Archives par mot-clé : salon

Les artistes de la 63ème édition du Salon de Montrouge

Lors d’une soirée au Palais de Tokyo le 15 mars Ami Barak et Marie Gaultier ont dévoilé les artistes retenus. Pour la 3e année consécutive, la direction artistique est confiée à Ami Barak, l’un des catalyseurs les plus actifs de la scène artistique contemporaine et à Marie Gautier, co-directrice artistique.
La pluridisciplinarité est à l’honneur cette année.

Les 52 artistes sélectionnés pour la 63e édition parmi plusieurs milliers de candidatures ont été choisis sous la direction d’Ami Barak et Marie Gautier par un Comité de Sélection composé de onze personnalités du monde de l’art, guidées tant par la qualité des travaux que leur représentativité dans le contexte actuel.
Représentent 12 nationalités différentes, preuve s’il en est de l’intérêt croissant qu’incarne le Salon de Montrouge aux yeux de la scène émergente en France et à l’étranger.

LES ARTISTES DE LA 63e ÉDITION :
Samira Ahmadi Ghoti, Alexandre Barré,  François Bianco, Baptiste Brossard, Pierre Brunet, Roland Burkart, Clémentine Carsberg, Baptiste César, Célia Coëtte, Lauren Coullard, Octave Courtin, Jules Cruveiller, Odonchimeg Davaadorj, Laurence de Leersnyder, Romuald Dumas-Jandolo, Paul Duncombe, Elise Eeraerts, Clémence Estève, Cédric Esturillo, Raphaël Fabre, Julia Gault, Antoine Granier, Anne-Sophie Guillet, My-Lan Hoang-Thuy, Princia Itoua, Jean-Baptiste Janisset, Pauline Julier, Yann Lacroix, Camille Lavaud, Ronan le Creurer, Samuel Lecoq, Lucas Léglise, Ariane Loze, Arun Mali, Fabien Marques, Garush Melkonyan, Mayrhofer Ohata, PAÏEN, Andrei Pavlov, Zoé Philibert, Baptiste Rabichon, Octave Rimbert – Rivière, Emmanuelle Rosso, Mostafa Saifi  Rahmouni, Clara Saracho de Almeida, THE BIG CONVERSATION SPACE, Pauline Toyer, Pieter van der Schaaf, Marianne Vieulès, Quentin Vintousky, Thomas Wattebled, Katarzyna Wiesiolek.
Les artistes seront soumis aux regards expérimentés d’un jury présidé par Jean de Loisy, président du Palais de Tokyo, qui leur remettra, lors du vernissage le 27 avril  prochain, les prix du Salon de Montrouge.
Infos pratiques :
Ouvert tous les jours
Du 28 avril au 23 mai 2018
Entrée libre de 12 heures à 19 heures
Le Beffroi, 2 place Émile Cresp 92120 Montrouge
M 4 Mairie de Montrouge

Drawing Now 2018, un bilan haut la main !

Nouveauté et découverte, une édition qui fait l’unanimité : exposants et visiteurs s’accordent sur le fait que cette 12e édition est la meilleure à ce jour ! +10% de collectionneurs présents et une forte re-mobilisation des groupes de visite.

Fréquentation :

Cette édition 2018 compte +10% d’acheteurs (collectionneurs, centre d’art et professionnels) et +10% d’amateurs –
curieux, soit près de 20 000 visiteurs cette année, malgré les grèves.
Institutions françaises et internationales au rendez-vous, collectionneurs et personnalités du monde de l’art se sont également pressés nombreux, de plus en plus de collectionneurs américains et leurs institutions ont également été identifiés, des groupes de collectionneurs français, suisses et russes, des groupes d’amis et de mécènes.

Ventes :

Le parcours Master Now a généré un réel succès et nombre satisfaisant de transactions :
• la Galerie Martel a réalisé de belles ventes avec une oeuvre de Art Spiegelman cédée à 45 000€ et une de Tomi Ungerer à 25 000€
• la Galerie Jean Fournier a notamment vendu un Pierre Buraglio à 17 000€
• la Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois a vendu plus d’une trentaine de dessins de l’artiste iranien Peybak pour une fourchette de prix allant de 900 à 13 000€.
• la Galerie Papillon a vendu plusieurs oeuvres pour des prix allant jusqu’à 9 500€
• Maus Contemporary a cédé son Master Now, une oeuvre de Barbara & Michael Leisgen pour 26 000€
• la galerie particulière, Galerie Biousse-Foucher a entre autre cédé une oeuvre d’Ethan Murrow à 18 000€ et une de Mathieu Dufois à 12 000€.
• notons que parmi ses nombreuses ventes, la galerie christian berst art brut a vendu 5 dessins (17 000€ chaque) de l’artiste croate Janko Domsic, présenté en focus sur son stand.

Le Prix :

Le Prix DRAWING NOW 2018 a été remis à l’artiste Michail Michailov, présenté sur le stand de la Galerie Projektraum
Viktor Bucher (Secteur Process), en présence des membres du comité de sélection.

Rendez-vous pour la 13e édition du 28 au 31 mars 2019 !

http://drawingnowparis.com

Isabelle Lévénez, lauréate du prix DDessin 2018 / Institut Français de Saint-Louis du Sénégal

Isabelle Lévénez se considère comme une artiste plasticienne. Elle est plus connue pour son travail vidéo et ses installations. Elle s’inspire, pour mieux se les réapproprier, des performances filmées des années 1970 (Acconci, Nauman, Abramovic, Pane). Elle s’auto-filme et restitue ainsi directement une expérience sensible pour le spectateur. Le corps ou plutôt sa présence est omniprésent. Il s’invite dans le travail de l’artiste, suggéré jusqu’à l’effacement.

C’est son travail de dessin qui a été récompensé cette fois-ci, un travail qui accompagne très souvent ses productions vidéos comme des diptyques indissociables. Le corps est encore présent, plus imaginé que représenté pour laisser la place à des translations subtiles. « Je désire que le spectateur me suive là où je l’emmène. Pour aller ailleurs », dit Isabelle Lévénez.
L’artiste se joue aussi de l’écriture. Elle convoque Perec, Beckett et Kafka pour tracer, selon Isabelle Lévénez, l’insensible écart entre la pensée et les mots devenus symboles. Ses lignes sont alors plus des graffitis (on pense à Cy Twombly), des incantations magiques. L’association des images et de l’écriture entraînent une nouvelle fois le regardeur à s’évader ailleurs.
On aura compris que le travail d’Isabelle Lévénez, d’une grande maîtrise technique, est de l’ordre de l’intime, de l’invisible et de l’impermanence.
Isabelle Lévénez, lauréate du prix décerné conjointement par le salon DDessin et l’Institut Français de Saint-Louis du Sénégal voit son travail récompensé par trois semaines de résidence d’artiste à l’Institut. Une édition numérique personnelle sera consacrée au travail de la lauréate. Cet eBook sera édité par Tribew dans la collection WorkOf.
Isabelle Lévénez est représentée par la H Gallery (Hélianthe Bourdeaux-Maurin)
Pour plus d’information sur le travail de l’artiste

Rencontre avec Louis de Bayser, président du Salon du Dessin de Paris

Le monument néo-classique que constitue le Palais Brongniart accueille jusqu’au 26 mars, la 27e édition du Salon du Dessin. Devons-nous encore présenter ce salon, devenu une référence dans le monde du dessin, que ce soit pour les collectionneurs, les marchands d’art ou les amateurs?

Le Salon du Dessin, c’est 39 galeries spécialisées dans les dessins allant de la Renaissance jusqu’à l’époque contemporaine, des Rencontres Internationales autour d’une thématique, des expositions en partenariat avec de grandes institutions muséales et privées comme une sélection de dessins de la Maison Chaumet et un parcours « hors-les-murs » nous invitant à découvrir les cabinets d’arts graphiques les plus précieux. Mais c’est aussi un livre ouvert d’Histoire de l’Art, une étude du dessin à travers les siècles au regard de la pluralité des sujets et des techniques. Nous avons rencontré le galeriste Louis de Bayser, président du Salon du Dessin depuis 2013, qui nous parle de ce domaine métamorphosé en objet de désir.

Marlène Pegliasco : Le Salon du Dessin est devenue une référence mondiale dans ce domaine. Quelles sont les clés de sa réussite?

Louis de Bayser : Tout d’abord, le Salon du Dessin est un salon qui a été créé par des marchands pour des marchands et dans l’ intérêt du dessin. Les marchands sont très impliqués dans son organisation et en même temps dans la promotion de cet art subtil. La partie commerciale est importante mais ne fait pas tout car nous avons aussi un colloque qui se tient sur deux jours sur les Arts du Spectacle, des collections publiques et privées qui ouvrent leur cabinets d’art graphiques, car le dessin est un objet fragile qui ne peut pas être exposé en permanence, et la Semaine du Dessin avec toutes sortes de manifestations. Nous avons donc un rôle important dans toute cette organisation, faisant du Salon du Dessin l’épicentre, le premier événement autour duquel se sont fédérés de nombreux autres autour du dessin. Et le public est toujours là . Le Salon a déménagé deux fois depuis sa création en 1991 et chaque déménagement s’est accompagné d’une phase de développement. Il y avait 17 exposants quand nous avons commencé au Georges V. Puis, nous sommes allés au Grand Palais, au Salon Hoche et enfin ici, au Palais Brongniart depuis 2004 et chacun de ces déménagement était nécessaire pour avoir un développement consécutif. Aujourd’hui, nous sentons que nous avons atteint une sorte de maturité, le lieu et le format de cet évènement correspondent aux attentes des visiteurs. Quant aux transactions, elles restent actives d’une année sur l’autre.

Marlène Pegliasco : Vous êtes Président de la société du Salon du Dessin (aujourd’hui Agence d’Evènements Culturels). Quelles en sont les responsabilités?

L. d. B. : Nous avons changé le nom de notre société car depuis 2017 et la première édition de Fine Arts Paris, on s’est rendu compte qu’il y avait une confusion dans l’esprit des personnes. Ensuite, à la tête de cette société se trouvent 8 marchands membres qui gèrent l’organisation de ces salons et qui prennent des décisions. Etre président est un titre qui astreint à certaines obligations mais la société fonctionne avec ces 8 membres. Les décisions se prennent ensemble. Je n’ai pas envie de révolutionner le Salon, déjà évènement incontournable lorsque j’ai pris la présidence de la société, donc ma position est que ce salon du dessin reste une référence mondiale mais continue à susciter le désir. On connaît la facilité avec laquelle les gens peuvent céder pour un nouvel évènement mais au bout de 27 éditions, il faut toujours rester actif et pour cela  capitaliser notre expérience et notre savoir faire. Nous pouvons toujours modifier certaines choses mais il n’est pas question de s’endormir sur ce qui fonctionne ni même de mener un changement radical.

Cesare da Sesto, (1477-1523), Tête de Saint Jean-Baptiste, vers 1520, sanguine sur papier ©Galerie de Bayser

Marlène Pegliasco : Le thème des Rencontres Internationales du Dessin est les arts du spectacles, un thème à l’honneur sur deux années consécutives. Pourquoi ce choix?

L. d. B. : Nous choisissons des thèmes qui n’ont pas été très étudiés ou alors qui ont besoin d’une mise à jour comme les dernières rencontres sur la thématique « De David à Delacroix » , une actualisation d’une grande exposition qui s’est tenue en 1974-1975 au Grand Palais. Les arts du spectacle sont un domaine qui n’a pas été étudié de manière approfondi mais qui mérite de l’être vu la richesse des collections des institutions parisiennes dont les dessins se comptent par centaines voire milliers. Le spectacle est un art vivant qui a besoin du dessin pour divers éléments comme le décor ou les costumes. Il existe une vraie interaction entre les deux et c’est assez méconnu. Donc on essaye de trouver des thèmes pour lesquels il existe une matière d’oeuvre communicable et donne ainsi l’occasion aux institutions de montrer des œuvres liées à ce choix. La Comédie Française est une bonne illustration car elle possède des milliers de dessins de décors des diverses représentations et cette collection s’enrichit de nouveaux dessins pour en faire une collection vivante.

Marlène Pegliasco : Parlez-nous de Fine Arts Paris

L. d. B. : Début novembre, Fine Arts Paris s’organise comme le Salon du Dessin. Pour la première édition qui s’est tenue du 08 au 12 novembre 2017, nous étions aussi installés au Palais Brongniart, les stands étaient conçus de la même manière mais de taille différente. Le Salon du Dessin est un salon de spécialité dans le but de montrer toute la diversité de ce médium alors que Fine Arts se spécialise dans les Beaux-Arts, peinture, sculpture et dessin et ces trois pratiques se mélangent très bien. C’est un salon dans la même continuité car on veut y mettre la même qualité et en faisant des événement périphériques comme un colloque et une exposition muséale. Nous voulons créer un évènement dans ce marché de l’art, que cela devienne un rendez-vous incontournable des Beaux-Arts. C’est pour cela qu’il faut susciter l’intérêt avec un salon exigeant sur la qualité de la sélection des oeuvres exposées et des propositions attractives.

Alexander Calder (1889-1976), Follow the flow, 1960, Gouache et encre sur papier ©Galerie Brame-Lorenceau

Marlène Pegliasco : Galeriste, vous êtes aussi collectionneur. Quels conseils donneriez-vous à une personne qui veut commencer une collection de dessin?

L. d. B. : Venir ici est une bonne chose car cela permettra au futur acheteur de voir de nombreux pans de tout ce qu’il pourra trouver dans un dessin, en terme d’époque, de sujet et de prix . Les caractéristiques de chaque dessin sont très larges aussi la base est d’en voir le plus possible. Cela lui permettra aussi de savoir quelle époque l’intéresse, quelle technique et surtout après quand il se lance, il devra suivre son œil et son émotion plutôt qu’un nom ou le prix. Quand un dessin vous remue, c’est bon signe.

Marlène Pegliasco : Avez-vous une technique favorite?

L. d. B. : J’aime bien le fusain et le pastel. ce sont des matières intéressantes mais il faut que ce soit en bon état sinon cela perd de son intérêt, c’est-à-dire que la matière soit très poudreuse, très riche comme velouté. Un vêtement réalisé au pastel donne envie de le toucher. Des yeux bien dessinés donneront un regard qui pétille. C’est une matière que j’aime beaucoup, que je trouve particulièrement très chaleureuse mais qui fait peur aux collectionneurs parce qu’elle est fragile.

Charles-Antoine Coypel (1694-1752), Allégorie du Printemps ou de l’Odorat, Pastel du papier© Emmanuel Marty de Cambiaire

Marlène Pegliasco : Quelles particularités offre le dessin?

L. d. B. : L’avantage des dessins est de conserver beaucoup de traces de la création, ce qui est moins évident avec la peinture ou la sculpture. Ce sont souvent des périodes d’apprentissage plus que des périodes de productions d’œuvre abouties. On peut retrouver toute la vie d’un artiste à travers ses dessins, ils permettent de combler un manque dans des périodes démunies de productions artistiques, et on arrive à faire des liens dans l’analyse de leur œuvre graphique. Souvent, on identifie des artistes à des œuvres emblématiques et même dans le dessin, on a oublié qu’ils ont eu des périodes différentes avec un enseignement classique. De nombreux artistes contemporains ont fait des dessins très classiques et à première vue, on a du mal à reconnaître leur style. Le dessin permet de révéler ces choses enfouites et d’être agréablement surpris.

INFORMATIONS PRATIQUES
Le Salon du Dessin
Du mercredi 21 au lundi 26 mars2018
Palais Brongniart
Place de la Bourse
75002 Paris
Plus d’informations ici

Coups de cœur sur Drawing Now. Le dessin s’ouvre à des pratiques plus larges

Une 12ème édition dense et particulièrement riche de découvertes. Voici une petite sélection de mes coups de cœur qui penchent certes vers des œuvres qui flirtent avec l’art contemporain.

Le travail qui m’a probablement le plus impressionné dans cette édition 2018 est présenté par la Galerie Maubert qui propose des œuvres hallucinantes qui questionnent l’enfermement réalisées par Nicolas Daubanes. Il crée sur des panneaux aimantés, qu’il utilise comme des cartes à gratter, des scènes de vie carcérale qu’il recouvre ensuite de limaille de fer. Cette limaille, qui renvoie aux barreaux sciés des prisons, n’adhère plus au panneau sur les parties grattées et est ainsi libérée laissant apparaitre en négatif la scène. Des œuvres troublantes et percutantes.

La galerie Backslash installée dans la section Process, dédiée aux expérimentations du dessin contemporain, propose une œuvre totale puisque c’est tout le stand qui est transformé en œuvre d’art. L’artiste Xavier Theunis a eu carte blanche pour mettre en scène les travaux de plasticiens, de peintres et de dessinateurs. Un dialogue qui se transforme en symphonie.

La galerie Galerie Escougnou-Cetraro nous propose un solo show du duo Pia Rondé & Fabien Saleil qui pratique un dessin à l’eau-forte sur plaques de zinc, ainsi que des dessins à l’argenture de miroir et peinture sur verre, reprenant des techniques habituellement appliquées à la gravure. Marquées par la soudure, percées par les acides, les plaques assemblées se transforment en bas reliefs à la présence sculpturale. Des œuvres qui troublent notre vision qui semble se dédoubler et font apparaître des jeux d’architecture et  de perspectives.

Cathryn Boch à la galerie Papillon, présente un travail qui sort largement du dessin pour devenir des œuvres en 3D aux allures d’objets organiques. Ces compositions faites de fragments de cartes et de photographies qu’elle tord, étire, plie et brûle sont cousus et brodés de fils qui dessinent des formes énigmatiques et créent des paysages fantastiques.

J’ai beaucoup aimé aussi la série Avalanche de Sophie Bouvier Ausländer présentée par la galerie londonienne Patrick Heide. Sur des cartes géographiques recouvertes de peinture, notre artiste suisse par un jeu de quadrillage, comme le feraient des sauveteurs sur le terrain après une avalanche, et de grattage fait apparaitre ici ou là quelques éléments. Le propos ne contient pas d’anecdote ni d’histoire personnelle mais interroge plutôt la carte en tant que représentation du monde.

La photographie inspire également de nombreux dessinateurs Par exemple, la galerie Sator s’intéresse à l’histoire à partir du travail d’Eric Manigaud qui questionne la notion de vérité en confrontant la pratique du dessin aux sources photographiques et celui de Jean-Marc Cerino qui réactive des archives photo avec des œuvres en brou de noix sur film polyester.

La galerie Particulière rend hommage au cinéma avec les œuvres de Mathieu Dufois.

Le monde est un théâtre et Mathieu Dufois a choisi d’en rendre compte à partir de toute une production de dessins inspirés de films et de photographies passées.

J’ai été agréablement surpris de voir une série de Gérard Fromanger qui nous gratifie d’une toute nouvelle production en reproduisant des portraits hyper célèbres d’artistes tout aussi célèbres : Basquiat, Picasso, Delacroix, Giacometti… présentée par la galerie Caroline Smulders. Fidèle à son tracé de lignes et l’enchevêtrement de courbes, il donne naissance aux visages et corps des artistes qui font partie de son panthéon.

Enfin, la galerie Claire Gastaud présente deux polyptiques d’Alain Josseau qui dissèque les images de cinéma, de presse, en les réinterprétant. Deux œuvres magistrales sont présentées, l’une Mossul vs Bull Run constituée de 15 tableaux, met en confrontation plusieurs visions de la guerre spectacle, l’autre réalisée spécialement pour Drawing Now Time-surface autour du film « I comme Icare » compile en une seule image le déroulement du film.

L’ensemble exposé est important il y a de nombreuses autres œuvres qui ont un intérêt particulier celles de Pedro Barateiro (galeriaFilomena Soares), de Janko Domsic (Christian Berts art brut),  de Jan Voss (Galerie Lelong&co), d’Eric Lambé (galerie Martel),  de Lenny Rébéré (galerie Isabelle Gounod)…

Une belle édition !

INFORMATIONS PRATIQUES
Drawig Now Art Fair
Du 22 au 25 mars 2018
La carreau du Temple
4rue Eugène Spuller
75003 Paris
http://drawingnowparis.com

Master Now: un parcours magistral au sein de Drawing Now Art Fair

Master Now est un parcours artistique singulier, instauré au cœur de Drawing Now Art Fair. Depuis 2016, les galeries ont l’opportunité de sélectionner une oeuvre de leur choix qu’elles considèrent comme un véritable chef-d’œuvre contemporain. Ces œuvres ont été sélectionnées auprès d’une vingtaine de galeries par le directeur artistique de Drawing Now Art Fair, Philippe Piguet, et sont mises en valeur par une signalétique spécifique sur l’enseigne de la galerie et le plan de la foire, créant ainsi un parcours au coeur des stands des galeries sous la verrière du Carreau du Temple. Un parcours à découvrir dans cet article à travers le regard des galeristes, nous expliquant leur choix.

Cette année, le Salon du dessin contemporain met à l’honneur la Bande Dessinée. Cette proposition a guidé certains choix dans le parcours Master Now. Ainsi, la Galerie Anne Barrault présente un dessin Gébé, « un artiste essentiel et méconnu et qui a réalisé de nombreuses bande dessinées, aujourd’hui devenues cultes, comme l’An 01 ou Berck  » nous précise Anne Barrault. « Il a été le rédacteur en chef de Hara-Kiri, puis de Charlie Hebdo de 1969 à 1985, et à continuer à y contribuer jusqu’à la fin de sa vie ». Un autre rapprochement se lit aussi dans l’œuvre foisonnante du niçois Ben. Présenté par la Galerie Eva Vautier, sa « Banane » est une symphonie du trait, à la vocation historique et humoristique.

Art Bärtschi & Cie présente une oeuvre de Richard Long. Utilisant l’encre de chine sur papier cartonné, il explose la matière pour la transformer en un jet créatif, assimilable à une pluie de pierre. Soulignons toute la virtuosité du geste, à la fois brut et vif. La Patinoire Royale / Galerie Valérie Bach expose Christian Jaccard qui compose des dessins calcinés qu’il réassemble comme une couture, comme si les êtres à vif pouvaient être réparés mais l’existence laisse des traces invisiblement douloureuses qu’on ne peut cacher.La Galerie Fournier a choisi de présenter un dessin de Shirley Jaffe car « nous étions les premiers à montrer son oeuvre. Shirley Jaffe est décédée en mai dernier et c’est une forme d’hommage qu’on lui rend. C’est un dessin qu’on ne montrerait pas forcément dans un parcours classique aussi, elle s’inscrit parfaitement dans ce parcours Master Now ».

Dans cette pluralité de style, la Galerie Christian Berst, spécialisé dans l’art brut, a choisi d’exposer une oeuvre de Michel Nedjar en masterpiece car cet artiste est une figure emblématique de ce courant artistique,  » l’un des rares artistes encore vivant a avoir été découvert par Jean Dubuffet, faisant de lui une figure historique de l’art brut. » Dans le travail d’Helena Almeida, présentée par la galerie Filomena Soares, on retrouve l’influence de l’arte povera. Le dessin, simple, se suffit à lui-même.

« Master Now présente des pièces importantes et d’artistes de renommée internationale, Joan Miro a donc toute sa place dans ce parcours » précise la Galerie Lelong & co. « C’est un clin d’œil à la grande rétrospective prévue au Grand Palais en fin d’année et aussi car nous allons exposer ce grand artiste à partir du mois de septembre au sein de nos divers espaces« . Quant à la Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, elle présente un dessin de Jean Tinguely qui montre tout le processus de sa pensée créative, un dessin préparatoire à ses installations mécaniques aussi reconnaissables que fantaisistes. L’artiste Jean Charles Blais, représenté par la Galerie Catherine Issert travaille sur des formes dynamiques, mouvantes, avec une sensation d’angoisse prenante et envahissante. Quant à Philippe Rey, de la Galerie Römerapotheke, il explique que leur choix se fit sur “un grand artiste et un grand humaniste” Gottfried Honegger. Un dessin jamais montré, inédit, qui permet de découvrir encore de nouveaux chef-d’oeuvre.

La Galerie Martel présente un dessin de Tomi Ungerer à la figuration controversée tandis que Galerie Maubert présente l’artiste allemand Joachim Bandau: « Nous présentons, pour la première fois en France, son travail de dessin ancien autour des « Bunkers » et architectures de l’enfermement. L’architecture se mêle au corps dans la violence du trait. Le bunker est pour Bandau la forme minimale qui peut enfermer le corps tout en dissimulant sa structure interne » nous explique le galeriste.

La Galerie Gugging présente un dessin de Johann Korec au graphisme naïf. Son style se démarque par une utilisation des couleurs franches et intenses. Maus Contemporary dévoile le duo Barbara & Michael Leisgen qui expérimente les interactions plastiques entre dessin et photographie. Représenté par la Galerie Bernard Jordan, Bruno Gironcoli utilise une technique ancienne, la tempera sur papier. L’utilisation de techniques mixtes apporte à son travail de la diversité et une présence forte. La Galerie Papillon présente un dessin de Joël Kermarrec datant de 2015. Une continuité pour cet artiste qui était en focus l’an passé sur le même stand et qui bénéficie d’une exposition dans les lieux-même de la galerie. Son dessin reflète ses créations picturales, la couleur bleu illumine cette composition. Joël Kermarrec est un artiste inspirant qui continue d’influencer les jeunes générations.

La Galerie Michael Sturm présente le travail minimal de Marcia Hafif tandis que la Galerie Suzanne Tarasieve explore le néo-expressionnisme allemand à travers un dessin de A.R. Penck. Une forme d’hommage pour cet artiste disparu l’an dernier. Enfin, la Galerie Jean Brolly dévoile une oeuvre captivante de l’artiste Hyong Keun Yun. La force de la ligne se mêle à celle de la forme qui se meut en un tourbillon chromatique absorbant notre être.

INFORMATIONS PRATIQUES
Drawing Now
Du jeudi 22 au dimanche 25 mars : de 11h à 20h (19h le dimanche)
Le Carreau du Temple
4 rue Eugène Spuller
75003 Paris
Entrée plein tarif : 16 euros
Entrée tarif réduit : 9 euros
Catalogue : 16 euros
Entrée + catalogue : 22 euros
https://www.drawingnowparis.com

Insight/Process: une proposition inédite à Drawing Now Art Fair

Drawing Now Art Fair présente, pour sa 19e édition, deux propositions inédites afin de montrer le versant le plus contemporain du dessin. Les deux nouveaux secteurs Insight et Process sont une expérimentation du dessin, poussée par des artistes dont les galeries valorisent le travail. De solo show en installation, les galeries de ces deux secteurs nous offrent des approches novatrices et percutantes dans les techniques graphiques dont les perceptions sensitives se veulent multiples et intenses. La prise de risque, parfois audacieuse, a cependant été saluée puisque le Prix Drawing Now 2018 est revenu à Michail Michailov de la galerie Prokektraum Viktor Bucher, présente sur le parcours Process.

Jan Schmidt, Untitled (1), 2015 © Jan Schmidt, Courtesy Galerie Anita Beckers

Le secteur Insight a été créé pour permettre aux visiteurs de découvrir ou approfondir le travail d’artistes français ou internationaux, moins connus du public, même s’ils sont bien identifiés sur leur territoire d’origine. Pour permettre cette approche, le stand doit présenter un solo ou un duo, mettant en regard le travail de deux artistes. La Galerie Anita Beckers propose un duo, celui de Lena Ditlmann, un travail délicat sur papier bleu, mis en regard avec les formes courbes de Jan Schmidt. A la galerie new-yorkaise Catinca Tabacaru, on expose en solo show l’artiste du surinam Xavier Robles de Medina, une oeuvre conceptuelle faite par superposition d’images. Stelios Karamanolis ,de la galerie néerlandaise Flatland Gallery, dessine sur la toile de fins traits dont les formes s’inspirent des icones cycladiques. Quant à Guy Yanai, on sent l’inspiration enfantine dans ses dessins dont les formes naissent de traits vifs et colorés. Chez nos cousins québécois Galerie Youn, Paul Morstad nous livre des aquarelles sur papier dont les sujets évoquent des contes canadiens et des mythes indiens tandis que Jay Dart use du pastel et du graphite dans des feuilles au style naïf.

Paul Morstad, Les sirènes de Titan, 2017 © Paul Morstad

La galerie belge Geukens & De Vil exposent les artistes Philip Aguirre Y Otegui et Sophie Kuijken. Leurs travails se font écho dans une thématique angoissante, celle des destins tragiques de ces êtres en exil. Les visages représentés en buste, aux regards errants, résonnent avec les dessins évoquant des lieux sans vie. Autre pratique singulière, celle de Bingfeng Shao de la Galerie Paris-Beijing. Cet artiste féminine a attendu la fin de sa vie pour se lancer dans des grandes fresques graphiques sur la vie de famille en Chine. Elle peint d’après photographies des portraits colorés tel une grande fresque historique.

Raquel Maulwurf, Night raid on Germany 1943, 2017© Peter Cox

Mes coups de coeur vont vers les galeries suivantes. La galerie londonienne The Cob Gallery expose deux artistes au travail contradictoires. Cat Roissetter est dans un processus de destruction du support avant d’entamer sa catharsis artistique. Sa tapisserie d’images est mis en relief avec les dessins minimalistes d’Alba Hodsoll dont la ligne donne vie à des attitudes suggestives et érotiques. Livingstone Gallery présente en solo show, le travail impressionnant de Raquel Maulwurf. On pénètre dans ces forêts imaginaires, des paysages grandioses. Sa technique mélangeant pastel, charbon et papier gratté apporte une intensité textuelle et graphique qu’on adore. Enfin, la Galerie Virginie Louvet fait une ovation aux women artists. Habituée à une gamme chromatique colorée, Marion Charlet nous présente la série « Glass Box » où se dévoile un jeu de reflet et de transparence dans des dessins très architecturaux. Un travail très différent de celui gracile et subtile de Giulia Manset. Elle procède par coups de scapel sur papier japonais dans une répétition gestuelle gracieuse et poétique.

Giulia Manset

Le secteur Process propose une expérimentation du dessin contemporain : des vidéos, dessin animé, mise en perspective du travail de dessin de plusieurs artistes, techniques spécifiques. Les galeries présentent un projet conçu soit comme une exposition thématique, théorique, expérimentale et curatée par le galeriste ou un commissaire d’exposition. Dans ces propositions, on note celle autour de l’écriture de la Galerie Martine Aboucaya et le travail de Angela Detanico, un travail vidéo qui met en lumière un texte de Paul Valérypar tronçons de mots, et Claire Morel qui reproduit très fidèlement des couvertures de livres. La Projektraum Viktor Bucher présente des oeuvres très abstraites, minimalistes où le support laisse place à la création. Une formule gagnante puisqu’elle a permis à l’artiste Michail Michailov d’être promu cette année.

Frida, 2017© Roberta Marrero

La Galerie 8+4 présente les artistes Julien Creuset, Roberta Marrero, Claire Trotignon qui s’intéressent à la question du territoire et de l’identité. La galerie Modulab montre trois artistes, Luc Doerflinger, Roxane Lumeret et Antoine Desailly, qui ont chacun un univers singulier couvrant un large spectre de la création visuelle.

Antoine Desailly, De la bombe, 2017 © Modulab

Quelques solo shows sont présentés: la Irène Laub Gallery de Bruxelles où le travail de Gudny Rosa Ingimarsdottir est très conceptuel, un mélange d’écriture dactylographié recouvert de calques, comme un filtre nous invitant simplement à pénétrer vers cette mise en scène comprise. Ensuite, la FL Gallery de Milan expose Franklin Evans qui nous montre un mur de création fait de collage, de scotchs colorés flashy qui encadrent des dessins pixelisés ou d’autres qui mélangent écriture et graphisme. Enfin, la Galerie Claire Gastaud nous livre les dessins subtils faits de collage et d’aquarelle d’Alain Josseau, de grandes fresques historiques avec des effets de diapositives.

Liliane Tomasko, Study #21 17.7.2017, 2017© bechter kastowsky galerie, Vienne

Mes coups de coeur démarrent par la galerie viennoise Bechter kastowsky. Liliane Tomasko nous livre des dessins calligraphiés tandis que Klaus Mosetting ouvre le champ des possibles à force d’abstraction floutée, laissant naître une cosmogonie à travers le médium usé. La Galerie Escougnou-Cetraro expose les installations de Pia Rondé et de Fabien Saleil, ​formant un ensemble de dessins à l’eau forte sur plaques de zinc qui apporte une nouvelle dimension à l’acte graphique en développant une notion d’espace, poussée par l’abstraction de leur travail qui nous plonge dans un univers singulier évocateur de sens. Enfin, la galerie parisienne Backslash ose une grande installation créée par Xavier Theunis, une carte blanche qui propose une relecture de Giorgio Morandi. Pour cela, il a convoqué 17 artistes pour une mise en scène originale et décalée qui met l’accent sur les possibilités offertes par le dessin pour créer un univers formel et onirique.

Pia Rondé & Fabien Saleil, Cité-Fantôme, 2017© Rebecca Fanuele

Deux secteurs novateurs, deux propositions uniques et originales qui doivent pousser le visiteur à découvrir ces créativités singulières. Car c’est bien la force d’une telle foire que d’être à la fois le catalyseur de la création graphique actuelle que le lieu des tendances de demain. A suivre.

INFORMATIONS PRATIQUES
Drawing Now
Du jeudi 22 au dimanche 25 mars : de 11h à 20h (19h le dimanche)
Jeudi 22 mars : Journée dédiée aux Talks et Entretiens d’artistes à l’auditorium
Le Carreau du Temple
4 rue Eugène Spuller
75003 Paris
Entrée plein tarif : 16 euros
Entrée tarif réduit : 9 euros
Catalogue : 16 euros
Entrée + catalogue : 22 euros
https://www.drawingnowparis.com

DDessin : Annina Roescheisen, Le coup de coeur de Thierry Forien

J’ai découvert pour la première fois le travail d’Annina Roescheisen à Londres il y a déjà presque 3 ans. Je retrouve aujourd’hui Annina avec beaucoup de bonheur au salon du dessin contemporain DDessin. Annina Roescheisen est le coup de coeur d’Eve de Medeiros, la directrice du salon, et c’est aussi mon coup de coeur.

Profondément engagée dans la société, le travail d’Annina Roescheisen ne peut se dissocier de ses combats que sont la paix (#whatbringspeace) et les personnes en fragilité. Rien de surprenant alors que l’onirisme soit très présent dans la démarche artistique d’Annina. « Mon dessin au trait est la traduction la plus directe et la plus pure de mon émotion, la simplification du moyen permet cela. » Cette citation d’Henri Matisse résume parfaitement la démarche d’Annina, un trait qui semble simple d’un premier abord pour laisser le temps au regardeur de plonger dans l’univers de l’artiste. On perçoit alors de petites figures biomorphiques, de petites formes dans des espaces vides. Le travail d’Annina nous interpelle assurément, est-ce un sentiment personnel, un souvenir ou alors ces couleurs, les couleurs de la poésie ? Les dessins exposés sont faits de rêves et d’apesanteur, notre rencontre avec l’oeuvre prend naturellement la forme d’une contemplation et du désir de mieux connaître son auteur.

Annina Roescheisen est née en Allemagne en 1982 et vit entre New York et Genève. Annina a étudié à Munich l’histoire de l’art (avec un focus sur le monde médiéval) et la philosophie politique. Inspirée de ses engagements sociétaux, sa démarche artistique explore les émotions humaines entre réalité et onirisme. Son travail  a été exposé lors de la 56ème biennale de Venise à la GAA Foundation dans le cadre du Pavillon Européen (2015) et à la Studio Vendome Gallery (New York) dans un partenariat avec Samsung (2016). Annina Roescheisen a aussi collaboré avec Xavier Veilhan dans sa performance « Systema Occam » (2013-2016).

INFORMATIONS PRATIQUES
DDessin 2018
Du 23 au 25 mars 2018
Vernissage le 22 mars 2018
Atelier Richelieu
60 rue Richelieu
75002 Paris
http://www.ddessinparis.fr/2018/

Rencontre avec Daniel et Florence Guerlain, 11ème Prix de dessin

A l’occasion du Prix de dessin de la Fondation d’art contemporain dont ils sont à l’origine, Daniel et Florence Guerlain reviennent sur leur motivation à créer un Prix en faveur de ce medium et nous dévoilent les trois plasticiennes européennes nominées pour cette 11ème édition. Un engagement constant et inédit à l’international qui s’est matérialisé pour le grand public, en 2012 par une importante donation au Centre Pompidou et qu’ils comptent bien poursuivre. Morceaux choisis à quelques jours de l’annonce de la lauréate dans le cadre de l’élégant et indétrônable salon du dessin, Palais Brongniart.

Trois femmes aux trois univers très différents, Mamma ANDERSSON, née en 1962 à Lulea (Suède) Leiko IKEMURA, née en 1951 à Tsu (Japon) Juul KRAIJER, née en 1970 à Assen (Pays-Bas) offrent un panorama singulier autour des questions de genre, du corps et de sa projection, du paysage, des défis écologiques, à partir d’inspirations cinématographiques, littéraires, sociales et politiques ou plus autobiographiques.

Le nom de la lauréate a été annoncé ce jour, il s’agit de Mamma ANDERSSON. Elle reçoit un prix de 15 000 euros, tandis que chacune des deux autres artistes recevra une dotation de 5 000 euros. Une oeuvre de la lauréate sera offerte par la Fondation à une institution française.

Mowwgli : Trois plasticiennes finalistes pour le 11ème Prix Guerlain, vous avez souvent été fidèles aux femmes, hasard ou nécessité ?

Florence Guerlain : Pas une volonté de mettre en avant la femme car selon moi ce sujet de la différenciation l’affaiblit.
Ce résultat est plutôt le fruit d’un processus de décision collectif et impartial entre le comité de sélection constitué de 6 experts et le jury international. C’est toujours la qualité de l’œuvre qui prime.
Mamma Andersson dont le mari Jockum Nordström a été lauréat en 2015, délivre cette beauté sombre que l’on retrouve dans les peintures des pays du Nord de l’Europe où nous avons voyagé.  Une forme de sérénité se dégage de son œuvre.
Leiko Ikemura qui fait partie de la collection et de la donation de 2012, même si elle n’habite plus le Japon, laisse transparaitre un ressenti subtil issu de cette double appartenance,
Juul Kraijer développe comme une fantasmagorie de formes à partir d’un dessin plus académique enrichi des mythes antiques.

Mowwgli : Avez-vous remarqué des évolutions parmi les lauréats primés pour le Prix ?

F. G. : Les artistes que nous sélectionnons sont sans prétention les meilleurs et l’on considère que chacun des trois nominés peut être potentiellement lauréat.

En terme d’évolution de nos lauréats, elle se fait assez lentement comme chez notre première lauréate Silvia Bachli qui avec rigueur introduit à présent de la couleur ou Marcel Van Eeden qui se lance actuellement dans les grands formats mais autour des mêmes histoires, alors que Dove Allouche lui de façon plus radicale, a complètement renoncé au dessin.

Mowwgli : Vous avez fait donation au Centre Pompidou d’une importante partie de votre collection, au moment des 10 ans de votre Prix en 2012, y a t-il eu un avant et un après ?

F. G. : Avant le prix nous achetions du dessin de toute façon sans spécifiquement nous déplacer dans les ateliers. Avec le Prix nous partons d’une présélection d’une vingtaine de dossiers pour ne retenir que 7 artistes que nous allons rencontrer, en Europe pour l’instant étant une commission de 6 membres les voyages plus lointains compliqués, même si notre spectre géographique s’élargit à chaque fois.

Daniel Guerlain : Une date symbolique mais nous continuons plus que jamais.

F. G. : Un bilan certes mais pas un arrêt ! Au contraire.

Mowwgli : Qu’est-ce que collectionner à deux implique ?

F. G. : Le verbe impliquer a une connotation un peu négative alors que collectionner à deux est un vrai bonheur car il est très amusant d’être séduit ensemble par une œuvre et l’acheter ou d’en acheter deux si nous n’arrivons pas à nous décider !

D. G. : Nous avons tout fait ensemble et dès le départ avec la fondation.

Mowwgli : Le dessin contemporain a pris une grande place récemment avec l’émergence de foires et autres événements moteurs dont le vôtre, comment comptez-vous poursuivre vos nombreux engagements en ce sens ?

F. G. : Etre nous-mêmes, poursuivre notre travail de recherche d’artistes pour les Prix à venir et porter le maximum d’artistes à la connaissance du plus grand nombre de personnes pour les amener à acheter ou simplement apprécier les artistes que nous sélectionnons.

D. G. :  Nous avons participé au renouveau du dessin, pris de vitesse pendant les années 1970-80 par l’essor de la vidéo alors qu’ aujourd’hui le dessin n’a plus à faire ses preuves ayant acquis le statut d’œuvre en soi. Comme sur le marché de l’ancien où les dessins d’étude sont devenus des œuvres à part entière

F. G. : Pour la première fois le Prix de dessin va voyager cet automne à la demande du musée Wilhelm Hack de Ludwigshafen (Allemagne) et nous souhaitons que ce projet se renouvelle.

D. G. : Quant à la donation n’étant plus la nôtre nous en sommes à présent les ambassadeurs, c’est pourquoi nous revenons de Moscou, une exposition étant en prévision au musée Pouchkine en 2020. Avant elle sera présentée à l’Albertina de Vienne en octobre 2019.

INFOS PRATIQUES :
11ème prix de dessin Fondation d’art contemporain Daniel et Florence Guerlain
Exposition des œuvres des 3 artistes nominées
jusqu’au 26 mars 2018
Salon du dessin
Place de la Bourse
75002 Paris
https://www.fondationdfguerlain.com/
https://www.salondudessin.com

Le 6b dessine son salon #2 à Saint-Denis

Profitant des divers évènements parisiens autour de la pratique du dessin, le 6b organise son salon à Saint-Denis du 16 au 31 mars. Déjà la troisième édition d’une exposition dont la proposition diffère de ses grands frères internationaux puisqu’elle souhaite proposer un panorama transversal des pratiques contemporaines liées au dessin.

Les 27 artistes, dont 3 résidents du 6b, ont été choisi suite à un appel à candidature, par un comité de sélection incluant les deux commissaires Licia Demuro et Valenine Fried et six personnalités issues du monde artistique : Johanna Carrier, directrice éditoriale de la revue Roven sur le dessin contemporain, Anaïs Déléage, coordinatrice éditoriale du catalogue du 63e Salon de Montrouge, Marie Gautier, commissaire associée du Salon du Montrouge, Claire Luna, critique d’art et commissaire indépendante et Ariel Carol Novak, directeur de la Galerie Kontakthof et Séverine De Volkovitch, directrice de la Galerie Backslash.

« Nous n’avions pas de thématique prédéfinie  » explique Valentine Fried. « Nous sommes partis des œuvres et on a créé un parcours avec 3 thèmes qui découlaient des créations proposées. Aussi, nous n’avions pas de critères de sélection particuliers si ce n’est que nous recherchions de l’originalité et que les dessins reflètent la diversité de la scène artistique »« Trois questions traversent l’esposition, proposées non pas comme une classification des œuvres présentées mais comme autant declefs de lecture ouvertes afin de stimuler la perception des regardeurs : la spatialité et le geste dessiné, le pouvoir créateur de la nature et l’idée de paysage,  ainsi que la réappropriation identiaire et les rituels contemporains » nous disent Valentine Fried et Licia Demuro.

Cette exposition révèle la pratique du dessin dans sa plus complète modernité. Installation, performance et matériaux inhabituels : le dessin se réinvente à travers des artistes singuliers et ouverts, identitaires et expérimentaux. Les artistes présentés sont : Yann Bagot, Thomas Barbey, Clément Bataille, Mélanie Berger, Chloé Bertron, Benoît Billotte, Marie-Pierre Brunel, Magali Cazo, Club Superette, Odonchimeg Davaadorj, Gabrielle Decazes, Juliette Déjoué, Anne de Nanteuil, Nicolas Gaillardon, Charlotte Gautier VanTour, Marie Glaize, Fabien Granet, Elsa Guillaume, Julie Luzoir, Martinet&Texereau, Leslie Nicolaeff, Hélène Paris, Natacha Paschal , Pierre-Guilhem, Virginie Piotrowski, Benjamin Tejero, et Anne Touquet.

INFORMATIONS PRATIQUES
Le 6b dessine son salon
Jusqu’au 31 mars 2018
6-10 quai de Seine
93200 Saint Denis
Ouvert du mardi au samedi de 14h à 19h
Entrée libre
http://www.le6b.fr