Archives par mot-clé : Toulon

Elliott Erwitt : Dogs like humains à la Maison de la Photographie de Toulon

Fils d’immigrés russes ayant passé une partie de son enfance en Europe, né à Paris en 1928, le photographe documentaire américain Elliott Erwitt est considéré comme l’un des maîtres dans son domaine. Témoin de son temps, grand portraitiste, membre de l’agence Magnum dont il assumera le poste de président de 1968 à 1970, il balaie de son œil affuté les événements marquants du milieu du XXème siècle.

C’est au début des années 1940 que ce grand voyageur réalise ses premières photographies de chiens, l’un des sujets de prédilection de son oeuvre photographique. Chien de luxe ou chien errant, le canidé évince la place de l’homme dans son quotidien. Tel est le propos de l’exposition « Elliott Erwitt, Dog, Dogs » à la Maison de la Photographie de Toulon.  Ces portraits atypiques sont une manière originale de parler de la condition humaine dont le chien serait le miroir. Teintée d’humour et de cocasserie, celui pour qui « faire rire les gens est une des plus parfaites réussites qu’on puisse espérer »nous plonge ici dans la magie de l’image et de l’instant décisif.

Les images exposées montrent un vif intérêt dans la composition: des chiens pris au niveau des pieds, ils les élèvent à la même stature que leurs maîtres. Et c’est avec un certain humour sarcastique qu’ils prennent la pose dans des portraits léchées évoquant ceux starisés des studios Harcourt. Un hommage sincère au « meilleur ami de l’homme », l’accompagnant dans ses moments de loisirs, montrant toute la diversité des états d’âme du monde canin. Une exposition à l’esprit léger, jovial et tendre qui tend à mettre en évidence les relations complices et affectueuses que l’être humain partage avec cet animal si fidèle.

INFORMATIONS PRATIQUES
Elliot Erwitt, Dog Dogs
Jusqu’au 1er septembre 2018
Maison de la Photographie
Place du Globe
83000 Toulon
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h
Entrée Libre
Plus d’informations ici

L’éloge de l’architecture d’intérieur à Design Parade Toulon #3

Toulon la discrète, ville portuaire tournée vers la Marine ou le rugby, réussit l’essai de dynamiser son centre-ville en le dédiant à l’Art et l’art de vivre. Si galeristes, boutiques artisanales et de déco branché ont investi le Quartier des Arts, si la rue Pierre Semard -nouvellement nommée Rue des Arts– prête dorénavant ses façades à des expositions de photographies en plein air, il devient si agréable de (re)fréquenter ces ruelles longtemps abandonnées, où les corniches sculptées, frontons et moulures des immeubles témoignent d’un glorieux passé.

C’est dans ce centre ancien en pleine rénovation que s’est installé en 2016 le festival d’architecture d’intérieur Design Parade Toulon, petite soeur de Design Parade Hyères, née alors que cette dernière fêtait ses 10 ans. Sur une initiative de Jean-Pierre Blanc, directeur de la Villa Noailles – Centre d’Art et grâce à l’impulsion  de la municipalité, Design Parade Toulon devient le premier festival international d’architecture intérieur en France. Après un appel à candidature, un jury, présidé par un architecte d’intérieur, choisit 10 candidats qui devront, lors d’un concours organisé le dernier week-end de juin, réaliser une pièce à vivre méditerranéenne dans un lieu mis à leur disposition et grâce aux prêts des nombreux partenaires de cette manifestation.

Pour cette troisième édition, le concours s’est déroulé du 28 au 30 juin 2018 dans l’ancien évêché de la ville. Les résultats ont été rendus public tandis que les 10 créations des jeunes architectes d’intérieur et les expositions alentours se poursuivent jusqu’au 30 septembre 2018.

Grand Prix Design Parade Toulon Van Cleef & Arpels: le cru 2018 voit récompenser deux lauréats.

Antoine Chauvin, The Corniche’s secret , une bibliothèque bleue inspirée de la Corniche à Marseille.

Kim Haddou & Florent Dufourcq, Grotto, une bibliothèque creusée dans le mur offrant un lieu méditatif.

Bérengère Botti & Sophie Genestoux, En trompe-l’oeil, Mention spéciale Eyes on Talents X Frame, une pièce immersive où le bleu omniprésent occulte toute distinction de frontières.

Valentin Dubois & Shizuka Saito, La pause déjeuner, Prix du Public Ville de Toulon, une expérience sensorielle intense pour une salle à manger déconcertante.

Charlotte & Juliette Castay, Dimanche, un univers immaculé, tout en courbe, invitant au repos

Lucas Djaou, A l’heure de la sieste, un exotisme enveloppant la mythique sieste.

Laure Fournier, Gaia, un hommage sincère à la terre.

Clémence Frot, Antonyme, une salle à manger monochrome qui bouleverse les codes habituels.

Natacha Mankowski, Vipassana, un chambre dans des tons naturels, bruts, évoquant la chaleur écrasante du sud.

Jeanne Martin & Marie-Marie Vergne, Pendeloque, une pièce texturée, riche et colorée.

Expositions:

Pierre Yovanovitch, l’érotomanie de Melle Oops, Ancien évêché

Pierre Marie, Le Jardin d’Hiver, Ancien évêché

Lesage intérieurs, Erwan & Ronan Bouroullec, Taille Douce, Ancien évêché

Alexandre-Benjamin Navet, Grand Prix Design Parade 2017 (en duo avec Paul Brissonnet), Le Salon du Collectionneur, Ancien évêché

5 Rooms, réalisation de 5 chambres de résidences par 5 designers au Moulin des Ribes à Grasse. Articleici.

Julien Oppenheim, Claire et Pierre, Galerie des Musées

Daragh Soden, Grand Prix du Jury Photographie du 32ème Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoires de Mode de Hyères, commande photographique installée dans la Rue des Arts. Article ici.

Haute Ecole d’Art et de Design de Genève, architecture d’intérieur

Exposition historique de l’Ancien évêché, scénographie de Mathilde Vallantin Dulac et Victor Levai, Prix Spécial du jury Design Parade Toulon 2017

Travaux des étudiants de 2ème année de design de l’Ecole Supérieur d’Art et de Design Toulon Provence Méditerranée, Galerie Le Stardust et Galerie de l’ESAD

INFORMATIONS PRATIQUES
Jusqu’au 30 septembre 2018
Ancien Évêché, 69 cours Lafayette
Ouvert tous les jours de 11h00 à 17h00, dimanche, de 11h00 à 13h00. Fermé le lundi et les jours fériés.
GaM, la Galerie des Musées, 22 – 24 rue Pierre Semard
Ouvert tous les jours de 12h00 à 18h00. Fermé le dimanche et le lundi.
La Rue des Arts, rue Pierre Semard
Galerie de l’ESADTPM
Place Gambetta
Le Stardust
20 rue Chevalier Paul
Toutes les expositions sont en accès libre.
Plus d’informations ici

Klavdij Sluban, Aliska Lahusen: Suites Japonaises à la Galerie du Canon

Jusqu’au 08 septembre 2018, la Galerie du Canon à Toulon nous offre le travail de deux artistes originaires de l‘Europe de l’Est dont la création artistique fut bouleversée après avoir découvert la culture nippone. Des œuvres dont les riches variations de noir, gris et blanc révèlent une exploration sensible d’une quête existentielle, ce que l’artiste japonais Takesada Matsutani décrit comme une « communication des sentiments à travers la création de la beauté en noir et blanc ».

Née en 1972 à Lodz en Pologne, Aliska Lahusen emploie des formes géométriques  pour construire un monde épuré où seule la sensibilité participe à l’évanescence des choses. Des formes simples – un cercle, un bol, des lignes – participent à une composition graphique lumineuse et ondoyante. Ce minimalisme monacale invite à la contemplation tranquille d’un travail réalisé avec patience et méditation, un penchant pour la lumière et la vulnérabilité. Les pigments viennent parfois apporter un brin de couleur en soulignant les détails. La profondeur est esquissée, devinée. L’utilisation de la laque dans ses formats monumentaux, diptyque voire triptyque, et la superposition des couches évoquent la force d’un art et d’une culture vénérant la contemplation. Les sculptures polies, lisses, s’évaporent dans l’immensité du temps.

Né en 1963 à Paris de parents slovène, Klavdij Sluban a réalisé un projet photographique au Japon en 2016 qui l’a amené sur les traces de Matsuo Bashô, poète japonais du XVIIe siècle, considéré comme l’un des maîtres du haïku. Ce sont ces images qui sont exposées sur les murs de la Galerie du Canon. Ses photographies très construites et structurées cachent une fausse tranquillité, une puissance y sommeille, prête à exploser. Cette dualité entre force extérieure et énergie intérieure émerge des paysages dépeuplés ou de ces portraits au contre-jour profond, où la lumière, d’où qu’elle provienne, révèle l’âme de la composition. Ces bustes contemporains, captés frontalement, interrogent sur notre humanité, à travers un long dialogue entre ces photographies et le spectateur.

INFORMATIONS PRATIQUES
Suites Japonaises: Aliska Lahusen et Klavdij Sluban
Jusqu’au 08 septembre 2018
Galerie du Canon
10 rue Pierre Semard
83200 Toulon
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h30
Nocturne tous les premiers jeudis du mois jusqu’à 21h30
Fermé le dimanche, lundi et jours fériés.
Entrée libre.
Plus d’informations ici

Aliska Lahusen & Klavdij Sluban : Suites japonaises

Alain Fleischer, « Je ne suis qu’une image » à l’HDA Var à Toulon

Photographe, cinéaste, professeur, plasticien, écrivain … Alain Fleischer est un artiste aux mille facettes. Directeur du Fresnoy – Studio national des arts contemporains, l’homme mêle création visuelle et discours intelligent autour de la question de l’image. Attirer l’attention sur celui qui regarde, se laisser duper par des apparences trop évidentes, faire ressusciter la vision enfantine et s’imprégner avec candeur des œuvres : l’exposition « Je ne suis qu’une image », proposée par l’Hôtel Départemental des Arts de Toulon, explore le parcours d’un homme généreux et d’une grande curiosité, à travers deux parties: l’une consacrée aux œuvres qui ont marqué sa carrière artistique et l’autre dédiée à ses nombreuses nouvelles créations. Nous avons rencontré Alain Fleischer lors du vernissage et ce dernier nous a fait l’honneur de revenir sur ses œuvres. Visite guidée.

Alain Fleischer entouré des commissaires d’exposition Philippe Séréno et Jean-Luc Monteroso, et de Ricardo Vazquez, directeur de l’HDA Var ©M.P.

La première salle rend hommage à Danielle, l’épouse, la complice et la collaboratrice de nombreux travaux car c’est à elle que l’artiste dicte tous ces livres. Le cinéma est au centre de ces œuvres avec  un montage d’extraits de trois films complété par des photographies. Autre objet phare de l’exposition, l’installation « Autant en emporte le vent » date des années 1980 et montre la projection d’un visage sur un ventilateur avec cette idée du mouvement qui est incertain. Nous ne savons pas si l’image bouge car cela est filmé et que les cheveux sont pris au vent ou bien si c’est l’écran qui est en mouvement. En se mouvant autour de cette installation, nous nous rendons compte que le regard et la partie centrale bougent alors que le reste est immobile.

L’âme du couteau © Alain Fleischer

Ensuite, le parcours nous emmène vers des photographies anciennes, provenant principalement de la collection de la Maison Européenne de la Photographie (MEP). Saluons le travail exemplaire de son directeur durant vingt-deux ans, Jean-Luc Monterosso qui a non seulement constitué une belle collection des œuvres d’Alain Fleischer mais l’a aussi accompagné dans sa création. « Cette série sur l’argenterie est basée sur l’idée qu’on utilise quotidiennement des objets fabriqués dans des matières réfléchissantes, le métal, l’inox, qui chacun d’eux renvoie une image à son utilisateur avec une déformation qui lui est propre » explique Alain Fleischer, comme cette photographie montrant le reflet d’un visage féminin dans un couteau. Une idée liée à son enfance « lorsqu’à  l’heure du thé chez ma grand-mère, je regardais son visage se déformer dans la théière. » Les autres photographies exposées dans cette salle ont été réalisées en Italie lorsque l’artiste était pensionnaire à la Villa Médicis à Rome. Des cadres en miroir sont utilisés afin de jouer sur l’image et son reflet, un jeu de champ et de contre-champ composé avec finesse et intelligence et qui brouille les délimitations des différents plans.

Objets lumineux insolites ©M.P.

Le hall du rez-de-chaussée accueille des images inédites. « Elles reprennent un intérêt très ancien pour la lumière et la trace du mouvement de la lumière » commente l’artiste. « Vous avez des œuvres assez complexes du temps. Je crée des traînées lumineuses en faisant bouger des lumières et en les photographiant. Ces traces de lumière sont des dépôts de temps et de mouvement, contrariant l’idée que la photographie fige le réel. » En face, nous trouvons de petites lampes  dans des lieux improbables, de petites mises en scène construites avec des papiers d’orange, chaque papier devenant un abat-jour singulier. L’esprit inventif d’Alain Fleischer se poursuit dans la salle suivante avec une installation datant également des années 1980. « Le brise-glace repousse des miroirs flottants. Ces miroirs renvoient dans l’espace des images fixes, évoquant parfois des voyages exotiques comme ici avec ces planches de l’Encyclopédie. Les images fixes sont mises en mouvement par le miroir. Ainsi, ce sont des images qui bougent et qui sont redistribués par les miroirs. Cette pièce a une certaine configuration et elle peut être présentée différemment, déclinée sur différent modèles et types d’images. Du coup, on ne voit jamais la même image car les miroirs sont en perpétuel mouvement sur l’eau et l’analyse qui en est faite sans cesse remise en question. »

Le brise-glace © M.P.

Alain Fleischer est un écrivain prolifique qui a écrit une cinquantaine d’ouvrage. Il était donc essentiel de rendre hommage à cet homme de littérature. Sur les murs de l’escalier de l’HDA Var sont inscrits les titres de ses productions. À côté, nous trouvons « L’escalier sous la mer » qui est un texte écrit sur des plaques de verre, disposé en forme d’escalier et qui décrit un escalier énigmatique qui descend sous la mer. La dernière marche donne sur un abîme vertigineux. « Le thème du texte est repris par son mode de représentation. Le texte s’enfonce physiquement dans une épaisseur aquatique  » précise l’artiste.

L’escalier sous la mer © Alain Fleischer

Le parcours du rez-de-chaussée se clôt avec l’installation « Bout à bout ». « Dans les années 1970 » raconte Alain Fleischer, « j’ai voulu utiliser des vêtements ayant appartenu à des proches: ma mère, ma sœur, ma grand-mère … J’ai prélevé dans ces vêtements, une bande de 35 mm de large symbolisant le cinéma et j’en ai fait un bout à bout. Au cinéma, on appelle « bout à bout »  l’ensemble des plans tournés pour le premier montage après un tournage avant de procéder aux raccords. J’ai donc mis « bout à bout » ces tissus et je les ai déroulés en Normandie, de la maison familiale jusqu’au cimetière où est enterré ma grand-mère. Ensuite, je les ai filmé en super 8. J’avais donc un bout à bout de bout à bout. Le film s’est perdu et l’an passé, j’ai repris cette pièce en y ajoutant d’autres morceaux de vêtements et je l’ai déroulé dans mon environnement actuel en Italie. C’est un projet très autobiographique, il n’y a pas de bande-son et je suis le seul à savoir à qui ont appartenu ces tissus. J’envisage un jour d’en mettre une qui nommerait ces tissus. »

 

L’homme dans les draps © Alain Fleischer

L’étage nous accueille avec des photographies plus complexes, nées d’énigmatiques compositions. « L’Homme dans les draps » est une série d’images montrant l’apparition d’un profil d’homme dû à l’ombre portée des plis aléatoires d’un drap. Une apparition comme une ombre chinoise. C’est en fait la somme des obstacles provoqués par les plis du drap opposés à la lumière qui donne ce résultat.  Réalisée à Rome à un moment précis de l’année, le film qui l’accompagne montre le processus de formation et de déformations de ces ombres. En face se tient une bibliothèque en verre. Aucun livre ne figure sur les étagères mais à leur place, nous avons des textes gravés et leurs ombres portées. Ces mots définissent ce que les ouvrages racontent, que tout est toujours compris entre une première et une dernière fois, sachant qu’on peut toujours identifier la première fois mais jamais la dernière.

 

 

Je ne suis qu’une image_dague © Alain Fleischer

L’installation « Et pourtant il tourne » a été présentée à la Biennale de Paris en 1980« Ce tourne-disque est une illusion. Il a été filmé à l époque où il fonctionnait et je lui redonne vie en projetant le film dessus, ce qui signifie que l’objet est réanimé par le souvenir. J’ai beaucoup travaillé sur l’ illusion et la projectibilité.  On pense qu’un disque tourne mais en fait il n’en est rien et on entend la voix raillée de cette femme qui dit : « Je ne suis qu’une image. »

Et pourtant il tourne © Alain Fleischer

 « Aussi, je savais depuis longtemps qu’ un son au cinéma devient une image. La bande sonore est une ondulation. J’ai donc transposé le signal optique du son « Je ne suis qu’une image » de support en support: lampe, livre, arêtes de poisson … Ma prochaine étape sera un lecteur optique qui lira le signal du poisson. A travers ce travail, j’interroge : qu’est ce qui persiste dans une image? »

 

Happy Days ©M.P.

Dans la salle suivante, nous retrouvons cette notion chère à l’artiste : celle de contredire l’idée de fixité et de temps à la photographie. Les images de la série « Happy Days » sont réalisées ainsi: «  Une reproduction d’un tableau célèbre se reflète dans un miroir tiré par un jouet. L’appareil argentique capte le reflet de la reproduction lors d’une pose longue. Ces images sont un dépôt de temps et de mouvement. Elles n’ont jamais existé à l’œil nu. Cette image est la trace de ce processus. » Intrigante, la série « La Nuit des visages » reprend l’intérêt de l’artiste pour l’image projetée. La photographie est l’instantanée de quelque chose qui l’instant d’après a disparu. La photographie possède donc ce pouvoir de reconvoquer le présent. Ici, les visages proviennent de médaillons de cimetières romains. « Je redonne vie à ces beaux visages féminins en les « promenant » dans des lieux romantiques comme un bord de mer. J’aime aussi l’idée que je crée de la fiction en mettant en rapport ces personnes et des sites en ne sachant pas si elles y sont allées  » explique l’artiste.

Nuit des visages © Alain Fleischer

« L’apparition du monstre », installation vidéo visible dans la grande pièce de l’étage,part du constat que le cactus est victime d’un phénomène de cristation et de fasciation que les scientifiques n’expliquent pas. « Comme si un contre-programme venait perturber le développement normal de la plante. J’ai développé un algorithme reprenant ces deux processus amenant à la monstruosité et je les ai appliqués à divers objets: un fauteuil, un ventilateur, un serpent ou encore une tour médiévale, en interrogeant l’aberration morphologique. » Enfin, nous voyons dans la dernière salle qu’être gourmand amène parfois à des idées artistiques. La preuve avec les « Papiers d’argent », une série sur l’empreinte des choses. Le papier des tablettes de chocolat permet de garder en mémoire un relief. Cette empreinte est reportée sur le papier argentique. Nous retrouvons aussi des images formées avec des autoportraits de l’artiste. Un artiste qui embrasse toutes sortes de disciplines artistiques et qui aime jouer avec l’image: apparition/disparition, souvenir/réalité, animé/immobile, un univers joliment naïf, une confrontation des espaces et des temps qui rythment la vie.

L’apparition du monstre © Alain Fleischer

Jusqu’au 24 juin 2018
Alain Fleischer- Je ne suis qu’une image
Hôtel Départemental des Arts – Centre d’Art du Var
236 Boulevard Maréchal Leclerc
83000 Toulon
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Entrée libre

Saisir une époque : la photographie d’Edward Steichen à la Maison de la Photographie de Toulon

Jusqu’au 19 mai, la Maison de la Photographie de Toulon rend hommage au photographe humaniste Edward Steichen (1879 – 1973). L’ensemble des clichés présentés est issu du fonds du Musée d’Art de Toulon, acquis par la ville en 1979. Au total, plus de 80 images viennent montrer l’oeil et le regard d’un homme qui a influencé la pratique de la photographie contemporaine.

Photographe autodidacte, sa carrière balaie de nombreuses pratiques et l’exposition dévoile des premiers clichés appartenant au courant pictorialiste, comme son Autoportrait au pinceau, allant jusqu’à des images nettes et bien cadrées, dans la mouvance « straight photography » comme Le Lys. On se laissera emporter dans ce Versailles nocture de 1905, dans des images vaporeuses saisissant l’âme du modèle comme le portrait de Balzac ou de Rodin. C’est à travers lui qu’il adhère au mouvement pictorialiste, mouvement qui traduit les pratiques issues de la peinture dans la photographie. Au Etats-Unis, il collabore avec plusieurs revues dont Vanity Fair, Vogue ou Harper’s Bazar, devenant l’un des premiers photographes de mode. Le traitement de différents thèmes, le paysage, le nu, le portrait, la nature morte, la photographie de guerre, de mode et la publicité, lui permet de côtoyer de nombreuses personnalités et d’être un véritable témoin de son temps. A l’étage de la Maison de la Photographie, nous pouvons voir, en autre,  les portraits d’ Anatole France, Charlie Chaplin, Beatrice Lilie ou Joan Crowford. Cette exposition invite le spectateur à une balade historique et artistique. Chacun prendra le temps d’admirer ces belles images, ouvrant notre perception à la contemplation esthétique.

Jusqu’au 19 mai 2018
Edward Steichen 1879 – 1973. Une exposition des collections du Musée d’Art de Toulon
Place du Globe
83000 Toulon
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h.
Entrée libre
Plus d’infos ici

Les Bons Plans de Jean-Pierre Blanc, entre Paris et Hyères…

Le Directeur du Festival international de la Mode et de la Photographie de Hyères, Jean-Pierre Blanc, partage avec nous ses bonnes adresses ! Direction Paris, Toulon, Hyères et Genève… !

Ile du Levant

Hôtels
Héliotel
https://www.heliotel.net

Le Youkali
https://www.leyoukali.fr

Restaurants
La Bohème
https://www.iledulevant.com.fr/bars-et-restaurants/

La Palmeraie
http://palmeraie.chez.com

Le Gambaro
https://www.iledulevant.com.fr/bars-et-restaurants/

Paris

Restaurant
Le Servan
32 Rue Saint-Maur, 75011 Paris
http://leservan.com

Hôtel
Le Grand Amour
rue de la fidélité
chambre 404
http://www.hotelamourparis.fr/grandamour

Centre d’art
Le Palais de Tokyo
http://www.palaisdetokyo.com

Architecture
La Caserne des Pompiers
rue mesnil
Mallet-Stevens se vit confier dans toute sa carrière une seule commande publique, assez singulière dans son oeuvre, une caserne de pompiers, réalisée rue Mesnil en 1936 pour le compte de la ville de Paris.

Genève

Divers
Les Bains des Paquis
Quai du Mont-Blanc 30, 1201 Genève, Suisse
http://www.bains-des-paquis.ch

Musée
Le MAMCO
Rue des Vieux-Grenadiers 10, 1205 Genève, Suisse
http://www.mamco.ch

Architecture
L’immeuble Clarté, aussi appelé maison de verre, est un immeuble réalisé par Le Corbusier et Pierre Jeanneret, entre 1930 et 1932, à Genève en Suisse. Wikipédia
Rue de la Terrassière 6, 1207 Genève, Suisse

Hyères

Hôtel
La Reine Jane
Port de L’Ayguade – 1 quai des Cormorans, 83400 Hyères
https://lareinejane.fr

Restaurant
La Rascasse
hôtel Provençal
place st pierre à Giens
http://www.provencalhotel.com/fr/restaurants/la-rascasse.html

Toulon

Restaurant
L’escale
Anse méjean
https://toulon.fr/laissez-seduire/article/l-anse-mejean

Alentours

Le Bailly de Suffren
hotel
Rayol
https://www.lebaillidesuffren.com

Les Roches Rouges
St Raphael
https://www.hotellesrochesrouges.com/fr/

Investigations contemporaines à la Galerie du Canon

Plus que quelques jours pour découvrir l’exposition de la Galerie du Canon à Toulon qui met à l’honneur trois artistes contemporains, trois pratiques de l’art actuel à la fois abstraite, minimaliste et concrète.

La toulonnaise Marie-Line Costantini part à la recherche de la dimension métaphysique de la peinture. L’épaisse matière laisse sa trace. Formes corporelles ou propres à la toile même, des images se révèlent comme si la peinture prenait vie entièrement.

Le travail de Geoffroy Gross part d’un dessin et laisse l’esprit le développer. Le trait précis, virevoltant dans l’espace, est ensuite agrandi puis reproduit sur un polyptyque formant une grille puisque constitué de l’assemblage de plusieurs petits tableaux. Une lecture très minimaliste de la création contemporaine, une ode à la pureté du geste et du principe inventif.

La parisien Guy de Malherbe traduit la minéralité du paysage avec des coups de pinceaux tranchés et hachurés. Rivages et falaises composent une place importante dans son oeuvre dédiée à ces scènes naturelles, où la ligne d’horizon, haute, s’efface devant la rudesse d’une terre palpitante.

INFORMATIONS PRATIQUES
/!\ Dernier Jours : Jusqu’au 05 mai 2018
Galerie du Canon
10 rue Pierre Semard
83000 Toulon
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h30
04 94 24 82 06
Site internet ici
Page Facebook ici

De nos poches à l’art, le Fric s’invite au Liberté de Toulon

Argent, blé, flouze, monnaie, pognon, fric. Le Liberté, scène nationale de Toulon clôture sa saison 2017-2018 avec un théma consacré à un sujet tabou: l’argent. Qu’il soit lié à notre histoire sociale ou politique, parler d’argent est un sujet décrié, sensible, gênant. Notre relation à l’argent, notre façon de le dépenser ou de l’économiser en dit long sur notre personnalité. Avoir de l’argent reste nécessaire certes mais doit-il devenir un but pour réaliser ses rêves? L’argent dénature-t-il les choses? Influence-t-il notre psychologie? Aussi, la proposition du Liberté va venir interroger nos rapports avec l’argent à travers spectacles, projections et rencontres. Deux tables-rondes mettront en évidence les espoirs, les difficultés et peut-être réhabiliter la notion d’argent, un terme souvent teinté de vénalité.

La création artistique questionne aussi nos rapports avec l’argent. Dans le hall de l’institution, nous retrouvons les clichés du photographe Emmanuel Pierrot de l’Agence Vu’. Reconnu pour son travail de la nature morte développé en atelier, il collabore régulièrement avec le monde de la culture, de l’édition et de la presse. Lorsque la crise financière secouait la planète et que la zone euro se trouvait au plus mal, Emmanuel Pierrotproposait sa vision toute personnelle du monde de l’argent. Son idée est de montrer le flot monétaire jusqu’à son épuisement. Si le billet est désacralisé, il étouffe aussi l’individu qui vit sous la pression sociale. Dans ses photographies, le globe terrestre tourne au rythme de l’argent, la poupée gonflable symbolise le désir dupé. Avec beaucoup d’ironie et de décalage, plusieurs domaines véhiculent cette notion d’argent-roi, de la Suisse à l’industrie vestimentaire. Des clichés montés, aux couleurs vives qui jouent sur les échelles humaines et monétaires.

©Levi Orta

Né à Cuba en 1984, Levi Orta vit entre Beyrouth et Barcelone. Il travaille la performance à travers des installations vidéos décalées et humoristiques. Sa pratique pose un regard critique sur les représentations du pouvoir et les stéréotypes idéologiques. Avec son projet Fuck the Proletariat, I want to be the official Painter of the Gunther Family, il se penche sur l’histoire de Gunther IV, le chien le plus riche du monde, héritier d’une fortune de 373 millions de dollars provenant du lègue de la comtesse Karlotta Liebensteinqu’elle laissa à son père, le chien Gunther III. Il veut devenir son peintre officiel et décrit le processus mis en place pour réaliser son projet. Les vidéos ubuesques visibles dans la partie supérieure du hall interroge toute cette absurdité et cette excentricité liées à l’argent.

Le reste de la programmation explore des pistes aussi diverses que l’émancipation des femmes par l’argent, la reconnaissance sociale passant par d’autres normes que celles numéraires ou comment (dé)penser l’argent? Autant de propositions qui toucheront tout un chacun sans aucune épargne possible.

Jusqu’au 02 juin 2018
Le Liberté- scène nationale de Toulon
Grand Hôtel
Place de la Liberté
83000 Toulon
Tel: 04.94.00.56.76
Plus d’infos ici

« Pendant ce temps » balade photographique de Véronique Ellena à Toulon

La Rue des Arts à Toulon continue son programme d’exposition en plein air et pour cette troisième proposition, elle reçoit le travail de la photographe française Véronique Ellena. Née en 1966 à Bourg-en-Bresse, Véronique Ellena vit et travaille à Paris. Elle a été pensionnaire de la Villa Médicis à Rome entre 2007 et 2008, époque où a été réalisée la série « Invisible » dont est issue la photographie« San Luca e Martino », exposée actuellement à l’Hôtel Départemental des Arts pour l’évènement « Des Villes et des Hommes- Regard sur la collection Florence et Damien Bachelot ». Véronique Ellena observe la vie quotidienne à travers son objectif. Pour cette exposition dans l’espace public de Toulon, elle a choisi vingt‐trois images illustrant ces petits riens qui composent l’existence: Les dimanches, Les grands moments de la vie, Le plus bel âge…autant de représentations des mythologies quotidiennes enrichies de valeurs de permanence, d’éternité ou simplement d’immobilisation temporelle. Promenade à travers la vie.

 

 

La petite souris ©Véronique Ellena
La chambre ©Véronique Ellena

Ces choses banales, tellement répétées et qui scandent les journées, voire les semaines ou les mois, sont un écho à la peinture de genre, une tradition hollandaise des XVIIe et XVIIIe siècles. La Laitière de Johannes Vermeer cède la place à la préparation du repas et La Chasse aux poux de Gerard Terborchà la séance de coiffure. « J’ai choisi d’élever ces éléments modestes mais fondateurs au rang d’oeuvres d’art »nous dit la photographe. Toute la force de ces images tient en ce qu’elle ne photographie pas des personnes, des objets, des lieux ou des instants mais des rapports où sont pris les êtres vivants, les objets, les lieux et le temps. Cet accrochage a été pensé par l’artiste comme une sorte de journal intime qui devient universel par la magie et la présence des images. Un journal dans lequel on viendrait puiser un souffle vital pour réenchanter le quotidien. Une réalité fixée au plus près qui immortalise ces détails existentiels enrichissant notre vie.

La coupe de cheveux ©Véronique Ellena

« C’est très rare pour un artiste que d’exposer à l’extérieur, c’est mettre son propre art dans la rue tout en prenant un risque, celui de partager aux gens en direct, sans filtre, la chose pour laquelle on vit: notre travail » précise Véronique Ellena.  La photographe n’était jamais venue à Toulon avant cette proposition d’exposition. Quand elle se promena pour la première fois dans la Rue des Arts, l’exposition « Amorce d’un récit » des photographes Mathilde Geldhof et Benjamin Mouly était encore visible. « Alors je me suis demandée ce que j’allais mettre dans ces cadres et je me suis dit qu’ils étaient comme des fenêtres ouvertes sur ce qui se passent à l’intérieur des bâtiments. Derrière les cadres, il y a toutes les choses de la vie quotidienne ». Cette série d’images a été faite entre 1996 et 2000, une série importante pour l’artiste, « remplie de tendresse, de sacré et d’intime » . Quant à sa technique de travail, elle utilise l’appareil argentique, sur pied, avec un voile sur la tête afin de sacraliser l’instant, et développe en chambre. Chaque image est une mise en scène composée avec des membres de sa famille ou des proches. Une pratique qui demande du temps, de la patience afin de figer à la fois sur papier et dans nos esprits, ces souvenirs fondateurs mais fugaces. Comme une évidence, Véronique Ellena admet: « Ce qui m’intéresse est l’iconographie populaire et  sacré. Cette exposition est une fresque sociale qui parle à tout le monde. Il y a de la couleur, de la tendresse, de l’amour et de l’humour. Les êtres humains ont besoin de simplicité mais aussi qu’on leur raconte leur vie quotidienne en leur montrant que derrière les petites choses banales se trouvent de grands moments ».

Visite chez la grand-mère ©Véronique Ellena

Nous retrouverons le travail de Véronique Ellena sur le stand de la galerie Alain Gutharc à Art Paris Art Fair, du 05 au 08 avril 2018 avec un tout autre travail, beaucoup plus récent. « Les images de la série Clair-Obscur sont des réalisations à partir de négatifs couleur agrandis. Il y a un côté trivial et unique de travailler sur ces négatifs. C’est une série qui parle du passé, d’un monde parallèle. Ce sont des images mentales à découvrir avec rêverie et onirisme. » Depuis toujours, la photographe interroge l’histoire de la photographie, l’Histoire de l’Art et de la peinture en particulier. Ces renvois entre tradition et modernisation sont un fil conducteur dans son parcours créatif où s’actualisent les icônes du passées.

Le fauteuil de Balthus ©Véronique Ellena
Jusqu’au 22 avril 2018
Pendant ce temps
Véronique Ellena
Rue des Arts – Espace public de la Rue Pierre Sémard
Centre-ville Toulon 83000
Plus d’infos ici
Art Paris Art Fair lien ici

Design Parade 2018, les finalistes dévoilés

Créé en 2006, Design Parade Hyères a pour ambition de partager la création contemporaine dans le domaine du design avec le public et les professionnels. Point central, le concours présente chaque année dix jeunes designers, leur offrant une vitrine et un accompagnement uniques. Le festival se veut aussi un moment de partage, de rencontre et de découverte.

Dix ans après son aîné, Design Parade Toulon, lancé en 2016, poursuit les mêmes objectifs. Tourné vers l’architecture d’intérieur, il est le premier concours et festival de ce type en France.

Désormais, chaque été, la villa Noailles organise Design Parade en deux volets : à Toulon pour l’architecture d’intérieur, à Hyères pour le design.

Le festival est l’occasion de parcourir le patrimoine de ces deux villes voisines qui offrent chacune une expression de la richesse architecturale et décorative du Var. A travers cette nouvelle proposition Design Parade permet d’aborder, au cours d’un week-end élargi, tous les aspects des arts décoratifs dans la création contemporaine.

Nouveautés :

De nombreuses nouveautés de partenariats, de prix, de collaborations et de direction verront le jour pour cette nouvelle édition. avec Sammode qui crée un nouveau prix pour le design, avec les rencontres internationales de la photographie à Arles, avec la Fondation Carmignac qui ouvrira la villa Carmignac sur l’île de Porquerolles en juin, avec le Liberté – scène nationale de Toulon et avec la Carwan gallery de Beyrouth pour les expositions d’arthur Hoffner Milan et à Hyères.

Lors d’une soirée spéciale au Palais de Tokyo le 23 mars, Jean-Pierre Blanc a dévoilé au milieu d’un parterre d’invités de choix les 10 finalistes de chacune des éditions jumelles.

Design Parade Hyères

Le jury design est présidé cette année par le designer canadien Philippe Malouin. Il s’est réuni le 23 mars 2018 à Paris dans le studio de Pierre yovanovitch pour choisir les dix finalistes de la compétition (plus de 200 dossiers ont été reçus de 30 nationalités, 60 dossiers pré-sélectionnés).

Loïc Bard (France)
Anaïs Borie (France)
Pablo Bras (France)
Tom Chung (Canada)
Marie Cornil (France)
Sara de Campos (Portugal)
Julien Manaira (France)
Alex sizemore & Hank Beyer (États-Unis)
Camille Viallet & Théo leclercq (France)
Alexandre Willaume (France)

Design Parade Toulon :

Le jury d’architecture d’intérieur est présidé cette année par l’architecte d’intérieur français Pierre yovanovitch qui s’est réuni le 23 mars 2018 à Paris dans son studio pour choisir les dix finalistes de la compétition (près de 200 dossiers ont été reçus de 30 nationalités, 60 dossiers pré-sélectionnés).

Le jury a sélectionné dix jeunes designers de trois nationalités différentes. Leurs installations seront présentées à l’ancien évêché de Toulon et resteront ouvertes au public jusqu’au 30 septembre.

Bérengère Botti & Sophie Genestoux (France)
Charlotte & Juliette Castay (Belgique)
Antoine Chauvin (France)
Lucas Djaou (France)
Valentin Dubois & Shizuka Saito (France & Suisse)
Laura Fournier (France)
Clémence Frot (France)
Kim Haddou & Florent Dufourcq (France)
toulon Mankowski (France)
Jeanne Martin & Marie-Marie (France)

Save the Date ! Le festival international Design Parade se tiendra du 28 juin au 1er juillet 2018 à Toulon et à Hyères.
Les expositions seront ouvertes au public jusqu’au 30 septembre.
http://villanoailles-hyeres.com