 2018
• Emanuela Meloni / Station Niortaise-Prémices
Allée centrale du parking de la Brèche du 6 mars au 26 mai 2018

Rencontre avec Corinne Mercadier, Conseillère artistique de la Résidence des Rencontres de la Jeune Photographie à Niort

Pour cette 24ème édition des Rencontres de la Jeune Photographie Internationale de Niort, le rôle de conseiller artistique a été confié à Corinne Mercadier, artiste française. Quinze jours durant, elle vivra aux côtés des huit jeunes photographes résidents pour les accompagner dans leur création artistique. A la veille de son entrée en résidence, nous avons rencontré Corinne Mercadier à la villa Perochon, qui présente son exposition « Satellites ».

Corinne Mercadier, mise à nu

Accepter ce rôle de conseiller artistique, c’est donner une part de soi pour partager une expérience unique. Corinne Mercadier a tout de suite accepté l’invitation de Patrick Delat, directeur artistique de la manifestation. Elle a décidé de jouer le jeu jusque dans la présentation de son exposition rétrospective présentée à la Villa Pérochon. Pour la première fois, la photographe nous dévoile la partie secrète de ses images, nous voici dans les coulisses du processus de création… Dès le jardin qui mène aux salles d’exposition, on découvre les carnets de note de Corinne, imprimés en grand format. La première pièce abrite les objets qui composent ses mises en scène et une accumulation d’images « ratées » ou « insatisfaisantes » qui composent le « mur du doute » comme elle l’aime à l’appeler.
Se succèdent ainsi plusieurs salles, présentant chacune une série, une époque de l’artiste. A chaque pas, le visiteur s’imprègne de l’image mentale imaginée par l’artiste, les images les plus anciennes et parfois les plus connues prennent ainsi, dans les dernières salles, une autre dimension, une autre connotation.
C’est d’ailleurs au deuxième étage que l’on découvre sa première photographie, celle qui sera le début de tout; c’est l’image qui lui a donné l’envie et l’idée de faire cette mise en scène.

Le hasard, ce concept à dompter.

Un fil rouge indéniable se tisse au travers de ses différentes créations. De ses travaux Polaroïds aux lancés d’objets, Corinne Mercadier aime le jeu du hasard et comme elle le dit : « aime à l’attirer dans ses filets ». Comme elle nous l’explique en fin d’interview, le hasard, c’est le héros de ses projets.

INFORMATIONS PRATIQUES
Les Rencontres de la jeune photographie internationale de Niort 2018
• Corinne Mercadier
Satellites
Du 7 mars au 26 mai 2018
Villa Pérochon-CACP
64 Rue Paul François Proust
79000 Niort
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30
http://www.cacp-villaperochon.com
http://www.corinnemercadier.com/

• Résidence 2018
> Exposition des oeuvres présentées au jury
Du 7 mars au 13 avril 2018
> Exposition des oeuvres réalisées durant la résidence
Du 14 avril au 26 mai 2018
Hôtel de Ville de Niort
1 Place Martin Bastard
79000 Niort
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30 (Ouverture exceptionnelle les dimanches 1er et 15 avril)

Autour de la Résidence

Sept expositions seront inaugurées tout au long du mois de mars dans divers lieux de Niort, dont voici le programme détaillé :
• Maitetxu Etcheverria / Voyages insulaires
Pavillon Stéphane Grappelli du 28 mars au 19 mai 2018
Du mercredi au samedi au samedi de 13h30 à 18h30
• Emmanuelle Brisson / Les profondeurs du coeur
Espace d’arts visuels Le Pilori Du 28 mars au 5 mai 2018
Du mercredi au vendredi 10h00 à 12h00 et 14h à 19h00 et le samedi de 14h00 à 19h00
• Françoise Beauguion / Exils
Belvédère du Moulin du Roc du 7 mars au 19 mai 2018
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30
• Filigranes Éditions / Les anciens résidents de Niort et leurs publications
Librairie des Halles du 28 mars au 28 avril 2018
• Margherita Muriti / God, how shall I pray
Atelier du cadre du 28 mars au 28 avril 2018
Du mercredi au samedi de 14h00 à 18h30
• Paul Muse / Walking the Dog
Galerie nomade du 6 mars au 26 mai 2018
• Emanuela Meloni / Station Niortaise-Prémices
Allée centrale du parking de la Brèche du 6 mars au 26 mai 2018

Rencontre avec Patrick Delat, Directeur artistique des Rencontres de la Jeune Photographie à Niort

Les Rencontres de la Jeune Photographie internationale se tiennent actuellement à Niort. Alors que les huit photographes entraient dans leur lieu de résidence sous la bienveillance de la conseillère artistique Corinne Mercadier, nous avons rencontré Patrick Delat, co-fondateur et directeur artistique de la Villa Perochon, et de la manifestation.

« Les meilleurs ambassadeurs pour nous, ce sont les photographes résidents et les conseillers artistiques ».

Partage de culture et des expériences

C’est un homme souriant et passionné que nous découvrons en Patrick Delat, qui revient sur l’origine de ce festival et de cette résidence unique en son genre : réunir huit jeunes photographes venus du monde entier pour vivre une expérience artistique hors du commun. Quinze jours durant, les photographes vivront ensemble accompagnés d’un conseiller artistique – cette année c’est Corinne Mercadier qui a accepté de se prêter au jeu – ils auront carte blanche pour travailler sur un projet artistique personnel. Nul thème, nulle contrainte. Les artistes sont ici pour se rencontrer, pour interroger leur pratique artistique et être soutenu par une photographe de talent.

Nous avons pu découvrir les expositions de cette nouvelle édition, les œuvres présentées sont les travaux qui ont été sélectionnés par le jury, avant le début de la résidence. Le fruit de cette expérience sera dévoilé au public dans une dizaine de jours… Nous sommes tout de suite séduits et impressionnés par la qualité des propos autant dans leur fond que dans leur forme. De nombreux points communs entre les différentes propositions, celui de l’identité, qui est au cœur des travaux contemporains. Patrick Delat témoigne de l’évolution des pratiques : en 24 ans, les propositions sont de plus en plus abouties, de plus en plus construites… Il nous confie également que de plus en plus de femmes photographes se présentent, et que ce n’est pas un hasard si cette édition présente plus de 90% de femmes photographes !
Nous avons hâte de découvrir les réalisations niortaises dès le 14 avril…

L’édition 2018, amorce du 25ème anniversaire des Rencontres

Cette année, en marge des expositions des photographes résidents, plusieurs anciens résidents sont présentés dans le cadre d’une exposition personnelle. C’est le cas de Maitetxu Etcheverria, Paul Muse ou encore Françoise Beauguion… Comme Patrick Delat nous l’explique, ce choix annonce pour l’an prochain la mise en avant du fonds photographique de la Villa Perochon constitué de 2500 pièces. Une édition anniversaire qui promet d’être riche !

INFORMATIONS PRATIQUES
Les Rencontres de la jeune photographie internationale de Niort 2018
Résidence 2018
> Exposition des oeuvres présentées au jury
Du 7 mars au 13 avril 2018
> Exposition des oeuvres réalisées durant la résidence
Du 14 avril au 26 mai 2018
Hôtel de Ville de Niort
1 Place Martin Bastard
79000 Niort
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30 (Ouverture exceptionnelle les dimanches 1er et 15 avril)
Corinne Mercadier
Satellites
Du 7 mars au 26 mai 2018
Villa Pérochon-CACP
64 Rue Paul François Proust
79000 Niort
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30
http://www.cacp-villaperochon.com
http://www.corinnemercadier.com/

Autour de la Résidence

Sept expositions seront inaugurées tout au long du mois de mars dans divers lieux de Niort, dont voici le programme détaillé :
• Maitetxu Etcheverria / Voyages insulaires
Pavillon Stéphane Grappelli du 28 mars au 19 mai 2018
Du mercredi au samedi au samedi de 13h30 à 18h30
• Emmanuelle Brisson / Les profondeurs du coeur
Espace d’arts visuels Le Pilori Du 28 mars au 5 mai 2018
Du mercredi au vendredi 10h00 à 12h00 et 14h à 19h00 et le samedi de 14h00 à 19h00
• Françoise Beauguion / Exils
Belvédère du Moulin du Roc du 7 mars au 19 mai 2018
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30
• Filigranes Éditions / Les anciens résidents de Niort et leurs publications
Librairie des Halles du 28 mars au 28 avril 2018
• Margherita Muriti / God, how shall I pray
Atelier du cadre du 28 mars au 28 avril 2018
Du mercredi au samedi de 14h00 à 18h30
• Paul Muse / Walking the Dog
Galerie nomade du 6 mars au 26 mai 2018
• Emanuela Meloni / Station Niortaise-Prémices
Allée centrale du parking de la Brèche du 6 mars au 26 mai 2018

La Jeune photographe japonaise Izumi Miyazaki en résidence chez Bergonzo First Floor

L’autoportrait est l’éternel exercice de style d’un artiste. Quels que soient les époques ou les médiums, les artistes ont toujours souhaiter explorer, occasionnellement ou perpétuellement, leur image propre. Bergonzo First Floor accueille jusqu’au 30 avril la jeune photographe japonaise Izumi Miyazaki en proposant au public une sélection d’autoportraits photographiques et des installations.

« There’s no place like home » est la troisième édition du concept Bergonzo First Floor. A l’origine, un couple de collectionneurs passionnés. Stéphanie et Renaud Bergonzo considèrent l’art comme leur art de vivre et ont à coeur de créer un espace d’expression et de partage au sein même de leur lieu de vie.
Depuis vendredi dernier, Izumi Miyazaki a pris possession des lieux,  pour y déployer son univers polymorphe qui allie sa photographie saisissante à des installations aussi ludiques que troublantes. Ici ces autoportraits n’ont rien de narcissiques, ils sont plutôt ici pour faire exister un double, pour braver la solitude comme elle le précise : « Je suis enfant unique, alors je me dédouble pour me sentir moins seule. »

Baignée des maîtres du surréalisme comme Magritte, elle avoue une passion pour Alfred Hitchcock ou David Lynch. Ses autoportraits pratiquent l’humour à froid, se mettant souvent en scène dans des performances sans queue ni tête. Tête qu’elle n’hésite pas à trancher en l’agrémentant de tomates fraiches ou d’un poisson, dans une interprétation humaine du sushi. Si elle ne sourit jamais sur ses photographies c’est sans doute pour exprimer sa solitude et peut être la difficulté d’une jeunesse connectée, à vivre dans un monde réel. Son travail surprend autant qu’il fascine, se jouant des codes de la vie 2.0 Izumi s’amuse dans une écriture poétique et bouleversante. L’addiction est proche… – Extrait du texte de Renaud Bergonzo.

INFORMATIONS PRATIQUES
• There’s no place like home
Izumi Miyazaki
Du 9 mars au 30 avril 2018
Bergonzo First Floor
12, rue Guénégeaud
75006 Paris
http://izumimiyazaki.tumblr.com

• Izumi Miyazaki sera présentée au festival Kyotographie du 14 avril au 13 mai 2018.
http://kyotographie.jp

La Jeune Photographie Internationale s’expose à Niort

Chaque année, depuis 1991, une poignée de jeunes photographes internationaux sont sélectionnés par un jury pour participer à une résidence collective à la Villa Perochon de Niort. Pour cette nouvelle édition, avec Corinne Mercadier en invitée d’honneur, ce sont huit jeunes photographes qui sont accueillis en résidence pour une durée de 15 jours. Les Rencontres de la jeune photographie internationale de Niort, ce sont aussi l’exposition collective des résidents, celle de l’invitée d’honneur et un programme satellite d’expositions dans la ville.

Les artistes en résidence de création pour une 27ème édition

Dès demain, mercredi 7 mars, vous trouverez à l’Hôtel de Ville de Niort, une sélection des œuvres des 8 artistes présentées au jury, avant de pouvoir découvrir les travaux réalisés en résidence à partir du 14 avril prochain. A travers cette première exposition, nous explorerons l’univers de Laura Bonnefous tout d’abord, qui traduit les rapports entre l’homme et son environnement dans
sa série « Head in clouds », en résonance avec les travaux de Lisa Gervassi. La franco-chilienne Nia Diedla quant à elle, nous ouvre les pages d’un journal intime photographique avec « Maleza ».  La série « Howl » est les résultat des expériences du médium photographique d’Isabelle Ha Eav. Une approche plus plasticienne sera abordée avec « Bleu Glacé », une étude scientifique menée par Manon Lanjouère, qui reconstruit synthétiquement le paysage islandais. Ensuite, Dina Oganova et Negar Yaghmaian explorent toutes les deux la jeunesse de leur pays respectif : la Georgie et l’Iran. Suit un travail plus personnel et familial, dans lequel Dorian Teti recrée une famille fictive en questionnant les filiations reconnues et non reconnues d’un père absent.

Corinne Mercadier, l’invitée d’honneur 2018

Après Isabel Muñoz l’an passé, c’est au tour de l’artiste française Corinne Mercadier d’être l’invitée d’honneur de cette nouvelle édition. Encadrant les artistes en résidence, la photographe sera présentée au sein d’une grande exposition à la Villa Perochon avec « Satellites » un voyage à travers son œuvre.On y découvrira, aux côtés d’oeuvres connues, des éléments jamais présentés au public.

INFORMATIONS PRATIQUES
Les Rencontres de la jeune photographie internationale de Niort 2018
Résidence 2018
> Exposition des oeuvres présentées au jury
Du 7 mars au 13 avril 2018
> Exposition des oeuvres réalisées durant la résidence
Du 14 avril au 26 mai 2018
Hôtel de Ville de Niort
1 Place Martin Bastard
79000 Niort
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30 (Ouverture exceptionnelle les dimanches 1er et 15 avril)
Corinne Mercadier
Satellites
Du 7 mars au 26 mai 2018
Villa Pérochon-CACP
64 Rue Paul François Proust
79000 Niort
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30
http://www.cacp-villaperochon.com
http://www.corinnemercadier.com/

Autour de la Résidence

Sept expositions seront inaugurées tout au long du mois de mars dans divers lieux de Niort, dont voici le programme détaillé :
• Maitetxu Etcheverria / Voyages insulaires
Pavillon Stéphane Grappelli du 28 mars au 19 mai 2018
Du mercredi au samedi au samedi de 13h30 à 18h30
• Emmanuelle Brisson / Les profondeurs du coeur
Espace d’arts visuels Le Pilori Du 28 mars au 5 mai 2018
Du mercredi au vendredi 10h00 à 12h00 et 14h à 19h00 et le samedi de 14h00 à 19h00
• Françoise Beauguion / Exils
Belvédère du Moulin du Roc du 7 mars au 19 mai 2018
Du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30
• Filigranes Éditions / Les anciens résidents de Niort et leurs publications
Librairie des Halles du 28 mars au 28 avril 2018
• Margherita Muriti / God, how shall I pray
Atelier du cadre du 28 mars au 28 avril 2018
Du mercredi au samedi de 14h00 à 18h30
• Paul Muse / Walking the Dog
Galerie nomade du 6 mars au 26 mai 2018
• Emanuela Meloni / Station Niortaise-Prémices
Allée centrale du parking de la Brèche du 6 mars au 26 mai 2018

Tremplin Jeunes Talents Planche(s) Contact : l’Appel à candidature est lancé !

De mai à juin prochains, cinq jeunes talents s’installeront en résidence de création photographique à Deauville pour une durée de 3 semaines. Trois semaines au cours desquelles ils vont questionner l’identité de Deauville et transmettre leur perception de la ville. La résidence est assortie pour chacun d’une bourse de création de 4500 euros pour la production d’une exposition qui sera présentée lors de la neuvième édition du Festival Planche(s) Contact.

Les 5 lauréats concourent également pour tenter de remporter le Prix du Jury et le Prix du Public Planche(s) Contact.

Constante de tous les festivals culturels de Deauville, le soutien aux jeunes talents se concrétise avec Planche(s) Contact par ce concours ouvert aux jeunes talents. Accueillis en résidence à Deauville, ils produisent un travail photographique sur la ville, présenté au public lors du Festival et soumis au vote de professionnels de la photographie et du public. Pendant leur résidence les jeunes photographes bénéficient de l’aide et du soutien des équipes du festival et de la Ville de Deauville. Ils profiteront également de la présence simultanée en résidence des photographes invités par le festival.

Les cinq candidats sont sélectionnés sur dossier. Parcours photographique, intérêt pour la commande photographique de Planche(s) Contact et portfolio constituent leur candidature soumise au jury Planche(s) Contact.
Présidé par Bettina Rheims, il est composé de professionnels de la photographie et notamment de : Héloïse Conesa (BNF), Babeth Djian (Numéro), Philippe Augier (Maire de Deauville), Alain Genestar (POLKA), Thierry Grillet (BNF), Marin Karmitz, Aurélie Tisseyre (Mowwgli).

Les 5 photographes lauréats de l’appel à candidatures recevront une bourse de 4500€, dédiée à la création et à la production de la série photographique qui sera exposée à l’automne 2018. Les expositions du Tremplin jeunes talents sont soumises au vote du public et du jury Planche(s) Contact.
A l’issue des expositions, les images rejoignent les collections photographiques de la Ville de Deauville.

PRATIQUE
L’appel à candidatures pour le Tremplin Jeunes Talents est gratuit, ouvert à tous les photographes, sans obligation de parcours scolaire, de références ou d’expériences. Curriculum vitae, lettre de motivation et portfolio constituent le dossier de candidature à envoyer avant le 19 février par mail à planches.contact@deauville.fr ou par voie postale à :
FESTIVAL PLANCHE(S) CONTACT – TREMPLIN JEUNES TALENTS
Mairie de Deauville, Service Culturel
20 rue Robert Fossorier
BP 31600
14801 Deauville Cedex

Les candidats au Tremplin Jeunes Talents Planche(s) Contact, doivent néanmoins être disponibles pour la résidence de création, à Deauville, aux dates suivantes :
– 28 mars – 4 avril (repérages)
– 2 au 16 mai (résidence de création)
– 11 au 20 juin (résidence de création)

LE FESTIVAL PLANCHE(S) CONTACT
Dans une démarche qui a tenté nombre de photographes, Planche(s) Contact s’est donné pour thématique l’exploration et la restitution de tout ce qui constitue l’identité d’une ville. Les expositions créées abordent différentes écritures photographiques, dans des registres qui invitent le portrait, le reportage, le nu, le paysage, les fictions et les mises en scènes photographiques, la nature morte, la mode, l’architecture, les recompositions, le détournement, l’installation …
Pour compléter cette programmation, le festival s’accompagne d’un Off, parole donnée aux photographes amateurs et semi-professionnels amoureux de Deauville ; d’un concours photographique – le Concours de la 25e heure Mondaine, et d’un cycle d’actions de médiation et d’événements à destination des scolaires et du grand public.
http://www.deauville.fr

Le Carreau du Temple crée un PACT(e) avec des jeunes loups de création contemporaine et des entreprises

PACT(e) est une plateforme innovante de résidences d’artistes en entreprises sur l’ensemble du Grand Paris. A L’initiative du Carreau du Temple, c’est aussi une nouvelle forme de soutien à la production artistique grâce à un partenariat tripartite réunissant un artiste, une entreprise et une organisation culturelle.

Avec une programmation dense de 5 salons (le YIA, Drawing Now Paris, Urban Art fair, AKAA et Galeristes, le petit dernier né en 2016) et d’un rendez-vous bimestriel dédié à l’art vidéo avec Videobox, l’engagement du  Carreau du Temple pour la création contemporaine n’est plus à démontrer. Pourtant, le Carreau du Temple, dans la dynamique de sa mission de pépinière et d’incubateur de projets artistiques, franchit une étape supplémentaire et crée PACT(e).

PACT(e) invite des artistes de toutes disciplines (arts visuels, arts vivants, littérature contemporaine) à créer leurs œuvres au sein d’entreprises, ou autres lieux d’activité non dédiés à l’art, à l’échelle du Grand Paris. Le Carreau du Temple impulsera les binômes artiste-entreprise et les fera rayonner dans toute la région, assurera le suivi de chaque projet, puis accueillera et présentera aux publics sous la forme d’une biennale les œuvres issues de ces laboratoires de création.

Pour initier ce programme le Carreau du Temple propose 2 binômes : d’un côté l’artiste Julien Monnerie et une entreprise de vente de métaux, Tartaix, de l’autre Eva Nielsen et l’entreprise Central Dupon Images, le célèbre laboratoire de tirage photographique.

Julien Monnerie qui, sur certaines de ces dernières œuvres, jouait notamment à aligner des boutons de manchettes sur des toiles, devrait trouver matière à création dans cette caverne d’Ali Baba que semble être les réserves de Tartaix avec ses nombreux rayonnages de profilés, tubes, barres, plaques et fils de laiton. Tartaix met également, à la disposition de Julien, les ateliers d’un de ses partenaires afin de lui permettre d’avoir un lieu de fabrication et d’assemblage.

Eva Nielsen, lauréate du Grand Prix d’Aubusson 2016, fusionne peinture et photographies de zones péri-urbaines ou délaissées. De la platitude de la sérigraphie aux différentes variations de recouvrement de la toile, l’œuvre se construit, entre accident et contrôle, et devient mi peinture, mi photographie. Ses oeuvres troublent nos repères et jouent avec toutes les formes d’hybridation, qu’elles soient techniques ou dans les sujets en créant des lieux en reconstruction ou des espaces factices. Au sein de l’entreprise Central Dupon Images, elle devrait trouver un terrain de jeu créatif avec tous les outils, studios techniques et techniciens de talent mis à sa disposition. Elle se réjouissait à l’avance de travailler dans ce temple de la reproduction photographique d’excellence. En effet Central Dupon Images,  déjà présent avec ses tirages sur des festivals aussi prestigieux que Visa pour l’image, Festival photo de la Gacilly, ou encore les Rencontres de la photographie d’Arles… travaille également avec les plus grands photographes comme Raymond Depardon.

Toutefois elle me disait que, la proximité évidente qui existe entre son travail et l’entreprise, lui procurait une certaine pression car elle souhaitait justement sortir de cette zone de confort apparente et produire une œuvre à la hauteur de la renommée de l’entreprise.

Nous sommes pressés de voir le résultat de leur création dans quelques mois et leur souhaitons une excellente résidence.

INFORMATIONS PRATIQUES
Carreau du Temple
4 Rue Eugène Spuller

75003 Paris
http://carreaudutemple.eu

Première saison des Ateliers d’Artistes Icade

Jusqu’au 19 novembre, l’exposition « Avant le lever du jour ou mémoire d’une utopie de banlieue » clôture la #saison1 des Ateliers d’Artistes Icade. Icade, opérateur immobilier de premier plan et acteur majeur du Grand Paris, a décidé de mettre en place une nouvelle politique de soutien artistique en créant les Ateliers d’Artistes Icade. Ce projet permet de mettre à disposition d’artistes des lieux de création et pour Icade d’animer ses nouveaux parcs immobiliers.

Une résidence nomade. Icade ne souhaite pas figer son action de mécénat dans un seul temps et un seul lieu. Il est prévu d’installer ses résidences dans des lieux éphémères et d’investir des espaces en cours de gestation.

Pour cette première saison, à Aubervilliers, au cœur d’un quartier en pleine mutation et dans un immeuble encore en  construction, Icade a offert à 5 artistes dont un duo, sélectionnés par un jury composé de représentants d’Icade ainsi que de professionnels et experts du monde de l’art, un espace qui s’est transformé pour 7 mois en atelier d’artiste.

A partir du 10 novembre, l’exposition « Avant le lever du jour ou mémoire d’une utopie de banlieue »  présente le fruit du travail de ces jeunes artistes en résidence qui avaient pour thématique de réflexion l’urbanisme, l’environnement et leurs mutations.

Pier Stockholm, nous propose une réflexion sur les différentes étapes qui participent à l’élaboration d’un projet de construction. De la maquette, dont il reprend certains matériaux. Du tracé, s’emparant du cordeau et de la poudre de traçage. Des matériaux, mariant béton brut à la marqueterie la plus fine. Dans ses réalisations sculpturales, des bois précieux comme le palissandre s’unissent à des matériaux modestes comme le béton, ou la mousse pour créer des sculptures totémiques où se fondent le socle et l’œuvre pour ne faire qu’un. Des œuvres à la beauté graphique immédiate.

Depuis quelques années, les territoires en mutation et les tensions qui s’y jouent entre l’urbanisation, l’humain et la nature sont les principaux sujets de réflexion de Marie Ouazzani & Nicolas Carrier. Ils reprennent le mobilier de Samuel Boutruche (commissionné par Icade au tout début du projet) dont ils s’emparent pour récréer des murets-jardinières de plantes sauvages récupérées dans les friches du quartier. Symboles de résistance. Vous pourrez d’ailleurs déguster une infusion de ces herbes, souvent aux bienfaits médicinaux. Tonique, énergisante.

D’autre part,  ils nous proposent un épisode de leur projet vidéo qui comptera une vingtaine d’épisodes. Cette série nous raconte les errances ou les pérégrinations d’une tribu d’irréductibles, résistants ou militants, au cœur de paysages toujours en mutation, dans la petite ceinture parisienne.  Une narration assez riche qui navigue en fiction, réalité et abstraction et qui réinterroge la place de l’homme dans un univers au bord de la chute. Résistance ! Vous dis-je.

Architecte de formation, Jessica Boubetra emprunte à l’architecture son langage et ses protocoles d’investigation. Elle développe une réflexion autour des structures modulaires. Très influencée par ses récents voyages au Japon,  Jessica  questionne la répétition et comment la reproduction d’une forme permet finalement autant de variantes et d’assemblages. Ses œuvres en céramique, bois, verre ou métal, à l’esthétique industrielle, sont réalisées de façon très artisanale et oscillent entre architecture, sculpture et installation. Un travail tout en délicatesse comme Jessica Boubetra.

Joël Degbo est à la fois peintre et vidéaste. Pour cette exposition, c’est la peinture qu’il a choisi comme médium. Avec une installation de 8 panneaux peints recto/verso et grand format,  Joël nous invite à une promenade. Comme il aime le dire :  « je ne suis pas le fruit du hasard mais le fruit de mon environnement ». Il nous propose donc de le suivre sur les chemins qu’il connait, dans des paysages dont on ne sait pas s’ils sont en voie de disparition, en survivance ou en devenir. Joël Degbo mêle le passé, le présent et le futur. Sa vison et son questionnement sont un trait d’union entre ces espaces temps.

Jessica Boubetra, Joël Degbo, Marie Ouazzani & Nicolas Carrier, Pier Stockholm examinent avec poésie les tensions entre les perspectives utopiques et dystopiques des banlieues et déplacent notre point de vue sur leurs géométries  géographiques, symboliques et temporelles.

Commissariat :  Anissa Touati

INFORMATIONS PRATIQUES
« Avant le lever du jour ou mémoire d’une utopie de banlieue »
Exposition du 10 au 19 Novembre 2017
#saison1 des Ateliers d’Artistes Icade
Icade
10 rue Waldeck Rocher
93300 Aubervilliers
Métro : Front Populaire (Aubervilliers)
http://www.icade.fr

1+2 TRAVERSÉ[E]S : l’ouvrage de la résidence 2017

A l’occasion de Paris Photo, Résidence 1+2 organise une signature du coffret de l’édition 2017 sur le stand des éditions Filigranes. Le coffret 1+2 TRAVERSÉ[E]S rassemble les trois ouvrages des photographes résidents Israel Ariño, Leslie Moquin et Christian Sanna.

La Résidence 1+2 est un programme photographique ancré à Toulouse et à vocation européenne durant lequel trois photographes confrontent leurs regards d’auteur. Elle associe chaque année trois photographes à trois villes (Toulouse, Barcelone, Bruxelles). Le fruit de cette résidence donne lui à une exposition, un ouvrage et un film.
Pour cette deuxième édition, les trois photographes Israel Ariño (Espagne), Leslie Moquin (France) et Christian Sanna (Italie/Madagascar) ont interrogé les thèmes de l’eau, du vent et de l’air… dans une vision d’auteur subjective et assumée.
Ces trois regards, associés pour la première fois, sont entrés en résonance pendant deux mois suscitant des productions protéiformes et transversales.

Rendez-vous samedi prochain à Paris Photo pour découvrir le coffret et rencontrer les photographes lors de cette signature !

http://1plus2.fr

INFORMATIONS PRATIQUES
1+2 TRAVERSÉ[E]S
Anglais/Français
Coffret
130 photographies couleur et noir et blanc
130 pages
ISBN : 978-2-35046-433-6

• Signature de livre
Le 11 novembre 2017 de 17h à 17h30
Signature du coffret sur le stand Filigranes lors de Paris Photo
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris

• L’Exposition
Résidence 1+2
Du 13 octobre au 30 novembre 2017
vernissage le vendredi 13 octobre à 18h
Musée Paul Dupuy
13, rue de la Pleau,
31000 Toulouse
Entrée libre et gratuite
http://www.ampdupuy.fr

• Autres événements associés :
Le 8.11 (à 18h) : Projection « Les jours Cahier photographique)
Médiathèque José Cabanis
1 Allée Jacques Chaban-Delmas, 31500 Toulouse
> Le 8.11 (à 21h) : Café-Photo avec le collectif Vertige
Le Cactus
13 Boulevard Lascrosses, 31000 Toulouse
> Le 13.11 (à 18h) : Projection « Les jours Cahier photographique) suivie d’une rencontre
ESAV – Ecole Supérieure Audiovisuelle
56 Rue du Taur, 31000 Toulouse

Mowwgli est partenaire média de l’événement.

Colette Tornier et la résidence Saint-Ange, la passion au cœur

Un peu d’histoire : de la Tour Saint-Ange au Phénix Noir d’Odile Decq

Maison forte médiévale, dominant Grenoble sur les lontreforts du Vercors et face à la plaine du Grésivaudan, Saint-Ange devient domaine agricole prospère suite aux travaux de réfection entrepris par les frères Cordiers avant sa confiscation révolutionnaire. Résidence secondaire pour les familles du XIXème siècle (Stendhal y aurait séjourné) qui reprennent les codes de la noblesse elle est rattrapée à l’époque moderne par l’urbanisation tout en préservant un cadre bucolique, hors de l’agitation de la ville.
C’est alors que Colette Tornier entre en scène et intervient en lançant une série de chantiers et réaménagement, inscrivant ses choix artistiques dans une continuité de gestes et de sens (exploitation des vignes, travaux des champs, construction de la grange) les artistes devenant les ouvriers de l’espace et du temps conjuguant patrimoine historique et réalités contemporaines

Colette Tornier et l’art contemporain

Après une vie professionnelle stimulante dans le domaine de la santé, Colette Tornier au fil de ses voyages et ses rencontres commence à se former puis collectionner de grandes pointures mais aussi de futurs talents, sur la scène française, internationale et locale (Franck Scurti, Jimmy Durham, Jonathan Binet, Mathieu Mercier, Liam Gillik, Emmanuelle Lainé, Florian Pugnaire, Anita Molinero, Raphaël Zarka..)
Cet ancrage dans sa région est important à ses yeux. Elle intègre l’ADIAF et les Amis de la Maison Rouge poursuivant son parcours actif de collectionneuse.
Ses œuvres emblématiques sont parsemées dans son jardin et les moindres recoins de l’élégante demeure et stockées pour une partie dans une grange. Anthony Caro sur la terrasse voisine avec Guillaume Leblon, la cabane perchée de Loris Cecchini fait le bonheur de sa petite fille, l’échelle malicieuse de Léandro Erlich ouvre sur le paysage environnant, Yona Fridman se déploie sur le toit, Oscar Tuazon nous lance un clin d’œil de la cour, Aurélie Petrel joue de l’effet miroir de la piscine, Lilian Bourgeat plante ses bottes dans le verger près des ruches en activité..il y a de la poésie dans ces coups de cœur à la fois pointus et dictés par l’intuition.

L’aventure prend un tournant philanthropique en 2011 quand elle crée un Fonds de Dotation, gage d’un engagement pérenne et articulé sur le territoire grenoblois autour d’un espace de résidence et d’une Bourse.

La Bourse Saint-Ange et la résidence : un dispositif global et précis

Les artistes éligibles sont âgés entre 25 et 45 ans et doivent avoir fait une partie de leurs études supérieurs en France, quelque soit leur nationalité.
Chacun des 10 membres du comité de sélection propose deux ou trois artistes, ce qui encourage un choix collégial et argumenté.

La dotation :
Un séjour de 3 mois à la résidence, une indemnité mensuelle pendant la durée de la résidence, un budget dédié aux frais de production des œuvres, une exposition des œuvres réalisées pendant le séjour de l’artiste dans un centre d’art de la région et la réalisation d’un catalogue des œuvres créées au cours du séjour.

Le Comité de sélection (2015 à 2017) :
Philippe Piguet, critique et historien de l’art
Daniel Schlier, artiste
Franck Scurti, artiste
Jean Marc Salomon, Président de la fondation Salomon pour l’art contemporain
Inge Linder-Gaillard, Responsable des Etudes et de la recherche à l’ESAD
Stéphane Sauzedde, Directeur de l’ESAAA
Les quatre membres permanents du Fonds de dotation Saint-Ange, dont Colette Tornier, présidente.

L’aventure du Belvédère d’Odile Decq

Le Studio Odile Decq remporte le concours d’architecture lancé par Colette Tornier en 2011. Véritable défi technique (déclivité du terrain et étroitesse) et œuvre d’art à part entière, le monolithe de bois noir inauguré en 2015 a reçu de nombreuses distinctions de la profession. L’atelier de 100m² devient socle « d’une sorte de tour sur trois niveaux qui se twiste pour aller chercher la vue au-delà » selon les termes d’Odile Decq. Embrassant la nature environnante avec une terrasse en périscope pour que l’artiste puisse y admirer les levers ou couchers du soleil, l’ouvrage se fait silencieux, sans jamais empiéter sur l’intimité de la Tour Saint-Ange.

Clément Bagot et les lauréats 2015-2017

Maude Maris (lauréate 2014), première artiste accueillie en résidence, s’est saisie de la résidence pour confronter peinture et sculpture, et transposer ses petits moulages à une autre échelle. Influencée par la visite du Palais Idéal du Facteur Cheval, proche de Grenoble et du Musée Rodin et sa nouvelle scénographie autour de ses fragments et abattis, ces familles de formes à la croisée de la peinture Primitive italienne et de l’art contemporain allemand ont pris une nouvelle dimension.

Lionel Sabatté (lauréat 2015)
Peaux mortes, ongles, moutons de poussière, pièces de monnaie, les résidus chez l’artiste deviennent de vrais trésors à collecter et futurs bestiaires en puissance.Le dessin, la peinture, les échafaudages du quotidien tutoient le merveilleux chez ce collecteur de chimères dont l’on retrouve la silhouette acéphale exposée dans la cour du musée de la Chasse à Paris, dans le jardin de Saint-Ange.

Estefania Penafiel Loaiza (lauréate 2015)
En 2002 l’artiste quitte son pays d’origine l’Equateur pour venir étudier aux Beaux Arts de Paris. Nombre des enjeux qui traversent sa pratique rejoignent cette géographie de l’exil incarnée par la feuille de route Ecuador écrit en 1928 par Henri Michaux. Son œuvre devient un cheminement à partir de l’imaginaire du voyageur, son vertige, qu’elle transpose dans la série « cartographies » poursuivie pendant la résidence.

Mathilde Denize (lauréate 2016)
Les petits riens du quotidien, la poésie du hasard et de l’assemblage, les rapprochements intuitifs forment la matrice de ces combinaisons aléatoires et d’une grande cohérence chromatique. Ex votos, petits autels d’une religion qui lui appartient.Ces objets fragiles et intimes ouvrent les portes d’une cosmogonie personnelle fertile.

Clément Bagot (lauréat 2016) actuellement en résidence
De son chaos organisé, Clément Bagot dévide son fil d’Ariane dans des installations modulaires protéiformes entre science-fiction et prisons de Piranese. Un monde en prolifération où tout est dans la suspension des formes et l’immersion physique du dessin. L’infiniment grand et l’infiniment petit, le vide et le plein, le « minuscule et le grandiose » pour reprendre les propos de Jacques Deret collectionneur qui lui remet le prix Art Collector en 2013. Tout se confond et se superpose dans ces paysages imaginaires, ces échelles en lévitation. Sa nouvelle œuvre pendant la résidence oscille entre la forme d’un vaisseau spatial ou d’un animal préhistorique, laissant place au tâtonnement, au risque du hasard. Luxe du temps offert et de la parenthèse à Saint-Ange, comme il le souligne lui-même.
 
EN SAVOIR PLUS SUR LA RÉSIDENCE :
34 rue du Bournet
38180 Seyssins
Suivez les étapes de la résidence de Clément Bagot sur le Blog des Artistes !
Boris Chouvellon sera le prochain résident à partir de février 2018.
http://residencesaintange.com/