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Encore quelques jours pour rencontrer le Baphomet de Bertrand Lamarche. Extatique !

Jusqu’au 17 décembre, à deux pas du Château de Versailles, la Maréchalerie présente une exposition de Bertrand Lamarche pensée en dialogue avec la figure du Baphomet.

Baphomet est le nom donné par certains occultistes du XIXe siècle à l’idole mystérieuse que les chevaliers de l’ordre du Temple furent accusés, à tort ou à raison, de vénérer.  Cette figure, mi déesse mi démon, remis en lumière par Pierre Klossowski dans son roman éponyme, se caractérise par sa faculté de transformation perpétuelle. Associé à la transmigration des âmes ou la réincarnation, il est un personnage hybride qui renvoie à la fois à la mythologie et à la science fiction. Plus que le Baphomet, c’est cet espace de transformation fictionnel qui fascine Bertrand Lamarche.

Déjà convoqué dans certains projets plus anciens de Bertrand Lamarche telles que l’installation La Réplique (visible actuellement au Crac de Sète), « le prince des modifications » prend ici corps dans un sujet en lévitation au centre d’une pièce à la lumière rosée, autour duquel s’articulent des œuvres renvoyant à un principe de transformation. La magie opère immédiatement.

La représentation du tourbillon, symbole de la perpétuelle transformation, est présente partout dans l’exposition. A commencé par le Lobby (Hypertore), un anneau noir en forme de bouée ou donuts (selon ses références), dont le flux permanent vous entraîne dans un puits sans fond, une aspiration sans fin. Ou encore avec Try me ; une platine vinyle transformée joue une musique à l’envers. Cette lecture inversée donne une impression de chute, de vertige, avec des sonorités plus mélancoliques que les œuvres originales. Bienvenue dans la quatrième dimension.

Dans la seconde pièce, on retrouve ce mouvement perpétuel mais le mystère de la transmutation se fait plus sombre. L’ombre d’une berce, plante ombellifère invasive et toxique, s’allonge ou rapetisse en tournant sur elle-même. Une vidéo, Poursuites, vous propose un voyage dans un boyau rougeoyant. On a l’impression de pénétrer un vaisseau sanguin pour un voyage intérieur guidé toutefois par des rails. Deux entités, une plume blanche et un train conduit par une ombre mystérieuse et fantomatique se poursuivent dans cet espace souterrain. Est la lutte du bien et du mal ? Le duel entre la paix intérieure et le coté obscur de la force de l’âme avant la possession de ce corps ?

Depuis ses débuts, le travail de Bertrand Lamarche est traversé par un ensemble d’événements et de figures récurrentes, comme la grande berce du Caucase, la skyline nancéenne, Kate Bush ou la météorologie qui s’incarnent dans un ensemble d’œuvres qui peuvent s’envisager comme des micro scénario. Comme une espèce de « Géo Trouvetou » par l’utilisation de procédés mécaniques et techniques, par des distorsions d’échelles spatiales ou temporelles et par la représentation de formes automates ou organiques, Bertrand Lamarche construit des œuvres qui vous transportent hors de vous-même. Entre extase mystique, contemplation béate, voyage fantastique et ivresse, il y a tout cela dans l’œuvre de Bertrand Lamarche.

INFORMATIONS PRATIQUES
LE BAPHOMET de Bertrand Lamarche
Jusqu’au 17 décembre 2017
La Maréchalerie – centre d’art contemporain
ENSA V
5 avenue de Sceaux
78 000 Versailles
http://lamarechalerie.versailles.archi.fr/

17 artistes contemporains organisent un VOYAGE D’HIVER au Château de Versailles

Cette année, une fois n’est pas coutume, les bosquets des jardins du Château de Versailles ont repoussé leur hibernation. Pour sa dixième édition, l’exposition d’art contemporain du Château de Versailles change doublement de formule. Nouvelle saison, nouveau concept, « Voyage d’hiver » prend ses quartiers dans les bosquets qui, pour l’occasion, ont été investis jusqu’au 7 janvier par 17 artistes contemporains. Cette première exposition collective, orchestrée par le Château de Versailles et le Palais de Tokyo, est une promenade poétique, montée comme un récit autour de la métamorphose, particulièrement visible en cette saison, des nuances automnales flamboyantes à la minéralité froide et hivernale.

Les artistes internationaux aux multiples disciplines et multi générationnels invités  jouent avec les références historiques ou mythologiques de chacun des bosquets, ces étranges salons de verdure. Ils invitent le visiteur à s’interroger sur l’aventure humaine face à une nature en mutation. D’ailleurs, le récit commence par une question symbolisée par le sphinx de Marguerite Humeau. Au fond du Bosquet de le l’Arc de Triomphe et au milieu d’une végétation au pouvoir magique, recomposée pour l’occasion, se cache le Sphinx Otto qui protège la nature des dangers et menaces provoqués par les humains. Cette œuvre fait également écho au sphinx qui fut la première sculpture installée dans le jardin par Louis XIV.

Ces doubles jeux de références historiques et symboliques autour des saisons et des mutations s’immiscent tout au long du parcours et renforce la dramaturgie du récit. La vulnérabilité des œuvres face aux intempéries et caprices du temps, acceptée par les artistes, leur donne une force supplémentaire.

Parmi les artistes et les œuvres les plus remarquables de ce parcours, qui se termine par une œuvre littéraire de Céline Minard, vous pourrez voir entre autres :

David Altmejd, fidèle à ses préoccupations mêlant l’univers scientifique à celui des cultures animistes, a créé deux créatures hybrides, Le Souffle – L’œil. D’un coté un « loup garou », symbole de transformation subite et d’énergie incontrôlable est assis en tailleur comme un sage mi humain-mi animal. De l’autre, une créature humanoïde se façonne elle-même à la fois Pygmalion et Galatée. Deux œuvres qui marient les mondes du rêve, du scientifique et du fantastique.

Hicham Berrada, dans son rôle d’alchimiste artistique, met en scène deux réactions chimiques et joue avec le temps. Dans un kiosque noir, sept colonnes renferment des sculptures en bronze qui vieillissent en accéléré, par la combinaison d’acides et de courants électriques. Créant des formes étranges et enneigées et des nuages de brumes chimiques Hicham Berrada nous transporte dans un espace spatiotemporel.

des œuvres les plus étonnantes est proposée par Oliver Beer dans le Bosquet de la Girandole. En installant des micros, l’artiste fait circuler les sons issus des tuyaux des fontaines vides du jardin. Les bruits de voix et de pas des visiteurs sont filtrés à travers la résonnance propre à chaque tuyau, tel un orgue, et diffusés en live dans le bosquet. Une installation sonore stupéfiante qui trouve parfaitement sa place autour de la fontaine aux roseaux qui rappelle le mythe de l’origine de la flûte de Pan.

Le Sun d’Ugo Rondinone, outre sa référence au roi soleil, est l’incarnation d’un soleil d’hiver à l’horizon extrêmement bas et qui semble tiré par le char d’Apollon face au grand canal.

L’œuvre Floraisons pour Nollopa d’Anita Molinero est constituée de cinq sculptures composées de containers en PVC rouges fondus. Ces éruptions volcaniques magiques ou geysers de déchets industriels recrachés par la terre jouent magnifiquement avec l’effet de miroir du bassin et la végétation.

La balade s’achève par Bruit Blanc de Stéphane Thidet qui occupe la quasi-totalité de l’ancienne piste de danse du Bosquet de la Salle de Bal. Inspirée des « ballrooms » américaines détruites par le temps et  le désordre, l’installation représente les vestiges d’une salle de bal  complètement gelée et couverte de glace. Cette scène post-apocalyptique se métamorphose en fonction des heures et des températures ambiantes. Winter is coming !

Grâce à l’art contemporain, le Château de Versailles propose une seconde vie à ses bosquets, et surtout avec cette flânerie méditative, a peut être trouvé la recette d’une exposition bien loin des polémiques de ces dernières années. En tout cas cette proposition artistique est une véritable réussite.

Commissaires de l’exposition : Jean de Loisy, Yoann Gourmel, Rebecca Lamarche-Vadel, Alfred Pacquement
Les artistes : Marguerite Humeau, David Altmejd, John Giorno, Dominique Petitgand, Mark Manders, Jean-Marie Appriou, Cameron Jamie, Hicham berrada, Ugo Rondinone, Sheila Hicks, Tomas Saraceno, Anita Molinero, Oliver Beer, Louis Sartor, Rick Owens, Stéphane Thidet, Cécile Minard.

Un très bel ouvrage Voyage d’hiver est coédité pour l’occasion avec Flammarion.Il reprend les études des artistes et le magnifique texte de Céline Minard « Grenouilles en grands manteaux »

INFORMATIONS PRATIQUES
Voyage d’hiver
Du 22 octobre 2017 au 7 janvier 2018
Entrée de l’exposition dans les jardins par la cour d’honneur du Château de Versailles
http://www.chateaudeversailles.fr

Le Voyage se poursuit avec «Visiteurs de Versailles. 1682-1789», une exposition dans la suite des grandes expositions consacrée à la vie à la cour. Elle nous raconte comment voyageurs français et étrangers, princes et ambassadeurs, artistes, écrivains et philosophes, architectes et savants touristes du « Grand Tour » ou visiteurs d’un jour se croisaient à Versailles, lieu cosmopolite par excellence durant le XVII e siècle.
Visiteurs de Versailles
Voyageurs, princes, ambassadeurs 1682 – 1789
Du 22 octobre 2017 au 25 février 2018
En partenariat avec le Metropolitan Museum of Art de New York
Visites guidées : 7, 8, 16, 24 et 25 novembre 2017
1er, 5, 14, 16, 17, 20 et 23 décembre 2017
3, 9, 11, 20, 25 et 31 janvier 2018
1er, 9, 17, 21 et 25 février 2018

Le Mois Molière à Versailles un avant goût du Off d’Avignon

Depuis plus de 20 ans, le Mois Molière marque le lancement de la saison des festivals. Chaque année, du 1er au 30 juin, la manifestation voit affluer les comédiens à Versailles. Pour de nombreuses compagnies, c’est un véritable tour de chauffe avant le Off d’Avignon. Versailles se transforme 30 jours durant, en une grande scène à ciel ouvert, que l’on soit amateur de spectacle classique ou plus contemporain.

22 ème édition en Quelques chiffres :

+ de 100 000 festivaliers
8 compagnies professionnelles de théâtre en résidence à l’année
+ de 350 représentations (théâtre, musique, cirque, danse), dont 60% en entrée libre
+ de 60 lieux investis dans les 8 quartiers de la ville (Grande écurie du château, Potager du Roi, théâtre Montansier, ancien hôpital royal, galerie des Affaires étrangères de Louis XV, parcs, places et jardins…)

Le Mois Molière c’est aussi 21 sites à découvrir et 1 application smartphone gratuite à télécharger (disponible sur Google Play et Apple Store). Pendant votre promenade, lancez l’application, activez le scan (en cliquant sur la boussole) et rapprochez-vous des points d’intérêt.

INFORMATIONS PRATIQUES :
Maison du Mois Molière / Carré à la farine
Place du Marché Notre-Dame
78000 Versailles
Ouvert tous les jours, de 10h à 18h
(dimanche et fours fériés, de 10 h à 14h)